11 “trucs” pour les nouveaux auteurs

11 trucs pour les nouveaux auteurs
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Que l’on soit publié en maison d’édition ou en autoédition, écrivain à succès ou auteur obscur, nous avons un point commun : nous avons tous été, un jour, de nouveaux auteurs. Des apprentis qui ont appris par eux-mêmes le peu qu’ils savent aujourd’hui.

L’écriture est un acte solitaire et difficile. Nous passons tous par cette phase pendant laquelle nous perdons un temps incroyable à suivre des routes qui se révèlent être des impasses et les nouveaux auteurs sont nombreux, très nombreux même, à abandonner avant même le point final de leur premier jet.

Je vais sans doute passer pour un vieux con en disant que « c’était encore plus dur à mon époque », car les seules ressources dont nous disposions étaient les bibliothèques (et leur offre limitée) et les profs de l’école publique (et leurs moyens limités aussi). L’autoédition n’existait pas et l’écriture naviguait dans une sphère élitiste très fermée. Autant dire que, si on voulait apprendre à écrire et à publier, il fallait avoir une motivation en béton armé.

Aujourd’hui, nous avons la chance de bénéficier d’un accès illimité à la connaissance grâce aux blogs, aux tutos en vidéo et autres sources d’information du net. Écrire et s’autoéditer est devenu plus accessible et c’est sans doute la raison pour laquelle les nouveaux auteurs sont de plus en plus en nombreux chaque année.

Plus accessible ? Oui. Plus facile ? Non

Quelle que soit l’époque à laquelle vous vous êtes initié, les pièges et les difficultés sont les mêmes : les mêmes impasses, le même découragement et la même déception.

Parce que j’aurais aimé que quelqu’un soit avec moi pour me conseiller et m’avertir sur ces pièges, je vous propose 11 « trucs » à l’intention des nouveaux auteurs.

J’invite également les auteurs plus confirmés à lire ce qui suit, car j’aimerai avoir quelqu’un qui me les rappelle encore aujourd’hui tant il est facile de retomber dans certains de ces pièges. L’humilité est une qualité indispensable pour celui qui veut apprendre et s’améliorer.

Il ne s’agit pas ici de méthode pour écrire un livre (si vous souhaitez une méthode, je vous invite à commencer par l’article « Les 16 étapes pour écrire un roman »), mais plutôt d’une liste de conseils que je vous invite à garder à l’esprit durant tout votre parcours.

Un coup de pouce pour les nouveaux auteurs
Image par Comfreak de Pixabay

1 — Écrivez ce que vous avez envie d’écrire

Je le dis et je l’écris encore et encore depuis des mois et des années : écrire, cela s’apprend.

Personne ne naît avec une plume dans la main, aucun génie n’est venu au monde avec un don ou une facilité. Ces personnes qui sont devenues des légendes dans leur domaine étaient simplement dotées d’un irrépressible besoin de pratiquer leur art, encore et encore. Le temps associé au travail a fait le reste. Il n’y a pas de miracle génétique !

(Ouverture d’une parenthèse

C’est généralement à ce moment-là qu’on me sort, en contre-exemple, le génie inné de Mozart qui a écrit une symphonie à 4 ans.

Alors, sachez que :

1 — Il n’avait pas quatre ans, mais six.

2 — Ce n’était pas une symphonie, mais des menuets [une valse à trois temps beaucoup moins complexe qu’une symphonie]

3 — Mozart était avantagé par une mémoire photographique qu’il aurait aussi bien pu utiliser pour la poterie, le point de croix ou l’élevage de chèvres en Auvergne. Mais, il se trouve que papa Mozart était prof de musique, ce qui a considérablement influencé l’orientation professionnelle du petit Wolfgang.

Source : site de France Musique

Fermeture de la parenthèse)

Bref…

Écrire est un art qui s’apprend, mais qui, comme tous les arts, demande des décennies afin d’en maîtriser les subtils rouages. L’apprentissage est long et difficile. Il est donc préférable de commencer par un récit qui vous passionne.

Un sujet qui vous plaît est, à priori, un sujet que vous connaissez déjà. C’est donc un sujet sur lequel vous n’aurez pas de recherche à faire, ce qui va considérablement vous simplifier la tâche au moment de l’écriture de votre premier jet.

Si vous avez choisi une méthode pour l’écriture de votre roman (ce qui n’est pas une obligation cf. point 10), vous aurez bien besoin de toute votre concentration pour suivre cette méthode sans, en plus, à chercher la motivation pour continuer ou les connaissances pour coller à la réalité.

La passion que vous portez à votre sujet vous abstiendra de tout cela.

2 — Faites des expériences

Trouver votre patte, votre style, est une quête qui peut vous prendre des années, voire des décennies. Il existe une infinité de façons d’écrire une seule et même histoire :

– au présent, au passé.

– du point de vue du personnage principal, d’un narrateur omniscient…

– dans une époque… ou une autre,

– avec une structure en 3 actes, selon la pyramide de Freytag, Media Res…

Etc., etc.,

Expérimentez ces différentes façons de faire. Sortez de votre zone de confort en vous heurtant aux difficultés de l’écriture à la première personne ou à l’immersion du temps présent, car c’est en expérimentant ces différentes façons que vous découvrirez celle qui vous convient le mieux.

Expérimenter pour apprendre et découvrir
Image par TheoLeo de Pixabay

3 — Renseignez-vous sur les mécanismes de l’édition (mais pas trop)

Certes, vous n’en êtes pas encore là. Vous êtes peut-être en train d’essayer de sortir d’un cul-de-sac dans votre intrigue, de finir ce chapitre qui vous paraît aussi long que sans intérêt ou de vous demander si vous devez vraiment utiliser le subjonctif dans cette concordance des temps.

Il est vrai que les mécanismes de l’édition n’ont pas à être la priorité des nouveaux auteurs. Vous avez d’autres préoccupations plus urgentes.

Cependant, le moment viendra où vous aurez besoin d’avoir un minimum de connaissance sur les questions « Comment je publie et qu’est-ce que je dois faire pour que mon livre se vende ? », et ce n’est pas quand vous aurez votre manuscrit tout prêt que vous devrez commencer à vous les poser.

Que vous décidiez de vous orienter vers l’édition traditionnelle ou l’autoédition, vous avez tout intérêt à commencer à vous intéresser au sujet dès maintenant. Instruisez-vous à dose homéopathique. Un article de blog par-ci, un podcast par-là. Sans pression.

Plus vous commencerez tôt et plus vous pourrez prendre votre temps.

4 — Cherchez des retours de la part de « bons » lecteurs

Vous avez terminé votre histoire. Félicitations !

Maintenant vous voulez savoir ce qu’elle vaut. Avoir des retours objectifs et constructifs qui vous permettront de la retravailler pour l’améliorer.

C’est complètement normal, et c’est même la chose à faire pour progresser. Vous devez donc confier votre histoire à de « bons » lecteurs pour qu’ils vous fassent ces retours.

Mais qu’est-ce qu’un « bon » lecteur ?

Je vais d’abord vous dire ce que cela n’est pas. Un bon lecteur n’est ni votre mère, ni votre mari ou votre copine. Ce n’est pas votre copain du lycée et encore moins votre mémé gâteau, car toutes ces personnes, armées des meilleures intentions du monde, ne seront pas en mesure de vous donner cet avis objectif que vous recherchez. Elles voudront vous faire plaisir en vous disant à quel point ce que vous faites est merveilleux. C’est très gentil… mais ce n’est pas ce dont vous avez besoin.

Vous avez besoin d’une personne qui connaît le processus d’écriture d’un roman ou avec un bon sens critique et qui sera en capacité de vous dire précisément où vous vous êtes planté.

Comment trouver de telles perles ? Lisez l’article « Comment trouver des Bêta-lecteurs » pour commencer. 😉

Un lecteur sans sens critique ne pourra pas aider un auteur débutant
Image par Angel Hernandez de Pixabay

5 — Lisez de façon critique

Avant d’être auteur, vous étiez lecteur. Sachez que les deux ne sont pas incompatibles, ils sont même complémentaires.

Dans son livre, « Écrire : mémoire d’un métier », Stephen King considère qu’un bon auteur doit lire en permanence pour s’imprégner des mots et s’ouvrir à d’autres univers.

(Lisez l’article : « 10 conseils d’écriture de Stephen King »)

J’ajouterai que, maintenant que vous êtes un auteur, votre lecture se doit d’être critique. Vous devez apprendre à décortiquer les histoires que vous lisez pour en faire une analyse tacite, détectez les faiblesses du livre que vous tenez et tirez-en des leçons qui vous serviront pour vos propres œuvres.

6 — Concentrez-vous sur votre progression plutôt que sur votre productivité

Si vous avez déjà lu ailleurs (ou ici) que vous deviez avoir une production régulière, je vous confirme qu’il s’agit d’un excellent conseil que j’essaie de suivre moi-même chaque jour.

MAIS…

Régulière ne veut pas dire abondante. Vous pouvez tout à fait vous contenter d’un paragraphe ou deux si c’est cohérent avec votre rythme d’apprentissage.

Il peut être amusant de se lancer des défis de productivité comme pendant le Nanowrimo par exemple, mais ce n’est peut-être pas ce dont vous avez besoin et personne n’attend sous la pluie, devant l’entrée d’une librairie, que votre 1er roman sorte.

Alors, ne vous collez pas la pression pour cela.

7 — Commencez avec un projet que vous pouvez gérer

Durant un Live Facebook, un futur auteur qui n’avait encore rien publié m’a demandé quelle était la meilleure façon de réussir une trilogie.

Je lui ai répondu que le meilleur moyen de réussir était de ne pas en faire. Pourquoi ?

Parce qu’il s’agit d’un projet beaucoup trop gros pour un 1er roman. La réalisation d’une trilogie demande une richesse de détails et une complexité d’intrigue que les nouveaux auteurs ne sont pas en mesure d’assumer.

Si vous vous mettiez à la course à pied, commenceriez-vous par un marathon ? Non, car vous savez que vous abandonneriez avant la fin. Vous allez d’abord faire des footings de 2 ou 3 kilomètres, puis vous pousserez jusqu’à 5, puis 10, etc. jusqu’aux mythiques 42 km.

C’est le même principe.

Commencez petit. Écrivez des nouvelles, c’est un excellent moyen de se mettre le pied à l’étrier. Faites des concours si cela vous motive. Puis passez à la novella, puis au roman et enfin aux séries et trilogies.

Nouveaux auteurs: commencez petit
Image par Igor Drondin de Pixabay

8 — Ne vous comparez pas à des auteurs déjà publiés

Je crois qu’il n’y a rien de plus démoralisant pour les nouveaux auteurs que de lire un livre que l’on trouve absolument génial et de se dire : « Je n’arriverai jamais à faire aussi bien. »

Vous avez une pensée émue pour le brouillon bancal qui dort au fond de votre ordinateur et vous mesurez toute l’étendue de sa médiocrité face au chef-d’œuvre que vous tenez entre vos mains moites.

Je connais bien ce sentiment, croyez-moi, vous n’êtes pas les seuls.

La chose qu’il est important de se rappeler dans ces moments, c’est que vous lisez un roman qui n’en est plus au stade du brouillon depuis des années. Ce livre a un jour été aussi nul que votre premier jet, car c’était aussi un premier jet et que les premiers jets sont faits pour être nuls. C’est à cela qu’ils servent.

Depuis ce brouillon a été corrigé des dizaines, peut-être des centaines de fois. Il a été réécrit jusqu’à ce que l’auteur lui-même ne supporte plus de devoir travailler encore sur cet éternel même manuscrit.

Comparer les deux reviendrait à mettre en balance un diamant brut et la même pierre taillée et montée sur la bague d’un orfèvre.

9 — Racontez une histoire précise

Une erreur fréquente chez les nouveaux auteurs, c’est de vouloir développer de trop nombreux aspects de leur histoire afin de satisfaire le plus grand nombre de lecteurs possibles.

Un petit peu de suspens, un zeste d’horreur et une pincée de romance pour faire plaisir à tout le monde ?

Sachez que c’est le meilleur moyen pour ne plaire à personne.

Votre livre ne plaira pas à tout le monde. Acceptez ce fait dès maintenant vous évitera bien des déboires. Il s’agit même de l’une des 10 erreurs marketing que vous devez bannir.

Soyez concentré sur un genre. Ne vous éparpillez pas dans des digressions qui n’apportent rien à votre histoire.

10 — Développez votre savoir-faire et votre esprit critique

Tapez « écrire un roman » dans la barre de recherche Amazon et il vous proposera pas moins de 5 000 livres sur le sujet.

Si vous êtes en quête d’une méthode, vous avez l’embarras du choix, mais ne perdez pas de vue que toutes les histoires n’ont pas suivi une méthode précise pour s’écrire. En revanche, elles ont toute nécessité le développement d’un savoir-faire de la part de leur auteur, un souci de la qualité et du détail qui lui a paru incontournable.

Les méthodes sont des outils à la disposition de l’auteur. C’est l’auteur qui écrit le livre, pas la méthode. Elle n’est pas là pour nous dire comment écrire un livre, mais pour nous donner les moyens d’y arriver par nous-mêmes.

11 — Exposez-vous!

Avis aux nouveaux auteurs : je peux vous promettre trois choses au sujet de votre premier projet d’écriture :

1 — C’est plus long que vous ne le pensez,

2 — Le jour de la publication de votre roman, vous vous sentirez comme un lapin dans les phares d’un camion,

3 — Cela en vaut la peine.

Concernant le 2e point, vous devrez franchir le dernier pas même s’il est terrifiant (et je sais qu’il l’est), car c’est l’aboutissement de tout ce pour quoi vous avez travaillé.

Ce qui est effrayant, c’est évidemment le rejet de l’autre : le mauvais commentaire sur Amazon, la chronique lapidaire d’un blogueur, etc. C’est une possibilité lorsque l’on soumet une œuvre à l’œil critique du public. Il est nécessaire de l’accepter, car cela fait partie du jeu.

C’est un risque ? Oui, mais si votre objectif est d’éviter les risques de rejet, je vous conseille de planter des navets plutôt que d’écrire des romans.

Acceptez les mauvaises critiques, et si vous en avez la force, acceptez-les avec le sourire et remerciez celui qui aura pris le temps de vous dire pourquoi il n’a pas aimé votre livre. Il vous a peut-être rendu service.

Nouveaux auteurs: exposez-vous!
Image par Sarah Richter de Pixabay

J’espère que ces 11 « trucs » vous auront aidé si vous faites partie des nouveaux auteurs. Ils sont le reflet de mes observations et de mes constatations au cours de mes expériences littéraires, mais il y en a d’autres.

Si vous voulez d’autres conseils à l’intention des auteurs indépendants, je vous invite à lire l’ebook gratuit que j’ai coécrit avec une vingtaine d’autres auteurs et blogueurs en 2019, vous y trouverez de nombreuses pépites: “60 conseils pour un auteur indépendant

Enfin, peut-être avez-vous d’autres conseils à donner aux nouveaux auteurs. Si c’est le cas, partagez-les dans les commentaires. Vous avez sans nul doute de la valeur à leur apporter.


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