Comment fidéliser ses lecteurs

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Pour fidéliser ses lecteurs, il faut écrire de bons romans allez-vous me dire. C’est certain ! Mais si cela se limitait à cela, je ne m’embêterais pas à écrire un article de plus de 2500 mots sur le sujet.

La qualité de votre roman ne suffira pas à fidéliser un lecteur, même si ce facteur compte pour la moitié du résultat. Ce qui compte pour l’autre moitié, c’est la relation que vous aurez réussi à construire avec eux.

Évidemment quand on sort son tout premier roman, c’est compliqué à mettre en place. Nous n’avons pas de lecteur, un site auteur tout neuf peu lu qui suscite peu ou pas de commentaire. Bref, personne pour vous encourager ou vous soutenir si ce n’est votre mari/femme et votre maman qui a toujours cru en votre talent, mais eux, ils vous sont fidèles depuis le début.

Fidéliser ses lecteurs est donc un objectif qui va vous demander de sortir de l’ombre et de vous adresser à eux. De leur parler. De favoriser l’échange et de vous montrer proche d’eux.

Comme d’habitude, il n’y a pas de formule magique, mais la vie est pleine d’expérience qui nous a montré qu’il y a des « techniques » qui ne marchent pas et des principes qui peuvent vous fidéliser les plus réfractaires quand ils sont bien compris.

Je vous donne un de ces exemples plus loin.

La fausse bonne idée pour fidéliser ses lecteurs

Je n’ai rien contre les réseaux sociaux. Rien du tout.

Je pense simplement que, en termes d’outil de communication et de vente pour un « petit » auteur autoédité sans équipe de rédacteurs et sans budget de pub, leur impact est surestimé.

Je partage régulièrement l’image ci-dessous, car elle illustre très bien l’inconvénient des réseaux sociaux : ils sont victimes de leur succès.

Durée de vie d'un contenu sur les réseaux sociaux
Durée de vie d’un contenu sur les réseaux sociaux

Le flot continu de millions d’informations sur les réseaux sociaux rend immanquablement les messages moins visibles. Les réseaux sociaux comme Facebook étant des entreprises avec des objectifs commerciaux, ils font tout pour favoriser les publications payantes et, par conséquent, rendre les gratuites moins visibles. Quelques exemples :

– Le référencement naturel Facebook : Ce n’est pas parce que quelqu’un est abonné à votre page qu’il verra vos publications.

– L’absence de lien cliquable sur Instagram : Le lien dans votre profil est plus « loin », le lecteur est donc plus enclin à rester sur Instagram.

Loin des yeux, loin du cœur

Avec une visibilité moins fiable et plus courte, vous aurez forcément plus de mal pour créer cette relation nécessaire pour fidéliser vos lecteurs. Ce n’est pas impossible, mais cela vous demandera un investissement en temps ou en argent, bien plus important qu’avec un simple e-mail.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se servir des réseaux sociaux. Ils ont leur utilité et elle n’est pas négligeable : ils contribuent à amener les lecteurs sur votre site auteur pour qu’ils s’abonnent à votre newsletter. C’est ça votre but.

(Lisez l’article : « 10 clés pour réussir sur les réseaux sociaux »)

Quoiqu’en disent certains, l’e-mail reste encore aujourd’hui un moyen plus fiable que les réseaux sociaux pour fidéliser ses lecteurs, et ce pour les raisons citées plus haut.

Pour cela, il est nécessaire de respecter les 3 clés ci-dessous :

1ere clé pour fidéliser ses lecteurs : la régularité

Lorsque je me suis marié, mon épouse et moi avons établi la liste des invités. Nous ne voulions pas d’une cérémonie énorme, coûteuse et ingérable, aussi nous nous étions limités en termes de nombre d’invités. J’ai donc dû faire un choix entre les cousins que je n’avais pas vus depuis 15 ans et les amis avec qui je déjeune chaque semaine.

D’après vous, lesquels ont reçu un carton d’invitation ?

Le fait est que l’homme (comme la femme) a la mémoire courte. Quand nous ne voyons ou n’entendons plus parler de quelque chose pendant un certain temps, nous l’oublions. C’est pourquoi les entreprises comme Coca Cola, Renault et Apple dépensent des centaines de milliers d’euros chaque jour dans des spots de pub… pour que nous ne les oubliions pas.

Les auteurs et blogueurs qui réussissent ont tous un point commun : ils sont réguliers dans leurs publications. Comme les marques citées plus haut, ils vont régulièrement se rappeler au bon souvenir de leurs abonnés en leur écrivant tous les mois, toutes les semaines, voire tous les jours.

Pour fidéliser ses lecteurs, il faut être régulier comme un métronome
Image par 955169 de Pixabay

2e clé pour fidéliser ses lecteurs : L’interactivité

Mettez les commentaires en valeur

Imaginez que vous ayez un ami qui ne fasse jamais le premier pas vers vous. C’est toujours vous qui lui téléphonez, qui l’invitez à dîner ou au cinéma. Arrivera un moment ou vous en aurez assez de lui courir après, vous ne croyez pas ?

Vos lecteurs fonctionnent de la même façon avec vos publications et les commentaires qu’ils y laissent. Si vous ne répondez jamais à leurs réactions ou à leurs questions, ils auront vite le sentiment de ne pas être lus, de ne pas être pris en compte et ils vous laisseront tomber.

Personne n’aime être celui qui gratte constamment à la porte.

Fidéliser ses lecteurs implique de leur donner de l’importance. Mettez-les en valeur en répondant à leur commentaire.

De plus, c’est un échange à double sens, car vous en tirerez également des informations pour améliorer votre site, trouver des idées d’article, etc.

(Lisez l’article : « Les 7 éléments d’un bon site auteur »)

Appel à l’action

À l’inverse, vous avez un autre ami qui vous impose ses idées de soirées. Il choisit le film à aller voir à votre place et commande le vin à la carte sans vous demander votre avis. Bref, vous êtes un simple figurant qui fait joli dans le paysage.

En sollicitant vos lecteurs par des appels à l’action, en leur demandant leur avis, vous les engagez dans votre démarche, vous leur donnez de l’importance et vous contribuez grandement à les fidéliser.

Cette étape est particulièrement facile pour les auteurs autoédités, car, faute d’avoir un éditeur qui prend des décisions pour vous, vous avez de très nombreux choix à faire concernant vos romans.

N’hésitez donc pas à solliciter vos lecteurs pour vous aider à choisir le titre de votre livre, sa couverture, le nom de vos personnages, leur avis sur la 4e de couverture, etc.

Il existe bien des façons d’impliquer les lecteurs dans votre démarche. Vous pouvez lancer des sondages, les interviewer, les inviter à écrire un article pour vous, etc.

3e clé pour fidéliser ses lecteurs : proximité et authenticité

Oui, je sais, cette 3e clé en compte deux, car elles sont pour moi aussi indispensables qu’indissociables.

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris » Oscar Wilde

Quand on communique sur soi-même ou sur ses romans, il peut être parfois tentant de se construire un personnage, un style, un ton, une personnalité derrière laquelle se cacher. On fait cela soit parce qu’on pense que ce sera plus vendeur, soit parce qu’on n’ose pas se montrer tel qu’on est.

C’est une erreur.

Tout d’abord parce que personne n’est dupe. Les lecteurs sont loin d’être bêtes et ils sentent, parfois inconsciemment, la fausseté dans un article ou une personne. La superficialité d’un rôle est vite démasquée. C’est un vernis qui se craquelle vite à la lumière des projecteurs.

Pour fidéliser ses lecteurs, il faut avant tout rester fidèle à soi-même, car c’est en étant à l’aise dans votre univers que vous pourrez plaire à ceux qui l’aimeront.

Le plus dur est souvent de comprendre ce que les gens viennent chercher chez vous, c’est pourtant essentiel de le découvrir, car cela révèle vos points forts. Ceux sur lesquels vous devrez vous appuyer pour fidéliser vos lecteurs.

La proximité

Vous rentrez dans un grand magasin d’électroménager pour changer votre frigo et ô miracle, il n’y a pas un, mais deux vendeurs disponibles dans le bon rayon.

Un qui regarde l’écran de son ordinateur en tirant une tronche de six pieds de long.

Un qui vous regarde dans les yeux avec un large sourire.

Vers lequel de ces vendeurs allez-vous demander conseil ? Je ne vous insulterai pas en donnant la réponse.

L’être humain est un animal social par nature. Nous avons besoin de contact, mais nous choisissons avec qui nous voulons ce contact et nous le voulons avec ceux qui nous ressemblent. Nous voulons être avec des personnes dont nous nous sentons proches.

C’est aussi vrai par écrit qu’en présentiel.

Si vous n’êtes qu’un nom (ou pire, un pseudonyme) qui flotte sur le net. Si votre lecteur ne peut s’accrocher à aucune information pour vous connaître un peu mieux : pas de photo, pas de détail sur votre vie, votre famille, l’endroit où vous vivez, vos sources d’inspiration, ce que vous aimez, ce que vous détestez, etc. Vous aurez peu de chance de le fidéliser, car il ne saura pas à qui il doit être fidèle.

(Lisez l’article : « Faut’il écrire sous un pseudonyme »)

Cela ne signifie pas que vous devez déballer toute votre vie privée sur le net. Certains le font, mais ce n’est pas une obligation. Vous pouvez choisir ce que vous montrez. Exposer des détails sans importance pour vous, mais qui aideront vos lecteurs à mieux vous connaître et vous comprendre.

Impératif pour fidéliser ses lecteurs: la proximité
Image par Tania Van den Berghen de Pixabay

Un exemple illustrant de fidélisation

Je profite de cet article pour faire un coup de pub à un site qui le mérite et dont les concepteurs ont parfaitement su instaurer une relation privilégiée avec leur clientèle… avec seulement deux e-mails.

Petite histoire…

En juin dernier, je décide de lire un roman de Neil Gaiman, auteur de nombreux best-seller comme American Gods ou Coraline. Je me rends donc sur Amazon pour le commander au format Kindle quand je me rends compte que le prix du Kindle est à 12,90 € alors que le format de poche est à 8,90 €.

4 euros plus chers pour un format dématérialisé.

Je peste.

Je râle.

Je peste et je râle sur Facebook.

Je décide de commander mon bouquin ailleurs en guise de protestation silencieuse (les responsables n’en sauront jamais rien, mais moi je le sais et ça soulage).

Recyclivre

Je découvre alors le site recyclivre.com, une entreprise spécialisée dans la vente de livres d’occasion et très investie dans l’écologie et l’entraide sociale.

Intrigué, je fouille, je cherche et je découvre des milliers de références disponibles à prix réduit et dans des états qualifiés d’acceptables, bons ou très bons. Je finis par trouver « Neverwhere » de N. Gaiman, au format broché en « Très bon état » pour la modique somme de 7,90 € (soit 1 euro de moins que le format de poche d’Amazon).

Je commande, reçois un e-mail automatique de confirmation et l’aventure commence.

Trois jours plus tard, je reçois l’e-mail suivant :

En quelques lignes, j’apprends que ma commande est en cours de traitement, mais pas par n’importe qui ! C’est Virginie qui s’occupe de moi.

Je ne connaissais pas cette Virginie 10 secondes plus tôt, mais j’apprends qu’elle est dans l’Essonne et que, grâce à ma commande (et celles des autres clients de Recyclivre), elle a un travail en insertion professionnelle chez Log’Ins, dans la petite commune de Villabé.

J’apprends également que ma commande s’additionne aux 2 018 277 € qui ont été reversés contre l’illettrisme et pour l’écologie en soutenant notamment l’association « Lire et faire lire ».

Bref, j’ai contribué à aider une personne dans le besoin, à améliorer l’éducation de personnes défavorisées et à sauver la planète… tout cela en me faisant plaisir avec un bon bouquin.

Dès le lendemain, je reçois un nouvel email :

L’e-mail s’appelle « Faites de la place dans votre bibliothèque, votre commande approche ».

Il m’annonce tout simplement que ma commande est en route, mais il fait plus que cela. En m’indiquant qu’elle « suit son cours normal », l’e-mail me rassure sur des problèmes que l’envoi du livre aurait pu poser et il m’indique que quelqu’un répondra à mes éventuelles questions.

Cet e-mail est automatique. Je le sais et l’équipe de Recyclivre sait que je le sais, aussi est-il signé par « Bob le serveur ».

Deux jours plus tard, je reçois mon roman. La couverture est plastifiée et la page de garde flanquée du tampon de la bibliothèque municipale de l’Essonne.

Il est en très bon état.

C’est un très bon roman (mais ça, recyclivre n’y est pour rien, alors merci Neil Gaiman 😉 )

Pourquoi Recyclivre sait fidéliser ses lecteurs

Je passe rapidement sur la qualité du service qui a répondu à toutes mes attentes.

J’ai commandé un roman « X » en très bon état.

J’ai reçu le roman « X » en très bon état, dans le délai et pour le prix annoncé.

Fin de l’histoire.

Le point important c’est que recyclivre a réussi, avec seulement deux emails, à réunir les 3 clés pour fidéliser sa clientèle :

– la régularité : en comptant la confirmation de commande, j’ai reçu trois e-mails de leur part en une semaine.

– l’interactivité : Et pas n’importe laquelle ! Je sauve le monde d’un désastre écologique, de l’illettrisme et de la misère. Je voulais me sentir important ? Grâce à eux, je suis un vrai superhéros du quotidien.

– L’authenticité : Le langage utilisé dans la rédaction des e-mails ne ressemble pas à du blabla corporatiste. Il y a du tutoiement, des clins d’œil sympas sur la place qui reste dans ma bibliothèque et ils ont même surnommé leur serveur « Bob ».

– La proximité : La mention de Virginie et des détails qui la concernent (l’insertion professionnelle, Villabé, l’Essonne) a fait de Recyclivre une entité que je connais mieux que l’e-mail automatique d’Amazon. Ils ne sont plus des inconnus et, d’une certaine façon, je me sens attaché à eux.

Grâce à ces éléments de langage simples, je n’imagine pas l’équipe Recyclivre comme un groupe de bureaucrates qui traitent des commandes derrière un bureau. Je vois une bande de copains qui travaillent dans la bonne humeur pour remplir une mission dans laquelle ils croient.

Est-ce que c’est le cas ? Je n’en sais rien. Mais c’est la vision qu’ils ont réussi à imposer à mon esprit et cela en quelques lignes seulement.

Ces deux e-mails sont également une illustration de la règle du « Show, don’t tell » de l’écriture appliquée à la rédaction web. Ils ne me disent pas que je suis proche d’eux, ils me le font sentir. Cela fait toute la différence.

La grande question est : ont-ils gagné ma fidélité ?

La réponse est oui. Je continuerai à acheter mes livres en Kindle quand je le peux pour des raisons pratiques (plus de place dans ma bibliothèque notamment), mais quand le besoin d’un livre papier se fera ressentir, je m’adresserai à eux d’abord.

A vous maintenant. Dites-moi sous quel angle vous vous adressez à vos lecteurs pour les fidéliser. Parlez-vous de votre vie privée dans votre communication ou refusez-vous catégoriquement de dire quoique ce soit sur vous ? Pourquoi ?

Dites-moi tout cela dans les commentaires.


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8 commentaires sur “Comment fidéliser ses lecteurs”

  1. Merci pour cet article très intéressant !
    Perso j’ai du mal à m’exprimer de manière plus personnelle et moins formelle sur mon blog, je sais que c’est un point qu’il faut que je travaille 😊
    Sinon je ne connaissais pas Recyclivre mais c’est une bonne initiative je vais aller voir ça de plus près (les prix des versions numériques me font souvent bondir aussi)

    1. Merci pour ce commentaire.
      Je pense que le lacher prise est un élément important quand on veut trouver sa voix, son ton. Plus facile à dire qu’à faire cela dit 😉

  2. Alors c’est marrant, mais moi recevoir un mail de ce genre de la part d’un commerçant me fait absolument l’effet inverse, je sens qu’on veut me manipuler. Je veux un bouquin, pas un nouveau pote. La personnalisation ne me fait ni chaud ni froid dans ce cas de figure, on ne se connaît pas, on ne se connaîtra jamais, qu’est ce que ça peut me faire que tu t’appelles Bob ? Envoie-moi juste mon bouquin !

    Moi aussi j’ai du mal à personnaliser mon blog j’avoue, et à interpeler le lecteur. C’est sans doute le cynique en moi qui parle, mais si j’ecris un message de blog, c’est pour y exprimer mes opinions et ressentis, et pas pour demander un avis. L’expérience prouve bien évidemment que ça ne fera pas vendre mes bouquins, on est d’accord ! 🙂

    Je ne sais pas si j’arrive a m’exprimer clairement à ce sujet. Autant je trouve, Jérôme, que dans un blog comme le tien il est tout à fait normal de solliciter les commentaires car tu donnes des conseils en t’adressant à des auteurs potentiels, autant sur un site d’auteur qui n’a que “sa came” à vendre je trouve la démarche un peu cynique, et celle-ci donc ne me correspond plus à un moment donné. Ce serait dans mon cas un calcul et plus de la sincérité, et donc je ne respecterais plus le point 3). L’équilibre est compliqué à trouver, voire impossible, entre l’artiste et le publicitaire. Je n’arrive pas à être les deux, et pourtant il le faudrait.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire. Personnellement, trois mails friendly en une semaine, ça me saoule juste ^^. Pareil la création de compassion en jouant sur l’insertion professionnelle (alors même que je choisis les commerces dans lesquels j’achète en partie pour leur éthique) me paraît très grossière. Je pense que ça ne sert à rien de jouer sur ce terrain là si nous trouvons cela ridicule.

    2. L’exemple de Recyclivre est… un exemple. Je ne vois pas cela comme de la manipulation, mais comme une communication qui met en avant la vision qu’ils ont de leur business et c’est bien le but de toute communication marketing. Faire entendre sa voie, partager sa vision, ses valeurs, etc. Recyclivre a trouvé ce ton pour s’adresser à sa clientèle. Certains y seront réceptifs (comme moi) et d’autres pas du tout (comme toi visiblement), tout comme nos livres vont plaire à certains lecteurs et pas à d’autres. A titre personnel, je trouve leur stratégie plutôt bonne. Le fait qu’ils existent depuis plus de 10 ans me laisse penser qu’elle doit être efficace.
      Le truc, c’est de trouver sa voie et de parler à ses lecteurs de la façon la plus authentique possible. Cela demande souvent plus de travail sur soi que de développement de ses compétences en écriture: du lacher prise peut-être, ou de la confiance en soi. Je ne sais pas. Cela dépend de la personnalité de chacun. C’est pour cela que c’est aussi compliqué.
      Une fois que tu as trouvé ce ton et trouvé une petite communauté qui l’apprécie, les lecteurs auront juste besoin d’être un petit peu poussé pour donner leur avis. Une simple question du style “Qu’est ce que vous en pensez?” suffit, car les gens aiment donner leur avis. Ils ont envie de le faire. Il ne s’agit pas de vendre quelque chose, mais de créer une relation. C’est ce qu’il faut garder en tête.
      Imagine que tu te lances dans une conversation avec un inconnu au-cours d’une soirée. Si le type converse avec toi dans le seul but de t’enrôler dans une chaîne pyramidale ou de t’embrigader chez les scientologues, tu vas le sentir instinctivement et tu vas prendre tes distances. Tu te rapprocheras de tes amis ou de ta femme en disant “Je le sens pas ce type” et tu auras raison. Mais si le même type discute avec toi pour le plaisir de faire ta connaissance, sans arrière pensée, s’il est naturel et que votre façon de vous exprimer, de plaisanter, d’argumenter sont similaires, tu te laissera aller et tu seras prêt à l’inviter chez toi le week-end suivant.
      Tout ça pour dire que la technique de manipulation qui veut qu’on raconte des bobards pour vendre sa came ne marche pas (ou très mal). Entre régularité, interactivité et authenticité, seule l’interactivité demande un peu de technique en copywriting, facile à obtenir. Mais si tu as les deux autres, c’est déjà énorme 🙂

  3. Merci pour cet article intéressant, comme toujours.

    Concernant Recyclivre, je n’ai pas la même expérience. J’ai cessé de commander chez eux, car deux fois sur trois la qualité du livre ne correspondait pas à l’annonce et j’ai reçu des livres sérieusement abîmés que je n’aurais jamais achetés si je les avais vus avant. Pour les occasions, je préfère le site Momox dont les descriptions de l’état des livres correspondent toujours. Enfin, pour mon expérience.
    Mais globalement, l’achat de livres d’occasion me pose question. Je réfléchis souvent à la démarche. Je la trouve très intéressante du point de vue que tu évoques. Et en même temps, je suis embarrassé de savoir que l’auteur ne percevra rien d’une vente d’occasion. Je suis donc tiraillé. J’achète des livres d’occasion pour respecter mon budget, j’achète des ebooks, j’achète des livres neufs. C’est ma solution du moment. En fait, je crois que j’ai tendance à privilégier l’ebook et le papier neuf pour les auto-édités, et l’occasion pour les grandes ME dont je trouve les livres trop chers. Sinon, j’attends les sorties en poche, mon format préféré dans tous les formats existants.
    Dernier bémol sur les occasions, on reçoit souvent des livres qui puent : tabac, humidité, etc. Et je déteste ça.

    1. Ce Neil Gaiman est ma seule commande auprès de Recyclivres à ce jour. Je n’ai donc pas le recul nécessaire pour savoir si je suis bien tombé ou non. Merci pour ce commentaire en tout cas. Je partage votre point de vue et votre façon de faire sur les livres auto-édités et ceux des grandes maisons d’édition.

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