Comment fixer le prix de son livre

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Fixer le prix de son livre (numérique ou broché) pour un autoédité tient parfois plus de l’exercice d’équilibrisme que de la science exacte, et ce pour une raison simple : il y a beaucoup de variables, beaucoup de paramètres.

Gros ou petit livre ? Roman ou livre pratique ? eBook ou broché ? Série ou non ? Auteur connu ou non ? Illustrations ? Couleur ou noir et blanc ? Quel est le prix psychologique ? Faut-il un petit prix accessible ou un tarif plus haut qui valorise le roman ? Quel est le seuil de rentabilité ? Quelle est la tendance du marché ?

Et ce ne sont là que les questions les plus évidentes, mais il y en a d’autres. Pas facile…

Heureusement, vous trouverez ici des éléments de réponse pour vous aider à fixer vous-même le prix de votre roman en fonction de ces nombreux paramètres. Dans cet article, je dépatouille les grands principes à connaître pour fixer le prix de son livre et je vous donne mon avis personnel sur les tarifs en vigueur.

En cadeau, vous trouverez également un tableur à télécharger pour calculer rapidement le seuil de rentabilité de votre eBook et de votre livre broché. Plus de détails à la fin de cet article.

Le prix unique

Un choix qui nous a été retiré (pour le mieux d’après moi) est d’avoir à choisir un prix pour chaque plate-forme de vente ou chaque librairie.

En effet, afin de favoriser la diversité culturelle, une loi appelée « loi du prix unique » (ou loi Lang) a été promulguée en 1981 et impose à tous les détaillants (librairie, supermarché, grossiste, plate-forme en ligne, etc.) de vendre le même livre à un prix identique, quelle que soit la période de l’année.

Cette loi a été étendue aux livres numériques en novembre 2011.

Donc ça c’est fait. Merci Jack ! 😉

eBook ou Broché

C’est généralement le premier choix auquel on pense, car c’est le plus évident.

Si vous décidez de publier votre roman aux deux formats, vous devrez bien évidemment fixer un prix différent pour chacun d’eux. Un eBook n’est jamais « qu’un » fichier qui, une fois finalisé, peut être dupliqué à l’infini pour un coût proche de zéro. En revanche, un livre papier représente une masse de papier, d’encre, de carton, de transport, stockage et savoir-faire qui a un coût et vous devrez intégrer ce coût dans le calcul du prix de votre roman.

Mais la différence ne s’arrête pas là, car les plates-formes de diffusion comme Amazon réservent également un traitement différent en fonction du format et les lecteurs n’ont pas la même attente d’un eBook que d’un livre papier.

Alors, abordons-les séparément.

Fixer le prix de son eBook

Seuil de rentabilité

Même si la duplication d’un fichier numérique ne coûte presque rien, il vous a fallu sortir la carte bleue avant d’arriver à la version définitive que vous publierez fièrement : couverture, correction et mise en page ne se sont pas faites toutes seules.

Ces dépenses sont sorties de votre poche, et vous ne gagnerez pas réellement de l’argent tant que le fruit de vos ventes ne sera pas à égalité avec ces dépenses. Ce point d’équilibre, c’est le fameux seuil de rentabilité.

Seuil de rentabilité = 0

Si vous n’avez rien déboursé pour cela en vous y collant vous-même, alors vous avez payé ces prestations en temps et en sueur. Bravo pour votre pugnacité et voici votre récompense : un seuil de rentabilité égale à zéro.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que les premiers euros de vente de votre livre tomberont directement dans votre poche puisque vous n’avez rien déboursé pour le faire. Votre livre sera rentabilisé dès la première vente.

(Lisez l’article : « Quel coût pour l’autoédition (et comment le réduire) »)

Seuil de rentabilité > 0

En revanche si vous êtes passé par un ou des prestataires extérieurs pour faire tout cela, votre seuil de rentabilité sera égal au montant de ces dépenses.

Par exemple :

Votre couverture vous a coûté 135 € et la correction de votre roman 230 € (vous avez fait la mise en page vous-même).

Votre seuil de rentabilité est donc de 135 + 230 = 365 €

Cela signifie que tout l’argent que vous gagnerez jusqu’au 365e euro ne servira qu’à vous rembourser les dépenses faites pour créer votre livre. Vous ne commencerez réellement à gagner de l’argent qu’au 366e euro gagné.

Vous trouvez ça simple ? Tant mieux parce que ça va se compliquer un peu.

« C’est bien joli, mais à quoi ça me sert ? »

Maintenant que vous savez combien vous devez faire rentrer avant de gagner réellement de l’argent, vous avez deux possibilités pour vous aider à fixer votre prix de vente :

Option A : vous fixez un prix en fonction des autres paramètres (le prix psychologique par exemple) et vous déterminez combien d’exemplaires vous devez vendre pour rentrer dans vos frais.

Option B : vous déterminez une quantité d’exemplaires vendus à laquelle vous voulez atteindre votre seuil de rentabilité et vous en déduisez le prix unitaire d’un eBook.

Il est également possible de faire les deux afin de se donner une meilleure idée de l’effort à faire en volume de vente ou de politique de prix.

En voilà un exemple :

Imaginons que vous avez dépensé 400 euros pour vos dépenses de couvertures, corrections, mise en page, etc.

C’est votre premier roman, et vous ne voulez pas être trop gourmand. Vous voulez avant tout que les lecteurs vous découvrent sans prendre de risque. Vous décidez donc de fixer le prix de votre roman à 0,99 €.

Vous faites votre petit calcul de rentabilité, et là vous découvrez que vous devrez vendre 1 154 exemplaires pour rentrer dans vos frais. Autant dire qu’il y a peu de chance pour que cela arrive (en tout cas pas dans l’immédiat).

Concerné par les réalités financières (mais réaliste quant à votre statut de nouvel auteur), vous voulez rentrer dans vos frais à partir du 150e exemplaire vendu. Vous faites à nouveau votre calcul pour trouver un prix unitaire hors taxe de 3,81 euros.

Même si vous trouvez ce tarif un peu élevé pour un premier eBook, vous serez, grâce à cet indicateur, en mesure de déterminer un juste milieu pour rester attractif sans vous tirer une balle dans le pied.

« Tous ces calculs, c’est trop compliqué pour moi »

Je sais que beaucoup d’auteurs ont les maths en horreur. C’est pourquoi je vous propose gratuitement un tableur sur LibreOffice et son tutoriel vidéo qui vous permettra de calculer rapidement et sans effort le seuil de rentabilité de votre eBook ET de votre livre broché.

Plus de détails à la fin de cet article.

Pour fixer le prix de son livre, on n'échappe pas aux math
Image par Steve Buissinne de Pixabay

Quel est votre objectif de revenus ?

Je sais qu’on n’écrit pas pour devenir riche, mais il n’y a rien de plus normal que d’espérer une juste rémunération pour un travail qui reste difficile et chronophage.

Bien sûr, le revenu n’est pas dépendant uniquement du prix unitaire, mais de sa multiplication avec la quantité de livres vendus. Il faut donc à nouveau jouer l’équilibriste entre le prix qui vous paraît le plus juste par rapport au temps que vous avez passé sur votre roman et le prix que les lecteurs sont prêts à payer pour l’avoir.

Les redevances Amazon

Amazon nous guide pour fixer le prix de son roman en créant des fourchettes de prix plus intéressantes que d’autres.

L’argent qu’Amazon reverse aux auteurs pour chaque vente de leur livre est appelé « redevance » par la plate-forme et cette redevance est exprimée en pourcentage du prix de vente unitaire.

C’est là qu’être autoédité est beaucoup plus intéressant que passer par une maison d’édition traditionnelle, car là où Gallimard vous proposera un petit 8 % des ventes, Amazon vous propose 35 %, voire même 70 % du prix de vos ventes.

Pour faire court, si vous fixez le prix de votre livre entre 0,89 et 2,69 €, Amazon vous reverse 35 % de vos ventes en redevance.

Si vous fixez le prix de votre livre entre 2,69 et 9,99 €, la redevance monte à 70 %.

Le prix psychologique

Jusqu’à présent, j’ai abordé la façon de fixer le prix de son livre du point de vue de l’auteur. Avec le prix psychologique, nous l’abordons du point de vue du lecteur.

Ce prix psychologique (appelé également prix d’acceptabilité) est le prix théorique grâce auquel le nombre de ventes sera maximum en tenant compte des contraintes psychologiques du consommateur.

Au-dessus de ce prix théorique, le lecteur trouvera le livre trop cher. En dessous, il aura des craintes quant à sa qualité.

Pour établir un prix psychologique, les équipes de marketing font de longues études afin d’étudier les comportements des consommateurs en fonction de différentes fourchettes de tarifs. Autant dire qu’il y a, là aussi, de nombreuses variables, mais voilà ce que nous savons de façon certaine :

– Le lecteur ne dépensera pas le même prix pour un auteur connu ou un auteur inconnu,

– Le lecteur de livres numériques est à la recherche de bonnes affaires et ne dérogera que pour une valeur sûre : un prix littéraire ou un auteur à succès.

– Il est plus intéressant de vendre son livre 4,99 € que 5,00 €.

Le seuil psychologique est un élément primordial pour fixer le prix de son livre, faute d’équipe de marketeurs à notre disposition, le meilleur moyen pour définir le prix psychologique de nos lecteurs est de se baser sur…

… la tendance du marché

Nous ne sommes pas les premiers arrivés sur le marché du livre. C’est un avantage autant qu’un inconvénient, car nous sommes en capacité de profiter de l’expérience des autres en nous en inspirant.

N’hésitez donc pas à vous promener sur Amazon et regarder les prix qui sont pratiqués par les autres auteurs pour des livres dans le même genre que le vôtre et pour un nombre de pages similaires.

Bien sûr, comparez ce qui est comparable. Vous n’avez pas la notoriété d’une JK Rowling ou d’un Bernard Minier. Prenez donc garde à regarder les auteurs d’une renommée similaire à la vôtre.

Fixer le prix de son livre, c'est trouver le juste équilibre entre ce que vous voulez et ce que veut le lecteur
Image par Angelo Rosa de Pixabay

Mon avis sur les différents tarifs

C’est la rubrique subjective de l’article avec moult réserves et moult exceptions qui confirment les règles, alors à prendre avec des pincettes.

Si vous n’êtes pas d’accord avec cette analyse, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires. Tous les points de vue sont les bienvenues du moment que c’est dit gentiment 😉

Fixer le prix de son livre à 0 euro

Si vous souscrivez à KDP Select, vous aurez la possibilité de vendre votre livre, pendant 5 jours maximum, pour zéro euro.

À ce tarif là, évidemment, vous oubliez le seuil de rentabilité. Le but est de se faire connaître et de faire parler de soi pour gagner des lecteurs.

D’après moi, c’est une stratégie qui peut fonctionner sous certaines conditions très spécifiques et réservées aux auteurs qui ont déjà plusieurs ouvrages dans leur bibliographie.

Déconseillé aux débutants donc.

(Lisez l’article : “Comment faire connaître son premier roman“)

Fixer le prix de son livre à 0,99 euro

Je pense pour ma part que c’est le prix idéal pour les textes courts (moins de 80 pages Kindle environ).

Ce tarif offre l’avantage de présenter peu de risques pour les nouveaux lecteurs. S’il n’aime pas votre texte, il n’aura perdu « que » 99 centimes. C’est donc très incitatif, et c’est la raison pour laquelle cela peut également être un bon prix de lancement.

Il y a des inconvénients évidemment :

1 — Vous ne gagnerez pas grand-chose. Il vous faudra vendre plus d’un millier de livres avant de rentrer dans vos frais.

2 — Vous n’avez aucune marge de manœuvre pour faire des promotions après le lancement, le prix minimum qu’autorise Amazon étant de 0,89 euros.

3 — Cela donne une mauvaise image de votre travail. En « bradant » votre œuvre, vous faites passer le message qu’il ne vaut pas cher.

Fixer le prix de son livre à 1,49 ou 1,99 €

À éviter comme la peste !

Plusieurs études (comme celle-ci) ont démontré que ces tarifs « entre-deux » sont de véritables repoussoirs à lecteur. Une espèce de trou noir tarifaire. Les livres qui s’y trouvent sont soit considérés comme trop chers, soit suspectés d’être de mauvaise qualité.

Fixer le prix de son livre à 2,90 ou 2,99 €

Pour ma part, ce tarif est le compromis idéal. Il ménage à la fois le risque pris par le lecteur et maximise les bénéfices de l’auteur en le faisant passer dans la fourchette des 70 % de redevance.

En dessous de 3 €, on est encore dans la zone des achats sans risque, et cela permet à un grand nombre de personnes de le lire, notamment ceux qui ont un petit budget loisir.

L’inconvénient, c’est que je ne suis pas le seul à avoir cette opinion et que ce prix commence sérieusement à être connoté « autoédition ». Or certaines personnes n’ont pas confiance dans les livres autoédités, soit parce qu’elles ont été déçues par un achat précédent, soit par étroitesse d’esprit.

Fixer le prix de son livre à 3,49 ou 3,99 €

C’est un tarif qui ménage la chèvre et le chou en termes de risque financier pour le lecteur et qui donne une image de qualité à ses yeux.

Mais attention, ce prix supérieur à ce qui est pratiqué partout ailleurs doit être mérité. C’est-à-dire une histoire prenante, un orthographe parfait et une mise en page irréprochable.

Fixer le prix de son livre à 4,99 € ou plus

Risqué, mais faisable si on a les épaules pour l’assumer. Déconseillé pour une première publication.

Certains auteurs considèrent que le prix d’un eBook doit correspondre au prix du broché moins les coûts d’impression. C’est un avis qui a du sens. Après tout, nous ne vendons pas du papier, mais l’œuvre qui est écrite dessus. Cette œuvre a la même valeur qu’elle soit sur papier ou sur l’écran d’une liseuse.

Le problème, c’est que les lecteurs pensent d’abord à leur portefeuille et ils risquent de ne pas l’entendre de cette oreille.

Les lecteurs font avant tout en fonction de leur budget
Image par Myriams-Fotos de Pixabay

Fixer le prix d’un broché

Pour cette deuxième partie consacrée au livre papier, je ne reviens pas sur les concepts de prix psychologique et de tendance du marché, car le fonctionnement est le même que pour un eBook. Il faut juste le transposer sur le marché du livre papier.

En revanche, il y a une énorme différence dans le calcul du seuil de rentabilité : celle du coût d’impression.

Le coût d’impression

En effet, si les dépenses liées à la création du livre (couverture, correction, mise en page, etc.) sont les mêmes que pour l’eBook, la production de chaque exemplaire de votre ouvrage va entraîner une dépense liée au papier consommé, à l’encre et à sa reliure.

Le montant de ces dépenses sera proportionnel au nombre d’exemplaires produits, c’est pourquoi l’atteinte du seuil de rentabilité sera plus longue, plus « glissante », car plus vous vendrez de livres papier et plus vos coûts d’impression seront élevés.

Sur Amazon KDP, le calcul des coûts d’impression est relativement simple et directement lié au type d’encre utilisé et au nombre de pages.

Pour une impression à l’encre noire :

– De 24 à 108 pages : un coût forfaitaire de 1,90 € par livre

– De 110 à 828 pages : un coût forfaitaire de 0,60 € + 0,012 € par page

Pour une impression à l’encre couleur :

– De 24 à 40 pages : un coût forfaitaire de 2,40 € par livre

– De 42 à 828 pages : un coût forfaitaire de 0,60 € + 0,06 € par page

 ATTENTION : La tarification couleur/noire et blanc ne se fait pas à la page, mais pour l’intégralité du livre. Même si vous avez UNE SEULE page couleur et tout le reste NB, c’est tout le livre qui sera considéré comme étant en couleur.

La redevance Amazon Broché

Plus simple que pour la version eBook. Pour le broché, vous n’avez pas d’option en fonction de la fourchette de prix, mais un seul taux de redevance : 60 %.

Là encore, on se félicite d’être autoédité.

Bien sûr, Amazon soustrait le coût d’impression du montant de la redevance (vous ne pensiez quand même pas qu’ils allaient vous en faire cadeau non ?).

La rémunération d’un auteur pour un livre est donc égale à la formule suivante :

(Taux de redevance x prix catalogue) — coûts d’impression = redevance

Exemple avec un prix catalogue de 15 €. Votre livre est un livre broché de 333 pages avec encre noire :

Coût d’impression = 0,60 € + (333 x 0,012 €) = 4,60 €

Rémunération de l’auteur pour un exemplaire = (60 % x 15 €) — 4,60 € = 4,40 €

Cela revient, au final, à une redevance d’environ 30 % sur le prix catalogue.

« Mais que c’est compliqué tout ça ! »

Je sais que beaucoup d’entre vous ont les chiffres en horreur. J’imagine donc la crise d’urticaire générale que j’ai déclenchée avec cette avalanche de nombres et de formules mathématiques.

Mais comme je vous aime bien et que je suis du genre sympa (Mais si ! Mais si !), je vous ai préparé un petit cadeau… Non, DEUX petits cadeaux.

Le premier, c’est un tableur développé sur LibreOffice qui vous permettra de calculer automatiquement les seuils de rentabilité de vos livres eBook et broché en tenant compte de tous les éléments mathématiques expliqués ci-dessus.

Grâce à ce tableur, chaque auteur sera capable de fixer le prix de son livre et de savoir combien il devra en vendre pour faire des bénéfices.

Le deuxième cadeau, c’est une vidéo privée (donc rien que pour vos yeux), dans laquelle j’explique en détail le fonctionnement du tableur et je procède à des simulations pour fixer le prix d’un roman.

Ainsi vous disposerez de toute la démarche pour évaluer le prix de votre roman et de l’outil pour en faire le calcul.

Si vous êtes intéressé par ces deux cadeaux (ne niez pas, je le vois dans vos yeux), alors tout ce que vous avez à faire pour les obtenir, c’est de CLIQUEZ ICI et de suivre les instructions.

J’espère que tableur et vidéo vous aideront à y voir plus clair dans le calcul du prix de vente de votre livre et qu’ils vous éviteront bien des nuits blanches.

Si vous utilisez ces outils et que vous avez des retours à faire pour m’aider à les améliorer ou pour faire savoir qu’ils vous plaisent, alors faites-le dans les commentaires ci-dessous.


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4 commentaires sur “Comment fixer le prix de son livre”

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