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« C’est décidé, cette année, j’écris un livre »

« À compter du 2 janvier, je suis au régime. »

« Cette année, juré, je ne serais pas à découvert.° »

Ces phrases sonnent familièrement à vos oreilles ? Normal, nous en avons tous déclaré un dérivé à l’approche du fatidique compte à rebours de la nouvelle année.

Les bonnes résolutions ne sont certes pas l’apanage des auteurs, mais ils sont particulièrement vulnérables à leur ennemi juré : la procrastination. Pourquoi ? Parce que l’écriture est une activité solitaire dont la régularité repose en grande partie sur notre courage et notre motivation intrinsèque… et qu’il n’est pas facile d’en avoir tous les jours.

NdA : Cet article participe à l’événement interblogueur lancé par www.devenez-meilleur.com. Je vous invite à visiter ce blog et à lire l’excellent article « Comment gagner de l’argent avec votre art ».

Prendre de bonnes résolutions est clairement la partie la plus facile du processus. C’est ensuite que cela se complique. Une fois disparues la motivation et la désinhibition dues à l’alcool, les difficultés commencent et les résolutions tombent comme des feuilles mortes sur le paillasson de nos années passées (cette magnifique métaphore était la minute poésie de la semaine 😉 ).

Pourquoi n’appliquons-nous pas nos bonnes résolutions ?

La question mérite d’être posée si l’on veut éviter que cela arrive. La réponse, d’après moi, est assez simple : parce que nous n’en avons pas envie.

Si nous nous sentons obligés de prendre une bonne résolution pour faire quelque chose, c’est parce que cette activité nous révulse, nous ennuie. Sinon, nous la ferions, tout simplement, sans attendre le 1er janvier.

Quel (le) gourmand(e) a envie de se mettre au régime salade verte ? Quel (le) serial-shoppeuse rêve de se créer un compte épargne ? Quel (le) auteur(e) a envie de chasser les répétitions de son roman alors que la nouvelle saison de Game of Thrones vient de sortir ?

Nos résolutions concernent 9 fois sur 10 des activités que nous savons devoir faire, mais que nous n’avons pas envie de faire.

Alors, quelle solution pour se donner l’envie d’avoir envie ?

All work and no play makes Jake a dull boy*

*Que du travail et pas de loisir rend Jake ennuyeux

Nous devons d’abord nous rendre justice. Ne pas avoir envie de faire du sport ou de corriger son livre après avoir travaillé toute la journée et avoir géré la vie de famille est très compréhensible. Quand la soirée débute, nous avons envie de goûter à un repos bien mérité ou de nous amuser un peu.

L’idéal est donc de « hacker » notre esprit et notre motivation et de faire ce que nous devons faire (résolution) en ayant l’impression de faire ce que nous avons envie de faire (fun).

Ma meilleure astuce pour cela, c’est de transformer nos résolutions en jeu.

Réaliser une activité dans laquelle on trouve du plaisir est le meilleur moyen d’atteindre son objectif sans voir passer le temps. Si la finalité de la résolution (écrire un livre, devenir mince, avoir un compte créditeur, etc.) n’est pas suffisant pour vous inciter à vous y mettre, vous devez trouver une récompense dans sa réalisation.

Dis-moi à quoi tu joues, je te dirais qui tu es.

Pour cela, vous devez d’abord déterminer quel type de joueur vous êtes. Car si nous aimons les jeux, nous ne les aimons pas pour les mêmes raisons. Selon les experts, il y a quatre grandes familles de joueurs :

  1. Ceux qui veulent partager le jeu avec leurs amis (les collaboratifs),

  2. Ceux qui ont besoin de nouveauté (les explorateurs)

  3. Ceux qui aspirent à maîtriser le jeu (les jusqu’au-boutistes)

  4. Ceux motivés par l’envie de gagner contre d’autres joueurs (les compétiteurs)

Selon si vous faites partie d’une famille ou d’une autre, votre approche du jeu et du plaisir de jouer seront forcément différentes. Il importe donc de trouver l’approche qui vous convient le mieux. Pour cela, posez-vous la question “Quel jeu m’amuse le plus et pourquoi?”

Il vous appartient ensuite de trouver une façon amusante pour appliquer vos bonnes résolutions, et ainsi de transformer la corvée en partie de plaisir.

Alors on joue ?

Rien de tel qu’un bon exemple pour clarifier tout cela.

Ma bonne résolution pour l’année prochaine : je veux écrire un nouveau roman jeunesse.

Si je suis un collaboratif : j’organise un jeu avec conjoint(e)/enfants/amis chaque semaine. L’auteur raconte l’avancée de l’histoire du livre, puis chacun donne des idées en vrac sur ce qui devrait se passer ensuite. Pas de contrainte, toutes les idées sont notées (même les plus farfelues). À l’auteur de décider ensuite celle qu’il développera pour la suite. C’est un excellent jeu, très drôle, qui fait travailler l’imagination de tout le monde et qui peut être une source inépuisable d’idées nouvelles pour l’auteur.

Si je suis un explorateur : je trouve chaque semaine un nouvel endroit pour installer mon carnet, mon ordi portable et écrire un nombre minimum de mots : dans le salon, dans le bar du quartier, au jardin des plantes, chez belle-maman, etc.

Si je suis un jusqu’au-boutiste : je joue à « Et si… ? » avant chaque séance d’écriture. Posez-vous toutes les questions « Et si ? » qui vous passent par la tête :   « Et si mon héros décidait de tuer sa femme, que se passerait-il ensuite ? », « Et si mon héroïne décidait de s’enfuir à l’étranger ? », « Et si toute l’histoire était un complot extra-terrestre ? », etc., et écrivez les versions qui vous paraissent intéressantes (en respectant la psychologie de vos personnages, bien sûr).

Si je suis un compétiteur : je me trouve un autre auteur compétiteur et, chaque semaine, nous nous communiquons le nombre de mots écrits. Celui qui en a le plus gagne et donne un gage au perdant (ou paye le resto).

Les idées de jeu ci-dessus ne sont que des exemples. Vous pouvez trouver vos propres jeux, adapter ceux-là ou les mélangez les uns avec les autres. Ils fonctionneront tant que vous les trouverez amusants. Quand ce ne sera plus le cas, changez-les.

L’appli pour gamifier sa vie

Pour ceux qui veulent faire de leur vie un grand jeu productif, je recommande chaudement l’application « HABITICA ».

Habitica

Disponible sur mobile ou sur PC, cette application gratuite permet de gérer ses habitudes de vie, ses tâches en cours et ses objectifs ou résolutions tout en participant à un jeu de rôle.

Dans ce jeu, vous créez votre avatar, choisissez sa classe (guerrier, magicien, voleur, guérisseur), combattez des monstres et réalisez des quêtes.

Le principe est simple : quand vous réalisez une de vos tâches, vous gagnez de l’or et de l’expérience. Quand vous oubliez de réaliser cette tâche, vous perdez de la vie.

Le jeu propose des quêtes, des défis entre joueurs, des animaux de compagnie à nourrir pour pouvoir ensuite en faire des montures.

C’est très addictif, parfait pour garantir une super productivité et convient à toutes les familles de joueurs. Personnellement, je suis accro et je m’en sers énormément comme pense-bête et comme outil de motivation pour ma vie personnelle et professionnelle.

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il vous a plu. Si vous prenez de bonnes résolutions pour cette année, mettez-les en commentaires. Comme je l’explique dans l’article « Le piège de la publication », rendre ses engagements publics est également un excellent moyen de s’y tenir.

Je profite de cet article très saisonnier pour vous souhaiter à tous une très bonne année. Je vous souhaite beaucoup de bonheur, du succès dans vos écrits et de bons livres à lire.

 


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