Utilisez la dramaturgie pour scotcher vos lecteurs

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Avant de consacrer tous vos efforts pour mettre à disposition votre œuvre dans les mains de votre public, il faut absolument vous assurer de la qualité intrinsèque de son contenu.

Nous n’allons pas aborder les questions de mise en page ni d’orthographe, mais bien de ce qui constitue le cœur de votre roman. Ce qui va faire que votre lecteur va en poursuivre la lecture jusqu’au bout et qu’il en redemandera.

Vous voulez capter l’intérêt de vos lecteurs ? Intéressez-vous à la dramaturgie, qui est l’art de raconter des histoires.

Cette art qui remonte au moins à l’ancienne Grèce n’est pas d’invention récente. Tous les auteurs les plus éminents, qu’ils soient auteurs de romans, et surtout scénaristes l’utilisent de par le monde.

Nous allons tenter de résumer les fondements de la dramaturgie, qui mériteraient évidemment au moins un livre, si ce n’est plusieurs. Mais avant, je dois me présenter…

Je suis Christophe, du blog tisser-son-roman.com. Formé à l’écriture de scénario et à la dramaturgie en passant par le théâtre et la réalisation audiovisuelle, je suis inévitablement devenu auteur, vidéaste, blogueur, et web-rédacteur. Sur mon blog, je parle d’écriture, de lecture et… de dramaturgie.

A/ En route pour l’aventure de la dramaturgie

La dramaturgie est la base de toutes les grandes oeuvres
Dramaturgie-Hamlet-Image par Klaus Hausmann de Pixabay

Si ce mot peut faire peur, il ne doit pas vous rebuter. En effet, la dramaturgie désigne tout simplement l’art de raconter des histoires. Alors, êtes vous prêt à me suivre dans les mécanismes de la narration ?

Votre objectif, si vous l’acceptez est de devenir un héros de l’écriture. Et nous allons vous y aider, car il y existe des outils pour cela. Si certains pensent que raconter des histoires est inné, et surtout ne s’apprend pas, nous allons ici les détromper. Car cet art s’enseigne depuis la Grèce antique, comme nous allons le voir.

Mais tout d’abord une petite mise au point.

1) Votre première mission : définir la dramaturgie

Comme nous l’avons vu La dramaturgie désigne l’art de raconter une histoire. Le terme vient du mot grec drama qui signifie l’action. La dramaturgie vient de la tragédie grecque, où les actions étaient montrées et mises en scène, mais aussi de l’épopée, qui désigne les récits racontés.

En suivant la piste, drama se retrouve dans les termes drame, dramatique. Mais attention, il ne faut pas confondre dramatique avec tragique. Car, contrairement aux apparences, la dramaturgie n’est pas aride, et ne concerne pas que les histoires tristes. Elle s’applique aussi bien aux comédies.

Il va donc falloir introduire de l’action, c’est à dire du drama, dans les histoires. Mais attention, le terme d’action recouvre des notions bien plus vastes que de simples agissements. Ces actions doivent être motivées, et doivent être guidées par un moteur profond qui est caché au centre de chaque être humain. Et que la dramaturgie va révéler en en faisant un héros.

Certains restreignent la dramaturgie au théâtre. Parce que c’est dans cet art que les actions sont les plus visibles. Il faut bien admettre qu’historiquement, la dramaturgie a longtemps été cantonnée à la scène.

Avant de s’appliquer plus récemment au cinéma. Mais sa portée est bien plus vaste et la dramaturgie peut parfaitement s’appliquer à l’écriture romanesque. D’ailleurs de nombreux romans ont été adaptés au cinéma, de manière plus ou moins convaincante selon les cas. Ce qui prouve bien que les fondements de l’écriture du récit restent identiques entre les deux arts. Et que les différences restent mineures. Cette remarque est évidemment valable pour le roman, mais pas pour d’autres genres littéraires comme la poésie, ou le journal intime.

Il est indéniable, par contre, que tous les romans qui respectent le plus possible les règles d’écriture dramaturgiques sont le plus à même de trouver un public nombreux, assidu et fidèle. Et c’est bien là l’objectif de tout auteur.

2) Votre deuxième mission : construire un récit à partir de l’histoire

Dans cette inextricable forêt de signes et de mots, l’auteur solitaire doit affronter deux notions similaires. Il s’agit de l’histoire et du récit. Et pour lui, il est essentiel de ne pas les confondre. Sinon il sera condamné à s’égarer, et se perdra au cours de l’écriture. Ces deux termes sont souvent confondus et utilisés l’un à la place de l’autre. Ils sont indissociables mais non identiques.

Heureusement, la dramaturgie va nous servir pour les distinguer. L’histoire est ce qui se passe de manière neutre et extérieure. En terme rigoureux, et un peu savant, nous devrions en fait l’appeler « la diégèse ». C’est-à-dire l’ensemble de l’univers inventé qui constitue le cadre du récit, et comprend ainsi le décor, les personnages, leurs actions. En un mot, tout ce qui est censé se passer.

Le récit, lui, est la manière de raconter cette histoire (cette diégèse, mais le terme est un peu lourd, nous continuerons donc d’employer histoire). J’espère que vous n’êtes pas perdu…

Pour nous servir de guide et d’intermédiaire avec le lecteur, nous avons le narrateur. Et heureusement. Car toute histoire doit obligatoirement être racontée par quelqu’un. C’est lui qui va dire au lecteur ce qu’il doit regarder, et ainsi faire ressortir ce qui est important dans l’histoire.

C’est donc notre narrateur qui va notamment déterminer le point de vue aussi bien narratif, que temporel, le moment où le récit débute par rapport à l’histoire, les éléments clé à mettre en avant, ceux qui seront occultés, le moment où l’histoire s’arrête. La narrateur quand à lui s’oriente grâce à la dramaturgie. C’est sa boussole à lui.

Ainsi, toute histoire pour être racontée nécessite une dramaturgie. Tous les auteurs qui prétendent ne pas la connaître, ou pire, ne pas l’utiliser, font comme Monsieur Jourdain, qui fait de la prose sans le savoir. Détaillons cette dramaturgie que les auteurs et les scénaristes utilisent, pas toujours consciemment.

3) Votre troisième mission : allez chercher l’élixir de dramaturgie

Cette notion de dramaturgie est un secret bien caché. Elle est dissimulée aux yeux du commun des mortels. Mais l’auteur initié saura qu’il doit aller fouiller au temps de l’ancienne Grèce. Il y trouvera les 9 muses, filles de Zeus et de Mnémosyne qui présidaient aux arts. Parmi ces derniers il trouvera la tragédie, qui était alors liée au chant, mais aussi l’épopée, qui était le récit glorieux de personnalités héroïques. Dans l’épopée, il comprendra que c’est le récit qui prédomine, alors que dans la tragédie, c’est la mise en scène directe des actions qui prime.

Là encore, il ne confondra pas la tragédie grecque à un drame et à ce qu’est devenue la tragédie à l’époque classique. Avec un peu de chance, il rencontrera Aristote, qui lui livrera tout son savoir au travers de sa Poétique, publiée vers 350 av. J.C. Cet ouvrage lui livrera les premières règle de la dramaturgie, au sens actuel du terme. Preuve s’il en est que la dramaturgie ne date pas d’hier.

Dans son parcours dans la Grèce antique, notre auteur fera la connaissance de nombreux mythes. Avec un peu de chance, il partagera les aventures aussi bien d’Oedipe, de Thésée, des Titans, de Jason et des Argonautes, de Midas, d’Orphée, d’Hercule, d’Antigone, d’Ulysse. Et surtout, il commencera à fréquenter tous ces héros, et voudra que ses lecteurs en deviennent un à leur tour.

B/ La dramaturgie, c’est devenir un héros

1/ Votre quatrième mission : obliger le lecteur à s’identifier au héros

La dramaturgie aide le lecteur à s'identifier au héros
L’identification-au-personnage-Image par Mystic Art Design de Pixabay

La dramaturgie repose sur un principe simple, qui est celui de l’identification au héros. C’est parce que le lecteur se met à sa place, et que qu’il veut les mêmes choses que lui, qu’il s’intéresse à l’histoire qu’on lui raconte. C’est donc le rôle de l’auteur, de tout faire pour que le lecteur s’identifie à son héros. Sans héros, que l’on appelle Personnage Principal en dramaturgie, pas d’histoire et surtout pas de récit.

L’identification au personnage est la clé de voûte de l’histoire. Elle est basée sur le principe du mimétisme et surtout de neurones miroir. En deux mots, c’est une forme d’apprentissage que nous avons érigé au fil des millénaires et qui nous permet de nous instruire de l’expérience des autres.

Il est évidemment plus valorisant de s’identifier à des personnages héroïques, c’est-à-dire ayant eu à surmonter des épreuves. Il faut toutefois veiller à ce que votre héros soit crédible.

En effet, selon Joseph Campbell dans « Le Héros aux mille et un visages » dont je ne saurais que trop vous conseiller la lecture, fait remarquer que la quête du héros, serait en fait une quête éternelle, appartenant à l’inconscient collectif. Nous sommes tous des héros potentiels, et nous devons tous passer par ce stade pour réaliser notre vraie nature. Intéressant point de vue qui valide et justifie l’importance des histoires dans toutes les civilisations. Au-delà du simple aspect d’apprentissage que nous avons évoqué.

2/ Votre cinquième mission : fixer des objectifs à votre héros

Le protagoniste de votre dramaturgie doit avoir un objectif
Femme-tirant-la-cible-au-tir-à-l’arc-Image par irinakeinanen de Pixabay.jpg

Un personnage, pour être un héros, et donc pour intéresser le lecteur ou spectateur, doit tout d’abord avoir des objectifs. Au début de l’histoire, notre héros vit dans un monde ordinaire. Dans ce monde tel qu’il nous apparaît au départ, il ne se passe rien. Ou plus tôt, il se passe toujours la même chose.

La vie y est morne, monotone et sans âme. Celle qui ressemble à celle que nous vivons tous, avant de vouloir devenir des héros, ou avant de nous y identifier. L’homme ordinaire qui vit une vie ordinaire dans un monde ordinaire n’est pas un personnage intéressant pour construire un récit.

Ainsi, l’homme ordinaire va se transformer uniquement à partir du moment où il va vouloir sortir de cette condition ordinaire et se fixer des objectifs. Ces objectifs peuvent être de n’importe quel ordre, cela n’est pas très important. Cela conditionnera juste le genre d’histoire, mais ne changera en rien les règles de la dramaturgie. Comme nous allons le voir, il faudra par contre, que la volonté d’atteindre cet objectif, quel qu’il soit, soit forte.

a) Premier pas vers la transformation de votre personnage : son objectif

Ce personnage ordinaire doit donc se fixer un objectif. Cela peut aussi bien consister dans l’envie de trouver une compagne, qu’un trésor, qu’un secret industriel ou que l’auteur d’un meurtre. Mais c’est cet objectif qui va le faire sortir de son monde ordinaire, en l’obligeant à se « bouger les fesses ». Sachant, que comme tout être humain, il n’aura pas envie de le faire, et voudra rester dans sa zone de confort le plus longtemps possible (le refus de l’appel).

Il faut que vous le fassiez vivre un événement qui va l’obliger à sortir de cette zone de confort, cet élément que l’on appelle en général l’élément déclencheur, et qui doit intervenir assez rapidement au début du récit. Car c’est cet élément déclencheur qui va lancer le récit. Avant, il ne se passe rien. Cette première partie ne doit pas être trop longue, mais il n’est pas conseillé non plus de supprimer totalement cette période avant l’élément déclencheur. Car cela enlève de la valeur à ce que le personnage va faire ensuite. S’il se décide trop tôt, sans opposer de résistance interne, « ce n’est pas du jeu ». Cela devient en tout cas moins intéressant pour le lecteur/spectateur.

Petite précision : il est essentiel que le Héros ait un seul objectif principal. Il peut y avoir quelques objectifs secondaires, mais qui doivent être directement liés à cet objectif principal. On imagine assez mal Hercule Poirot passer son temps à autre chose qu’à élucider des meurtres. Il est peu probable qu’il le passe à essayer de séduire les femmes ou à chercher un trésor.

b) Votre personnage doit énoncer son objectif

Notre Personnage Principal, alias le Héros, une fois qu’il a fixé son objectif, doit absolument l’énoncer. Il faut que les choses soient claires, aussi bien pour lui, que pour le lecteur. Ou alors, il doit être tellement évident, que ce n’est pas nécessaire. Comme dans les romans policiers, où tout le monde sait par avance que l’enquêteur ou le policier va chercher à déterminer l’auteur, les motifs et les modalités du meurtre qui a été commis.

3/ Votre sixième mission : imposer des obstacles à votre héros

le protagoniste doit franchir des obstacles
Franchir-lobstacle-Image par Mike Foster de Pixabay

Maintenant que votre Personnage Principal a fixé son objectif et l’a énoncé, l’histoire peut démarrer véritablement. Parce que, par définition, un objectif ne s’atteint pas sans un parcours d’obstacles et d’épreuves. Car un objectif atteint dès le départ, ne serait plus un objectif.

Et ce point essentiel est parfois totalement occulté par certains auteurs. Je pense notamment à Michel Bussi dans « Code Lupin », qui nous fait une charmante visite guidée de la Normandie et de l’œuvre de Michel Leblanc, mais qui oublie complètement cet élément.

Les obstacles peuvent être de différents ordres et de différentes natures. On distingue cependant deux grandes catégories :

a) Mettez lui des obstacles externes

L’antagoniste

C’est un Personnage dont la seule raison d’être est de s’opposer au héros. On l’appelle souvent « le méchant ». Car le héros est forcément gentil, puisque nous nous identifions à lui !

Plus l’antagoniste sera fort et puissant, comme dans l’histoire de David et Goliath, ou de Saint-Michel terrassant le dragon, et plus les exploits accomplis par le héros seront puissants et héroïques.

Un antagoniste faible entraîne une opposition faible, et un intérêt faible du lecteur pour l’histoire. Plus l’obstacle va être difficile à surmonter, plus l’intérêt du lecteur va être fort.

Les obstacles extérieurs impersonnels

Un enquêteur qui va essayer de trouver la coupable n’est confronté ni à un antagoniste, ni à des obstacles internes, mais plus à un jeu de piste dont il va devoir défaire les fils dans le fouillis de signes qui l’entourent. C’est une sorte de quête de sens et de déchiffrage de ce qui démarre par un chaos, et qui doit se terminer par un tableau bien ordonné une fois que toutes les pièces du puzzle seront rassemblées.

C’est ce que j’appelle les obstacles externes impersonnels, n’ayant pas réellement pu trouver d’équivalent.

Dans la catégorie des obstacles extérieurs impersonnels, nous trouvons les obstacles naturels. Un personnage confronté à une nature hostile ou à une très haute montagne va également rencontrer des obstacles. Autant ce genre prend tout son sens au cinéma, autant ce genre d’obstacles est plus difficile à décrire dans un récit romanesque. Il existe cependant des œuvres basées entièrement sur l’affrontement des éléments extérieurs comme « Premier de cordée » de Frison-Roche.

b) Imposez-lui des obstacles internes

Le personnage Principal peut rencontrer une forte opposition intérieure qui lui vient par exemple de ses croyances, de ses pensées, de ses convictions ou de ses doutes.

Les obstacles internes sont extrêmement intéressants à développer dans un récit littéraire. Plus difficiles à mettre en scène au cinéma, ils constituent une distinction majeure entre les deux formes de récit.

Sans développer trop cette approche, il est cependant intéressant de noter que toute notre vision du monde est issue d’une construction mentale que nous nous faisons. Ainsi, il est possible de considérer qu’en réalité, tous les obstacles du héros, ne soient que des freins qu’il se mette lui-même à la réalisation de ses objectifs.

De même pour le lecteur qui va ainsi s’identifier à ce type de héros.

c) Dosez la force des obstacles

Autant, il est important que le héros soit confronté aux obstacles les plus intenses possibles. Autant, il ne faut pas non plus lui mettre des obstacles insurmontables qu’il ne serait pas capable de surmonter. Au risque de le voir mourir tout au début du récit, ce qui, on le comprend bien, ne nous mènerait pas loin en terme de dramaturgie.

4/ Votre objectif final : créer une question dramatique forte et du suspense.

De cette triade : Personnage principal – Objectif – Obstacle résulte normalement une question dans l’esprit du spectateur. Cette question peut être formulée ainsi : « Est-ce que le personnage principal va réussir à atteindre son objectif ? ». C’est ainsi la force et l’intérêt que le lecteur va porter à l’atteinte de son objectif par le protagoniste, qui va mesurer l’intérêt qu’il aura à poursuivre la lecture ou non.

C’est le savant dosage entre les éléments de réponses et le retardement sur l’atteinte de ses objectifs que va reposer ce fameux « suspense » dont tout le monde parle. Mais que tout le monde peine à définir précisément. Permettre à son personnage principal d’atteindre son objectif trop rapidement, c’est écourter le récit. Trop délayer et en retarder l’accès, c’est perdre l’attention du lecteur.

a) Maîtrisez les étapes du récit

Je ne m’attarderais pas trop sur les différentes étapes du récit, car plusieurs approches et niveaux de détails sont possibles. On distingue cependant :

Le premier acte qui est celui où le Personnage Principal fixe son objectif.

Le deuxième acte qui est celui où le Personnage Principal va tenter d’atteindre son objectif. Ce deuxième acte va mettre en scène une montée progressive de la tension jusqu’au Climax, qui correspond en général à la confrontation du Personnage Principal avec son antagoniste.

– Et le troisième acte où le Personnage Principal va rentrer chez lui, transformé. C’est à ce moment que la réussite du héros vient à être évaluée, en comparaison de l’état initial dans lequel il était au départ. Si le personnage n’a pas évolué et reprend ses mêmes habitudes, aux mêmes endroits et de la même manière : c’est comme s’il ne s’était rien passé pour lui. Cela veut dire que toutes les aventures qu’il a vécues ne l’ont pas fait évoluer. Tout ça pour ça ?! Dans la tête du lecteur, c’est la même chose, c’est comme s’il ne s’était rien passé. Et en termes dramaturgiques, c’est clairement une mauvaise option, car vous laissez une sensation d’inachevé et d’inutilité à votre lecteur.

(Lisez l’article : “Comment construire un arc narratif“)

b) Question dramatique non liée à l’objectif du personnage

Il peut exister des questions dramatiques non directement liées à l’atteinte d’un objectif par le personnage. Elle peut être du genre : « Qu’est-ce qui va arriver ensuite au personnage ? ». Si l’auteur a suffisamment réussi à intéresser son lecteur à son personnage, mais que ce dernier n’a pas d’objectif fort, mais vit cependant des événements intenses.

Il peut également exister des questions dramatiques qui ne soient pas liées au personnage principal. Il faut dans ce cas parfaitement maîtriser l’art du récit et savoir exactement ce que l’on fait et où l’on va.

Mais il est par contre essentiel de toujours donner une réponse à la question dramatique principale. Qu’elle soit positive ou négative. Il se peut très bien qu’un personnage n’arrive pas à atteindre son objectif. Ce qui n’empêche pas qu’il puisse évoluer et tirer un enseignement de cette apparente apparente de résultat.

C/ Alors, la dramaturgie vous a-t-elle transformé ?

Cette approche de la dramaturgie reste succincte. De nombreuses notions n’ont pu être abordées dans un cadre aussi restreint. Mais vous avez maintenant les bases fondamentales et en comprenez les rudiments. Vouloir les ignorer serait aussi inconscient que de conduire une voiture sans connaître le code de la route. De même que dire qu’écrire du roman ne s’apprend pas revient à méconnaître l’existence même de la dramaturgie, et à ignorer tout cet art merveilleux qui en découle.

Évidemment, ces règles, comme toutes les règles peuvent être contournées. D’excellents romans ne les respectent pas. Comme les romans-essais de Jean-Jacques Rousseau, ou comme l’excellent Anna Karénine de Léon Tolstoï, dont l’héroïne est plus le jouet des événements que le véritable moteur de ce qui lui arrive. Ce qui n’empêche pas d’en faire un chef-d’œuvre.

Par ailleurs, la dramaturgie n’est pas une recette miracle. Il ne suffit pas de connaître les règles, pour être un bon écrivain. Il est cependant amusant de constater que toute la démarche du développement personnel, ne fait finalement que reprendre le schéma simple, et cependant millénaire de la dramaturgie. En se fixant soi-même un objectif et en apprenant à l’atteindre, nous devenons les héros de nos propres vies. Et c’est ce qui peut nous arriver de mieux !

Quelques références sur la dramaturgie :

Pour aller plus loin, je vous invite à venir visiter le site : « tisser-son-roman .com » où je parle d’écriture, de lecture et de diffusion d’un livre, et où je détaille tant que possible ce qu’est la dramaturgie.

Vous pourrez également vous référer utilement à l’ouvrage « La dramaturgie » d’Yves Lavandier, qui constitue une excellente base de départ. Ce livre sert de référence dans le milieu cinématographique depuis de nombreuses années. Même si je le trouve relativement décousu, cela reste un bon point de départ. Bien que dirigé vers le cinéma et la télévision, et bien qu’il s’en défende, ces règles sont parfaitement applicables à la construction d’un récit romanesque.

Connaissiez-vous les règles de la dramaturgie ? Les appliquez-vous dans votre écriture ? Dites-le nous dans les commentaires.


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