10 erreurs marketing à bannir

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Depuis la création de ce blog, j’ai appris de nombreuses choses sur la vente de livres et le marketing lié au monde de l’édition. J’ai été en contact avec de nombreux auteurs, lu un nombre de livres encore plus grand sur le sujet et je suis vite arrivé aux deux observations suivantes : La première, c’est qu’il n’y a pas de formule magique pour vendre son livre, mais les méthodes sont les mêmes pour tout le monde. Tout dépend de votre capacité à maîtriser ces méthodes. La deuxième, c’est la régularité avec laquelle chaque erreur marketing revient. Ce sont toujours les mêmes.

Pour beaucoup d’auteurs, vendre son livre est bien plus difficile que de l’écrire. Cela reste pourtant une condition sine qua non pour être lu que vous le vouliez ou non, que vous soyez auto-édité ou non.

Ce qui suit est le fruit de mon expérience personnelle, mais également de celles d’auteurs avec lesquels j’ai pu échanger sur leurs difficultés à vendre leur livre. Prenez garde à ne pas tomber dans les mêmes pièges.

 

Erreur marketing #1 — Vous ciblez tout le monde

Répétez après moi : « Mon livre n’est pas pour tout le monde »

Répétez-le encore une fois.

Encore une fois

Maintenant, prenez un feutre indélébile et écrivez-le sur le mur en grosses lettres majuscules, face à votre bureau. Vous pouvez également vous le faire tatouer à l’envers, sur le front, de façon à pouvoir le lire devant le miroir.

C’est bon ? C’est rentré ?

Cibler un lectorat pour votre livre est un exercice difficile, certes, mais indispensable qui doit être fait avec minutie et précision. « Les adolescents qui aiment la Fantasy » ou « les femmes d’âge mûr » ne constituent pas un ciblage suffisant (et « Tout le monde » encore moins).

Si vous vous arrêtez là, vous allez faire face à deux problèmes majeurs :

Vos attentes vont être déçues, car à moins d’avoir écrit le nouvel « Harry Potter », tous les adolescents ne liront pas votre livre. Seul un infime pourcentage d’entre eux le fera.

– Vous serez perdus au moment de faire la promotion de votre livre. Faire la promotion d’un livre consiste principalement à mettre votre livre sous les yeux de ceux qu’il peut intéresser. Si votre cible est tout le monde, comment allez-vous vous y prendre ?

Le mieux est de cibler votre lectorat juste après la rédaction du premier brouillon, mais avant de vous lancer dans la réécriture ou les corrections.

Vous vous êtes peut-être lancé dans ce projet en vous disant que ce serait un roman Fantasy pour jeunes adultes. Mais peut-être que vos personnages se sont révélés plus matures, plus complexes que vous le pensiez. Votre réécriture va s’orienter vers des conflits internes plus complexes émotionnellement, des ressorts qu’un public adulte sera plus à même d’apprécier.

Si c’est le cas, vous aurez tout intérêt à revoir votre cible dès que vous vous en serez aperçu.

(Lisez l’article « Comment cibler vos lecteurs »)

Erreur marketing #2 — Vous n’avez pas de liste email

Si vous avez fait un minimum de recherches sur les méthodes pour vendre votre livre, vous avez forcément lu qu’une liste d’emails est l’arme absolue de tout auteur qui se respecte. Pourtant il existe encore des centaines d’auteurs qui sont persuadés qu’ils peuvent s’en passer en publiant des liens commerciaux sur Facebook.

Rêvons deux minutes (c’est gratuit et non taxé) : vous avez écrit un premier roman et c’est un succès qui a dépassé toutes vos espérances. 10 000 exemplaires vendus ! WOW ! Génial !

Emporté par la fièvre créatrice, vous en écrivez un deuxième. Comment allez-vous le faire savoir à vos 10 000 lecteurs ? Amazon ne vous donnera pas leurs noms et encore moins leurs adresses.

Si vous n’avez pas leurs adresses sur une liste, vous avez perdu 10 000 lecteurs à jamais.

Comment se faire une liste d’email ? Lisez l’article « 5 méthodes pour se construire une liste email ».

Erreur marketing #3 — Vous faites vous-même votre couverture

Voilà une erreur que je ne ferai pas deux fois. Si j’adore les illustrations qui ont été réalisées pour mon premier livre, je suis forcé d’admettre que la couverture était plate et sans relief. La faute m’en revient entièrement, car j’ai cru que j’étais en capacité de créer une couverture comme on bidouille un flyer pour la kermesse de l’école.

Hélas, c’est une erreur que je ne suis pas le seul à commettre, et la boutique Kindle est noyée sous les couvertures amateurs qui vous feront pleurer des larmes de sang juste en les regardant.

Si vous le faites vous-même, peut-être que vous serez satisfait du résultat. Peut-être que votre maman ou vos amis vous diront qu’elle est géniale, mais n’importe quelle personne avec un minimum de connaissance en design reconnaîtra instantanément un travail d’amateur et les ventes de votre livre s’en ressentiront.

Si vous voulez être considéré comme un auteur professionnel, vous devez confier votre couverture à un graphiste professionnel, c’est-à-dire quelqu’un dont c’est le métier.

Lisez l’article « Entretien avec un graphiste »

Erreur marketing #4 — Vous pensez que les catégories et les mots-clés Amazon sont là pour faire joli

Je sais que le moment où on clique sur le bouton « Publier » de KDP est très excitant. C’est l’accomplissement de mois de travail. C’est également le moment critique où on choisit la catégorie de son livre et les mots-clés qui y sont associés.

Quasiment chaque fois qu’un auteur me contacte en me disant « Je ne comprends pas pourquoi je ne vends rien », je regarde la page Amazon de leur livre et je me rends compte que leurs catégories et mots-clés sont faux. Et par faux j’entends :

– ils n’ont sélectionné qu’une seule catégorie,

– et/ou ils ont choisi une catégorie trop large comme « Thriller » ou « Romance »,

– et/ou ils ont choisi une sous-catégorie qui ne correspond pas à leur livre.

Les catégories sont LA source de visibilité sur Amazon. Si vous arrivez à grimper dans le classement d’une catégorie qui collecte du trafic sur Amazon, votre livre se vendra tout seul.

Même chose pour les mots-clés. Ce sont eux qui détermineront si votre livre s’affiche à l’écran après une recherche du client Amazon. Vous devez trouver des mots-clés qui font souvent l’objet de recherche… mais pas trop, car plus il y a de recherche, plus il y a de concurrence. Le mot-clé idéal est celui qui fait ressortir votre livre dans les dix premiers résultats de la recherche.

(Lisez l’article : Trouver les bons mots-clés)

Erreur marketing #5 — Vous bloguez, vous tweetez, vous êtes sur Facebook et sur Instagram, vous faites des dédicaces et…

« J’ai tout essayé, et rien n’a l’air de fonctionner »

C’est une phrase que je lis souvent dans les emails que je reçois. Le truc, c’est que « tout essayer » est LA chose à NE PAS faire en matière de marketing et de vie d’auteur. Deux raisons à cela :

La première est purement scientifique. Si vous essayez toutes les méthodes en même temps et que l’une d’elles donne des résultats, vous serez tout bonnement incapable de savoir laquelle fonctionne.

La deuxième est que vous allez vous épuiser et que votre créativité va en souffrir. La raison pour laquelle je n’ai publié aucun livre en 2019 est simple : j’étais concentré sur l’apprentissage des techniques de marketing et sur leur mise en œuvre.

J’ai appris plein de choses, certes. Ce n’est pas perdu. Mais je n’ai pas étoffé ma bibliographie alors que j’ai écrit très régulièrement tout au long de l’année. Ce qui a une incidence sur les ventes des livres que je n’ai pas sorti (évidemment), mais aussi sur ceux qui existent déjà (cf. plus bas).

En termes de techniques de vente, choisissez-en une ou deux. Pas plus. Testez-les jusqu’au bout. Si elles ne marchent pas, prenez en deux autres. Si elles fonctionnent, restez dessus et ne perdez pas votre temps avec le reste. Si vous avez le choix, passez votre temps à écrire.

Erreur marketing #6 — Vous avez laissé tomber les pubs Facebook après avoir boosté une publication de vente

La publicité Facebook fonctionne.

Je ne peux pas le dire plus simplement.

Bien sûr, cela suppose que vous ayez évité les erreurs 1, 2, 3 et 4 ci-dessus, mais dans 90 % des cas, Facebook est un très bon moyen pour vendre son livre. Malheureusement, 47 % des auteurs laissent tomber la pub FB après un essai malheureux (sondage lancé par moi-même sur Facebook).

Grâce à ses outils de ciblage unique, les publicités Facebook peuvent fonctionner pour quasiment tous les auteurs. Cependant, faire de la publicité sur cette plate-forme est complexe et nécessite un long temps d’apprentissage. Alors si vous pensez qu’investir 100 € dans le boost d’une publication va vous permettre de vendre des livres par millier, vous risquez d’être fortement déçu.

Pour aborder les bases de la publicité sur Facebook, je vous recommande la lecture de l’article « Comment faire une publicité Facebook : les bases »

Erreur marketing #7 — Vous pensez que le marketing du « Gratuit » ne fonctionne pas

Il est sans doute vrai que le marketing du gratuit ne fonctionne plus aussi bien qu’il y a 4 ou 5 ans. Tout le monde le fait maintenant. Le programme KDP Select permet une promo gratuite tous les 3 mois et les lecteurs reçoivent régulièrement des eBook gratuits dans leur boîte email. Alors, pourquoi continuer à distribuer des livres gratuits si c’est moins efficace ?

Parce que « moins efficace » ne veut pas dire « pas efficace du tout ». Il a été prouvé que votre livre gratuit sur Amazon recevra plus de trafic que votre livre à 0,99 €. Les livres gratuits augmentent considérablement votre visibilité et vous permettent de ferrer des lecteurs qui seront ravis de payer pour lire vos autres publications.

Par ailleurs, proposer un livre gratuit sur votre site auteur reste sans doute LE meilleur moyen de faire grossir votre liste d’email (cf. erreur #2).

Erreur marketing #8 — Vous vous êtes arrêté d’écrire après le premier livre

Hormis le truisme voulant qu’un écrivain écrit, vous avez tout intérêt à publier le plus de livres possible. Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est un élément crucial de votre stratégie marketing. Pourquoi cela?

D’abord, parce qu’Amazon aime la nouveauté. La publication de nouveaux livres aura un impact sur la popularité des anciens dans l’algorithme d’Amazon et votre profil auteur aura plus de poids dans cette grosse machine huilée.

Ensuite parce que si vous avez eu 100 lecteurs pour le premier livre, vous pourrez en avoir 200 pour le deuxième et 300 pour le troisième. Cet effet boule de neige est une réalité et on remarque qu’il a tendance à s’accélérer à mesure que la bibliographie d’un auteur croit.

Enfin, plus vous écrirez, plus vous pratiquerez, plus vous vous améliorerez et vos livres gagneront en qualité. C’est un cercle vertueux.

Erreur marketing #9 — Vous ne faites pas de vidéo

Je sais, je sais, vous êtes un auteur et vous vous exprimez par écrit et non à l’oral avec l’œil d’une caméra braqué sur vous. Mais il est devenu aujourd’hui tellement facile de faire des vidéos de qualité qu’il n’y a plus de raison valable de ne pas intégrer ce format dans votre stratégie marketing. C’est aussi simple que de sortir son smartphone de sa poche.

La vidéo est le format roi. Celui qui est préféré par la majorité des internautes et qui vous permettra d’instaurer une véritable relation avec vos lecteurs. Deux médias à privilégier pour cela :

Le live Facebook : couvrez les événements qui vous concernent, vous et vos livres. Vos séances de dédicace, vos salons, vos séances d’écriture, de recherche, vos rencontres avec les lecteurs pour une séance de question/réponse. Tout se filme. Tout intéresse.

Bien sûr, si vous n’êtes pas à l’aise avec le côté « en direct » de Facebook, vous avez toujours la possibilité de passer par YouTube. Cela demande un peu plus de temps pour se créer une communauté, mais de nombreux auteurs et vlogueurs ont réussi à s’y créer une communauté.

Erreur marketing #10 — Vous essayez de tout faire vous-même

Je l’ai déjà dit plusieurs fois sur ce blog. Je vais le dire encore une fois : « Être un auteur indépendant ne signifie pas tout faire soi-même ».

D’abord parce que certaines activités ne s’improvisent pas (graphiste en est une. cf. erreur #3)

Ensuite parce que, même si vous avez réussi à caler votre activité sur des schémas qui fonctionnent, il y a plein de choses à faire pour entretenir cette activité : mettre son site à jour, garder le contact avec ses lecteurs, analyser ses ventes, lancer des promotions, etc.

Si vous n’avez qu’un seul livre, vous y arriverez peut-être, mais plus votre bibliographie s’étoffera plus ce sera compliqué de tout gérer (surtout si vous avez gardé un travail alimentaire à côté).

Quand vous en serez là de votre carrière d’auteur, vous devrez faire l’inventaire de ce que vous voulez faire et de ce que vous voulez confier à un professionnel. En fonction de cet inventaire, vous pourrez opter pour :

– un assistant virtuel. Cette personne s’occupera des tâches qui vous prennent du temps sans vous apporter une réelle valeur ajoutée : répondre aux emails, répondre aux commentaires sur les réseaux sociaux, publier du contenu sur votre site auteur, etc.

– un professionnel du marketing de l’édition qui s’occupera de toutes les tâches en lien avec la gestion marketing de vos livres. Certains de ces professionnels ont des spécialités (Facebook, médias traditionnels, etc.) et peuvent vous aider à monter des campagnes de publicité, à augmenter votre liste email ou à préparer le lancement de votre nouveau livre.

Vous reconnaissez-vous dans une de ces erreurs ? Je suppose que oui. Nous passons tous par au moins l’une d’elle à un moment ou à un autre. Fort heureusement, ce n’est pas grave. Ce qui le serait, c’est de ne pas s’en apercevoir et de s’obstiner sur un chemin qui mène à une impasse.

Je vous ai listé ici les 10 erreurs les plus courantes que j’ai moi-même faites ou que j’ai observées chez les autres, mais peut-être en ai-je oublié. En avez-vous commis d’autres qui n’apparaissent pas ici ? Dites-le-moi dans les commentaires.

Image par Steve Buissinne de Pixabay


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5 commentaires sur “10 erreurs marketing à bannir”

  1. Je vais essayer de suivre vos conseils. Mais, si j’écris relativement facilement, je n’arrive pas, mes 84 ans et moi, à gérer mes pages, sites, blogs et page facebook . ça me prendrait un temps fou que de m’y consacrer. J’ai essayé squarspace sans aucun résultat. J’ai publié en e-book sur “primento” “Européen qui es-tu” = aucune vente. sur édilivre “le journal intime de Dahud ” et récemment “Je mets mon Gilet Jaune Mondial, Européen, Breton, citoyen français”. A part moi qui ai commande quelques exemplaires pour les diffuser moi-même (librairies de Bécherel, Cité du Livre) : aucune vente. Comme je n’écris pas pour gagner ma vie, ce n’est pas très grave, mais je me sens délaissée … Merci à vous pour vos conseils. Colette Trublet. https://www.celtequejaime.com

    Merci pour vos conseils. Colette Trublet

  2. D’autres erreurs, j e n’en sais rien. Cibler mon lectorat, c’est là que le bât blesse. Je n’arrive pas à le faire. Côté vidéo, je ne suis pas contre en faire, même si ce n’est pas ma tasse de thé, mais je ne sais absolument pas quoi mettre dedans. Voilà.

  3. Bonjour Jérôme,
    Encore un article très intéressant. Une question. Je lis entre vos lignes qu’Amazon est LA stratégie qui paie. Pouvez-vous me dire pourquoi ? J’ai quelque réticence à travailler avec ce montre. Est-ce vraiment indispensable ?
    Merci d’avance pour vos lumières.
    Vie

  4. Ping : Mes 3 conseils pour un auteur indépendant - Sevylivres

  5. Je suis certainement coupable de pas mal de ces crimes de lèse-marketing listés dans votre article, à commencer par une couverture sans doute pas très professionnelle :). J’aimerais trouver la volonté de terminer mes deux textes suivants (l’un des deux est rédigé à 75% déjà) avant de me pencher plus sérieusement sur les méthodes de marketing. Ça me fera 4 romans à promouvoir si tout se passe bien + 1 d’entre eux traduit en anglais. A suivre…

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