20 techniques pour écrire mieux

20 techniques pour écrire mieux
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Comme tous les arts, l’écriture est un domaine dont on ne fait jamais le tour. Il nous reste toujours quelque chose à apprendre, à améliorer, et écrire mieux est et doit rester une de nos principales préoccupations.

Que l’on soit auteur débutant ou écrivain confirmé, la recherche de l’amélioration du style, du rythme, des histoires, des personnages et de toutes les très nombreuses facettes de l’écriture est vitale pour un bon auteur.

Sans cette remise en question permanente, l’auteur tombe inévitablement dans une routine ennuyeuse dans laquelle aligné les mots revient vite à travailler à la chaîne. Et quand l’auteur s’ennuie… le lecteur aussi.

Comme vous le verrez, il n’existe pas de formule magique pour écrire mieux, mais des techniques qui, quand elles sont cumulées et appliquées de façon continue et répétée, peuvent vous faire avancer.

En les suivant autant que possible, vous serez en mesure, d’ici quelques mois ou quelques années, de vous retournez pour contempler tout le chemin parcouru et vous féliciter pour le travail accompli.

Écrivez

Je commence avec le plus évident, et le plus connu.

La pratique est es-sen-tiel-le. C’est long, cela peut être fastidieux parfois, mais chaque séance d’écriture vous permet de progresser, même si ces séances se limitent à deux heures par semaine.

C’est un moyen sûr d’écrire mieux. Il marche à tous les coups. Le problème, c’est que les progrès sont extrêmement progressifs et quasi-invisible d’une séance à une autre… mais ils sont là.

Un vocabulaire tout neuf ne va pas vous tomber dessus comme une tonne de briques, mais se diffuser lentement à chaque mot nouveau.

Pour vous permettre d’écrire mieux, vous aurez besoin de ces deux ingrédients majeurs : une routine d’écriture et de l’autodiscipline.

Le reste, c’est du gâteau.

(Lisez l’article : « 12 méthodes pour rester motivé »)

Traquez les tics d’écriture (et détruisez-les)

Une des clés pour écrire mieux est d’analyser votre propre écriture et d’en identifier les schémas et les mauvaises habitudes.

C’est quasiment impossible à faire durant la rédaction du premier jet, alors ne vous embêtez pas avec ça à ce moment. Réservez-le pour la phase de correction.

Prenez votre manuscrit et stabilotez tous les types de répétitions :

  • les tics lexicaux. Un mot ou une expression qui revient trop souvent. Un livre que j’ai lu récemment utilisait sans arrêt l’expression « Par ailleurs ». J’en comptais un toutes les deux ou trois pages. Cela parasite la lecture,
  • les tics de structure de phrase. Par exemple, vous donnez toujours vos exemples par groupe de trois,
  • Les tics de structure de récit. Par exemple, si vous abusez des flashbacks.

En les identifiants et en prenant conscience de l’existence de vos tics d’écriture, vous les éliminerez progressivement de votre écriture jusqu’à ce qu’ils disparaissent totalement.

Évitez les clichés

Le flic devenu alcoolique après la mort de son équipier, le palefrenier élu qui va sauver le royaume de la méchante sorcière…

Les clichés sont un signe de fainéantise et de platitude, et conduisent systématiquement à l’ennui.

Pour savoir comment éviter les clichés, vous pouvez lire l’article « Comment éviter les clichés ».

Écrivez une prose propre et sans blabla

Ne pas céder à la paresse ne signifie pas en faire des tartines.

Allez droit au but, sans prendre des détours syntaxiques qui n’apporteront rien ni à votre histoire ni à votre style et alourdiront inutilement vos récits.

Par exemple, ne dites pas :

« Josh farfouilla dans la boîte à gants à la recherche de ses lunettes noires. Il en avait besoin pour se protéger des rayons du soleil qui émergeaient à l’horizon. »

Mais plutôt :

« Ébloui par l’aube naissante, Josh se mit en quête de ses lunettes de soleil. »

Lisez pour entrer en osmose

« La lecture est le centre créatif de la vie d’un écrivain » Stephen King.

Dans son livre « Écriture : mémoire d’un métier », Stephen King parle de la lecture comme du meilleur moyen de « créer et développer une intimité avec le processus d’écriture ».

Sans vous en rendre compte, vous absorbez du vocabulaire, vous améliorez votre orthographe, votre grammaire. Vous assimilez les structures de phrases. Vous vous imprégnez des codes d’un genre, des structures narratives et des ressorts psychologiques des personnages.

Bref, lire permet sans aucun doute d’écrire mieux et plus ce que vous lisez est bon, plus vous apprenez.

À titre personnel, si vous savez ce que je lis, vous savez ce que j’écris : si je me lance dans la science-fiction, je lis de la SF. Si j’écris un thriller, je lis des thrillers. Etc.

Bref, je fais tout pour m’immerger dans le genre et le style que je veux donner à mon roman.

Imprégnez-vous des codes de votre genre pour écrire mieux
Image par Murtaza Ali de Pixabay

Lisez encore, mais avec un stylo dans la main.

Le subconscient, c’est bien, mais il vous faudra aussi passer à l’étape du pleinement conscient.

Comme dit précédemment, commencez par lire des romans dans le genre de celui que vous écrivez. Cela vous aidera.

Ensuite, choisissez un passage ou une phrase qui vous interpelle, qui vous plaît et disséquez-la.

Réécrivez-la à votre façon et comparez les deux versions. Repérez les mots inutiles dans votre version (ou dans l’originale). Observez comment l’auteur a évité les répétitions, les verbes faibles, les tournures passives, etc.

Si vous vous souvenez des observations et des leçons tirées de cet exercice, vous finirez par écrire mieux.

Écrire mieux, c’est évitez le prêt-à-écrire

Les modèles d’écriture, c’est génial pour tout ce qui est écriture pratique.

Si vous écrivez des newsletters, des articles de blog ou un livre sur les 1001 façons de changer une ampoule, n’hésitez pas à suivre un modèle éprouvé. Vous gagnerez un temps dingue et le lecteur sera satisfait, car il trouvera plus vite ses repaires.

Mais quand il s’agit d’un roman, le lecteur cherche votre patte d’auteur. Il veut découvrir votre personnalité, votre angle de vue, votre vision des choses. Pas du prêt à mâcher.

Si vous avez de l’humour, des centres d’intérêt, des opinions ou n’importe quoi d’autre qui vous permette de vous distinguer d’un autre être humain, alors utilisez-le et donnez à VOTRE roman LA touche que le lecteur ne trouvera nulle part ailleurs.

Essayez de nouveaux styles

Si vous avez le sentiment de ne plus progresser, de ne pas savoir comment écrire mieux, alors c’est probablement que vous devez sortir de votre zone de confort.

Changez de genre le temps d’une nouvelle, ou bien écrivez au présent pour changer du passé simple, optez pour un récit à la première personne au lieu de la 3eme limitée ou tentez d’être drôle plutôt que dramatique.

Prenez des risques, diversifiez-vous et tirez-en des leçons.

Travaillez vos débuts et vos fins

Le début et la fin d’un roman ne sont pas juste importants, ils sont les deux points entre lesquels vous tendrez la corde de votre arc narratif. Début et fin doivent commencer au bon moment, avoir un sens et une plus-value pour l’histoire.

Les auteurs débutants peuvent écrire pendant des paragraphes, voire des pages entières avant de commencer à aborder un sujet qui ait de l’intérêt. C’est comme si vous écoutiez un conférencier qui commence son discours en s’éclaircissant la voix pendant dix minutes.

Reprenez votre ouverture, et raccourcissez-la jusqu’à ce que vous trouviez un passage qu’il vous parait impossible de supprimer, car il gênerait la bonne compréhension de votre histoire. C’est probablement par là que vous devrez commencer.

Pour travaillez vos fins, vous pouvez lire l’article « Comment finir une histoire »

Gardez le fil rouge

Quand on est lancé dans l’écriture, il est facile de se laisser guider par les réactions de ses personnages ou de partir sur des idées qui n’étaient pas prévues au départ.

C’est normal et même bienvenu, car l’inspiration, tout comme l’appétit, vient en écrivant.

Mais cela ne doit pas se faire au détriment de la raison qui vous a poussé à écrire votre roman au départ.

Un rebondissement n’est qu’un rebondissement, et tout conflit ou action nouvelle de votre récit, aussi bon soit-il, doit s’inscrire dans le sujet et le thème que vous avez défini au départ.

(Lisez l’article : « Sujet et thème d’un roman : Les fondations »)

Gardez toujours le fil rouge de votre histoire
Image par Lisa Redfern de Pixabay

Corrigez vos écrits, seul ou avec un professionnel

Personne n’écrit de roman prêt à être publié du premier coup. L’écrivain qui écrit « Fin » sur son manuscrit et l’envoi directement à son éditeur est un mythe.

Tous les écrits doivent impérativement passer par plusieurs phases de correction afin d’en améliorer la structure narrative, le style, le ton et la psychologie de vos personnages.

Tout d’abord, laissez à votre travail le temps de se reposer. Vous avez travaillé pendant des mois dessus, la tête dans le guidon.

Vous avez besoin d’un peu de recul avant de le reprendre entièrement pour vérifier qu’il correspond bien à ce que vous vouliez écrire au départ.

Ensuite, décidez si vous voulez passer par un professionnel pour vos corrections ou si vous voulez le faire vous-même.

(Lisez l’article : « 12 clés pour corriger son manuscrit et aimer ça »)

Soyez sûr de ce que vous voulez dire

Lorsque vous corrigez votre texte, souvenez-vous de ce que vous vouliez dire au moment de son écriture. Quelle était votre intention derrière chaque phrase que vous avez tapé sur votre claver ?

Si vous n’en trouvez pas, c’est que votre phrase est inutile. Virez-la.

Cet exercice est épuisant, car il demande une vigilance mentale très forte pour évaluer si ce que vous avez écrit transmet réellement ce que vous vouliez dire.

Pour faire cela, préparez-vous un café bien serré et analysez chaque phrase en vous posant la double question suivante : comment puis-je clarifier mon intention et puis-je le faire avec moins de mots ?

Souvent, clarté et concision sont liées, alors résistez à l’envie de tout surexpliquer.

N’oubliez pas votre lecteur

Pourquoi voulez-vous écrire mieux si ce n’est pour la satisfaction de votre lecteur ?

Alors, n’oubliez pas que c’est lui qui sera de l’autre côté de votre texte, et demandez-vous s’il sera réellement intéressé par l’histoire politique de cette étrange contrée dans laquelle votre personnage de Fantasy fait une escale de deux heures.

C’est du super worldbuilding, c’est sûr, mais est-ce que cela va vraiment l’intéresser ?

Si la réponse est non, alors sortez le hachoir et soyez sans pitié.

Étudiez les structures et les techniques narratives

En dehors d’étudier les méthodes et techniques des autres auteurs, écrire mieux passe également par l’étude des méthodes qui ont inspiré tous les écrivains depuis l’antiquité grecque.

La pyramide de Freytag, les 3 actes, le voyage du héros… ces structures restent des guides et des traditions pour tous les auteurs depuis des siècles et n’ôtent en rien l’originalité d’une œuvre.

Ce point n’est pas en contradiction avec le point 7 sur le prêt-à-écrire. Il s’agit de structures, et non de modèles.

Voyez les structures comme les gros titres d’un plan où tout reste à écrire, alors qu’un modèle sera un texte dans lequel il faut remplir quelques trous.

Les structures vous permettront d’exprimer votre personnalité, les modèles non.

(Lisez l’article : « Comment construire un arc narratif »)

Inscrivez-vous à des ateliers ou des cours d’écriture pour écrire mieux

Envie d’en apprendre plus ? Heureusement, vous vivez à l’ère du numérique et trouver des ateliers et des formations n’a jamais été aussi simple.

Une recherche Google et vous croulerez sous les offres. Trop peut-être, car c’est un domaine où les escrocs sont aussi nombreux que les gens sérieux.

Quelques conseils pour bien choisir :

  • Une formation qui vous promet le succès planétaire avec un livre écrit en 30 jours est mensongère. Fuyez.
  • Les ateliers supposent le rendu d’un travail écrit dans un temps limité et un retour critique de l’animateur. Un animateur qui trouve tout génial ne fait pas son travail. Vous voulez écrire mieux, pas flatter votre ego.
  • Personne ne brade un travail valant 2 000 € pour 99 €. Si un formateur vous propose une formation à 50 €, c’est qu’elle ne vaut pas plus.
  • Avant de payer une formation, renseignez-vous. Faites une recherche pour des avis indépendants sur la qualité de la formation. Les témoignages sur la page du formateur peuvent être falsifiés.

N'ayez pas peur de retourner à l'école pour écrire mieux

Image par Steve Buissinne de Pixabay

Soyez ouvert aux retours

Devenir auteur, c’est devenir une personne publique et, ce faisant, vous vous exposez aux retours et aux critiques.

Certains de ces retours seront positifs (en tout cas, je vous le souhaite) et d’autres négatifs.

Les premiers flattent l’ego, mais ce sont rarement ceux qui vous permettent d’écrire mieux. Ils peuvent toutefois être intéressants quand ils identifient ce que les lecteurs ont particulièrement aimé.

Les seconds sont évidemment les plus riches quand ils sont constructifs, et vous devez vous ouvrir à ces critiques sans les prendre personnellement.

Accueillez-les à bras ouverts, et même réclamez-les, car ce sont ceux qui vous aideront véritablement à améliorer votre écriture.

Faites-vous des amis parmi les auteurs

Avec les moyens et les canaux sociaux qu’offre notre époque, ne pas se constituer son réseau d’auteurs relève de la faute professionnelle.

Votre réseau d’auteurs vous apportera une quantité de bienfaits industrielle (et en attendra autant de vous, bien sûr) : boost de motivation, idées de développement, conseils d’écriture, correction sur des passages, tuyaux pour vendre vos livres, etc.

Vous ne pouvez pas faire l’économie d’un groupe d’amis auteurs.

Et en bonus : c’est fun 😉

Persévérance et consistance

L’écriture demande énormément de persévérance, d’autodiscipline et de détermination. En particulier pour les gros projets comme de gros romans ou des séries.

Parfois, les choses ne se passent pas comme vous le voulez et vous vous sentez dépassé, fatigué et en proie au doute. C’est complètement normal.

La question n’est pas « si » cela vous arrive, mais « quand ».

À ce moment, soyez indulgent avec vous-même. Offrez-vous une récompense, un allègement dans votre charge de travail, pourquoi pas de petites vacances… mais n’abandonnez pas !

Si tous les auteurs publiés que je connais sont des têtes de mule (moi y compris), ce n’est pas un hasard. 😉

La motivation monte et descend comme la marée, et il faut être suffisamment têtu pour être toujours sur le pont quand elle remonte. C’est ce qui permet d’aller au bout des projets.

Restez humble

« L’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance » Charles Darwin

En d’autres termes, plus vous pensez que vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur l’écriture, plus il y a de chances pour que vous en sachiez moins que les autres.

Ce phénomène porte un nom, il s’agit de l’effet Dunning-Kruger. Il s’agit d’un biais cognitif par lequel les personnes qui ne disposent pas des connaissances nécessaires pour juger de leurs compétences surévaluent ces compétences dans une illusion de supériorité.

Pour en savoir plus sur l’effet Dunning-Kruger, lisez l’article « Comment devenir un meilleur auteur ».

A contrario, les personnes qui maîtrisent réellement leur domaine sous-évaluent leur compétence. Ce sont souvent ceux-là qui souffrent du syndrome de l’imposteur.

Par conséquent, partez du principe que vous en savez suffisamment pour écrire, mais pas assez pour arrêter de vous améliorer.

Vous aurez TOUJOURS quelque chose à apprendre.

Acceptez les rejets et les échecs

Enfin, comme les critiques négatives, vous ne devez pas oublier que les refus et les échecs sont inévitables.

Votre manuscrit sera refusé par des éditeurs et des publications littéraires, vos livres ne se vendront pas aussi bien que vous l’espériez… Tous les écrivains, grands ou petits, les ont endurés, et ils ne définissent en rien votre valeur en tant qu’écrivains.

Pour écrire mieux, il faut accepter les rejets
Image par congerdesign de Pixabay

Écrire mieux est un travail quotidien qui ne connait jamais de fin. Il faut donc le prendre avec philosophie et l’exécuter avec un bonheur têtu.

Prenez du plaisir à vous améliorer, cherchez la satisfaction dans le travail et non dans son résultat.

Maintenant, dites-moi quelle est votre méthode pour vous aider à écrire mieux? Suivez-vous des formations ? Des ateliers d’écriture ? des livres d’exercice ?

Donnez nous les titres et les adresses dans les commentaires (pas d’autopromo svp. Uniquement ce que vous avez testé en tant que consommateur.)


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3 commentaires sur “20 techniques pour écrire mieux”

  1. Merci Jérôme pour ces 20 techniques pour mieux écrire.
    Je suis toujours impressionné par la facilité que toi ou Ethan changer une phrase longue et monotone en une dynamique et claire.
    En avril 2020, j’ai acheté la formation d’Emmanuelle Soulard et, à ce jour, j’en suis enchantée.
    Elle offre un soutien et un suivi remarquable afin de corriger tout de suite des fautes qu’on aurait de la difficulté à se départir plus tard parce que devenues une habitude.

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