5 principes pour réussir dans l’autoédition

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Je fais partie de ceux qui pensent que tout le monde peut réussir dans l’autoédition, la chanson, la cuisine moléculaire ou l’investissement immobilier à la condition d’y consacrer suffisamment de temps et d’énergie. Tout le monde a le potentiel pour réaliser son rêve. Je le crois vraiment.

Malheureusement, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

L’écriture, comme beaucoup d’autres domaines, ne se conquiert qu’à la force de la détermination. Celui qui croit qu’il va percer en pondant un texte rapido et en le publiant sur Amazon se trompe lourdement sur la difficulté de l’exercice et sur la concurrence qu’il va devoir affronter. C’est long, très long et la traversée du désert est jonchée par les squelettes de ceux qui ne se sont jamais relevés.

(Lisez l’article : « la traversée du désert »)

La dure réalité

Le fait est que la plupart des auteurs autoédités n’arrivent pas à vendre leur livre.

Bien sûr, les plates-formes d’autoédition payantes comme Librinova ou Bookelis mettent en avant les Jacques Vandroux et Agnès Martin-Lugand avec leurs dizaines de milliers d’exemplaires vendus, car ces extra-terrestres de l’autoédition font rêver. Les yeux ouverts, nous nous imaginons devenir les prochaines stars de l’autoédition et nous sortons notre carte de crédit. Mais il ne faut pas oublier que ces exemples sont les exceptions et non la règle. La plupart des auteurs ne vendront pas plus de quelques dizaines de copies sur la totalité de leur carrière.

Pires encore sont ceux qui font l’erreur de s’adresser à l’édition à compte d’auteur et qui investissent des milliers d’euros de leur poche sans jamais récupérer un seul centime. Le monde de l’édition peut être très brutal.

(Lisez l’article : « Définition : l’édition à compte d’auteur »)

Tout le monde possède le potentiel pour écrire un bon livre et le vendre, mais tout le monde n’y arrive pas.

Alors à quoi tient cette réussite ? Qu’est-ce qui fait la différence entre ceux qui vendent et ceux qui ne vendent pas ?

Voilà mon avis sur la question.

L'immanquable traversée du désert de l'autoédition
Image par Free-Photos de Pixabay

Ça veut dire quoi « réussir dans l’autoédition » ?

« Il n’est pas de vent favorable à qui ne connaît pas son port »

La première étape indispensable, c’est de définir ce que « réussir dans l’autoédition » signifie pour vous.

Cela peut vous sembler logique, voire tomber sous le sens, mais vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui se battent contre vent et marée sans savoir ce qu’elles veulent. Elles s’acharnent, s’épuisent et finissent par abandonner, déçues d’avoir échoué et persuadées d’être des nullités… ce qui est faux. Elles ont juste mal démarré.

Elles n’ont pas pu se diriger vers ce qu’elles voulaient puisqu’elles ignoraient elles-mêmes ce qu’elles voulaient.

La chose qui leur a manqué, c’est un objectif clair et précis. C’est leur définition de la réussite.

La méthode SMART

Il y a autant de définitions de la réussite qu’il existe de personnes dans le monde. Certains items reviennent, bien sûr, mais il y aura toujours une ou deux nuances qui différencieront votre objectif de celui de votre voisin.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas une bonne ou une mauvaise définition de la réussite. Il y a la vôtre et seulement la vôtre.

Il existe des dizaines de méthodes pour se fixer un objectif. Je vous propose ici la méthode SMART qui est une des plus connues.

S.M.A.R.T. (intelligent en anglais) est un acronyme mnémotechnique qui vous permettra de vérifier si votre objectif est suffisamment bien construit. Pour cela, votre objectif doit être :

Spécifique et simple

Il doit être personnalisé à vos attentes et non à la pression sociale ou familiale que vous subissez. La simplicité étant synonyme d’efficacité, évitez la complexité.

Mesurable

Comment saurez-vous que vous avez réussi ? Cette question peut paraître idiote, mais elle est légitime. Est-ce que vendre 100 exemplaires est une réussite pour vous ? 1000 ? Gagner 20 000 € net par an ? Un chiffre est objectif et impartial. Soit on l’a atteint, soit il reste des efforts à produire.

Ambitieux et Accepté

Si mon objectif est de vendre un exemplaire à ma mère et un à ma femme, j’atteindrai rapidement mon objectif, mais aurai-je l’impression d’avoir réussit ? Probablement pas. Votre objectif doit représenter un challenge qui vous rendra fier une fois atteint.

Pour qu’il soit « accepté », il doit également être conforme à vos valeurs et à vos principes. Ne cherchez pas à atteindre le Top 100 d’Amazon si vous détestez ce symbole du capitalisme américain par exemple.

Réaliste

Ambition ne veut pas dire irréalisable. Aimeriez-vous gagner le prix Goncourt avec un livre autoédité ? Sans doute. Est-ce possible en l’état actuel des choses. Je ne pense pas (mais j’espère me tromper).

Si votre objectif est hors de portée, vous risquez de vous décourager rapidement et de laisser tomber.

Temporel

Quand votre objectif doit-il être atteint ? Si vous ne vous fixez pas une échéance, vous ne pourrez pas doser votre investissement et vous risquez de vous essouffler.

Pour réussir dans l'autoédition, vous devez avoir un objectif clair
Image par Paul Barlow de Pixabay

Les 5 facteurs pour réussir dans l’autoédition

Si vous êtes du genre sceptique (bienvenue au club), vous vous demandez sans doute comment il peut exister des facteurs communs de réussite si cette réussite est définie différemment d’une personne à l’autre.

C’est une excellente question et je vous remercie de me l’avoir posée.

Un capitaine de navire naviguera différemment selon s’il doit traverser la Manche ou le Cap Horn, mais il aura toujours besoin des mêmes éléments moteurs (le vent, les rames, le pétrole), des mêmes instruments de navigation (le nord, les étoiles, son radar) et il devra faire face aux mêmes obstacles (récifs, orage, vent contraire).

Il en va de même pour réussir dans l’autoédition. Quel que soit votre objectif ou votre définition de la réussite, vous aurez besoin des principes suivants pour réussir.

1 — Être passionné

Quand vous décidez de devenir un auteur, vous devenez aussi un entrepreneur, le dirigeant d’une entreprise avec un seul travailleur : vous.

Si vous demandez à la plupart des entrepreneurs quelle est la clé de leur succès, ils vous répondront tous la même chose : la passion.

(Lisez l’article : « Un auteur peut-il être un micro-entrepreneur »)

Vous devez être assez passionné pour vous réveiller tous les matins et prendre plaisir à écrire un nouveau manuscrit, à échanger avec vos lecteurs, à construire une liste email et discuter sur les réseaux sociaux, etc.

Bien sûr, il y a des facettes de l’autoédition qui peuvent être déléguées ou sous-traitées, mais certaines ont besoin de votre patte et de votre style pour être appréciées par vos lecteurs.

Si vous ne prenez pas de plaisir à écrire des histoires ou à échanger avec vos lecteurs, alors vous vous êtes trompé de travail, ou de hobby.

Sans passion, pas d'espoir de réussite
Image par Free-Photos de Pixabay (2)

2 — Avoir confiance dans votre livre

Quand il s’agit de vendre un livre, souvenez-vous de ce principe : vous devez être votre premier acheteur.

Si vous ne vous montrez pas enthousiaste en demandant aux gens d’acheter votre livre, devinez quoi ? Il sera très difficile à ces gens d’être enthousiastes à l’idée de le lire. Les lecteurs se nourrissent de la confiance qu’un auteur dégage.

Observez comment les auteurs connus font la promotion de leurs nouveaux livres. Ils n’ont pas honte de ce qu’ils ont écrit. Ils sont persuadés que leur texte est bon, et ils veulent que vous éprouviez du plaisir à le lire. Vous pouvez considérer cela comme de l’orgueil éhonté, mais faites attention à ne pas confondre orgueil et confiance en soi.

Il y a des centaines de nouveaux livres qui sont publiés en France chaque année. Avec une telle compétition, vous devez démontrer un minimum de confiance en votre livre si vous voulez lui donner une chance de survivre dans l’arène.

Notez que je parle bien de confiance dans votre livre, et non de confiance en vous. Vous pouvez ne pas croire en vous, mais vous devez croire en votre livre.

3 — Savoir lire des données

Sans devenir un ingénieur informatique ou un analyste professionnel, vous devez savoir lire les données, comprendre les chiffres liés à l’engagement de votre liste email, à vos pubs Facebook, aux rapports de vente Amazon, etc.

Comprendre ces données ne nécessite pas d’avoir fait de longues études statistiques et vous trouverez pléthore de sites et blogs pour vous expliquer comment les lire et quelle conclusion en tirer. Mais choisir de ne pas les regarder, c’est choisir de voler en aveugle.

Vous essayez d’atteindre une destination, mais vous ne voyez pas où vous allez. Les données chiffrées vont vous indiquer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, c’est une information indispensable si vous voulez avancer et éviter de répéter les mêmes erreurs encore et encore.

Imaginez que vous avez dépensé 1 000 € en pub Facebook l’année dernière et que cette pub ne vous a rapporté que 300 €, allez-vous continuer sur cette voie ? Je suppose que non. Mais si vous ne consultez pas vos données, vous serez dans l’ignorance et vous continuerez à perdre de l’argent sans le savoir.

Savoir lire les données pour savoir où aller
Image par Pete Linforth de Pixabay

4 — Oser s’exposer

En décidant de devenir auteur, vous êtes devenu un entrepreneur. Ça, nous l’avons déjà vu. Mais vous êtes aussi devenu une marque, la vôtre.

Votre marque (ou personal branding) représente votre réputation, votre image. C’est à cette image que penseront vos lecteurs lorsqu’ils parleront de vous et de vos livres. Mais pour cela… vous devez vous montrer aux yeux du monde.

(Lisez l’article : « Définition : le personal branding »)

Je sais à quel point s’exposer est quelque chose de terrifiant. On a peur du ridicule, du rejet, de l’échec public… mais c’est indispensable. Alors, ne faites pas partie de ces (trop) nombreux auteurs qui se cachent derrière une photo anonyme et dont la vie est si étanche que l’on ignore s’ils existent vraiment.

Votre image est une arme de séduction massive. Montrez ce que vous voulez, mais montrez quelque chose.

5 — Être curieux/polyvalent

En tant qu’autoédité, vous ne bénéficiez pas du support logistique et des conseils d’une maison d’édition. Vous devez mener votre barque tout seul. Cela implique de disposer, à minima, des connaissances de base dans les différents domaines nécessaires à votre réussite.

Nous vivons une époque qui va vite, très vite. C’est vrai. Les outils, techniques et méthodes évoluent à une vitesse phénoménale. Ce qui était impensable pour une équipe de douze personnes il y a dix ans est aujourd’hui réalisable par une seule personne depuis son téléphone portable.

Cela a ses inconvénients, c’est certain, mais cela offre également des tonnes d’avantages et notamment un accès illimité et peu coûteux à l’information.

Grâce aux blogs et sites spécialisés, vous pouvez vous éduquer, vous former et vous enrichir en permanence. Écriture, marketing, référencement SEO, communication, graphisme, négociation, comptabilité, statistiques, copywriting, etc. Autant de domaines nécessaires pour réussir dans l’autoédition comme dans n’importe quel secteur.

Vous n’êtes limité que par votre curiosité et votre soif d’apprendre.

(Lisez l’article : « Comment devenir un meilleur auteur »)

Curiosité et polyvalence, deux clés pour réussir dans l'autoédition
Image par Oberholster Venita de Pixabay

Que pensez-vous de ces 5 facteurs pour réussir dans l’autoédition ? Quel est celui qui vous parle le plus ? Celui qui vous fait peur ? Que faudrait-il pour progresser sur celui qui vous manque ?

Dites-le-moi dans les commentaires.


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4 commentaires sur “5 principes pour réussir dans l’autoédition”

  1. Encore merci Jérôme pour cet article plein de bon sens. L’autoédition est une superbe aventure qui se savoure qu’à la hauteur de l’énergie que l’on y consacre. Les émotions font les montagnes russes. Mais du moment que l’on garde à l’esprit ce pour quoi l’on écrit, alors tout retrouve son sens. Je me suis lancé dans un projet pharaonique d’une grande saga de science-fiction. Je suis intimement convaincu que je la mènerai à terme.

  2. Bonjour Jérôme,

    Pour ma part la “polyvalence informatique” me semble définitivement hors de portée… dans ce domaine si l’on croit vraiment en ses écrits et que l’on veut vraiment se donner une chance, je pense qu’il est nécessaire de mettre la main à la poche et de déléguer ce que l’on ne sait pas faire…
    Merci pour tes articles toujours intéressants!
    Yolande

    1. Bonjour,
      C’est effectivement une bonne façon de faire. L’embauche d’un professionnel est un bon moyen de s’assurer que ce soit fait correctement et d’avoir un recours en cas de souci.

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