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Me revoici pour cette 2e partie du bilan sur les résultats de mon challenge lancé il y a 6 mois : « Publier mon premier roman avant Noël 2018 et en vendre au moins 1000 exemplaires avant le 31 janvier 2019. »

La semaine dernière, je vous ai donné les résultats finaux de ce challenge que je juge globalement très positifs, même si je suis loin d’avoir atteint l’objectif des 1 000 ventes. En synthèse, on peut dire que :

  1. L’objectif était beaucoup trop haut,

  2. Le premier mois de vente du livre se classe parmi le peloton des lancements qu’on peut qualifier de « réussi » avec 95 ventes,

  3. Le gros défaut de ma campagne de promo et de lancement était le planning qui était en complet décalage avec la période d’achat des cadeaux de Noël.

Vous pouvez retrouver le détail de cette analyse dans la première partie du bilan.

Dans cette deuxième partie, nous allons faire la liste, parmi toutes les actions mises en place, de celles qui ont fonctionné et celles qui ont été des échecs. C’est parti !

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Les précommandes

On commence avec les précommandes. J’avoue que cela a été une surprise pour moi de voir assez peu de précommandes (4 pour être précis) sur la période de trois semaines laissée au public.

La campagne de communication avec le compte à rebours n’était peut-être pas aussi intéressante que je le pensais. Les gens ont vu arriver des images avec des J-15, J-7 avant l’arrivée du livre.

Compte à rebours - 01-12Compte à rebours - 08 -12Compte à rebours 13-12

Je me suis inspiré des comptes à rebours qu’on voit souvent publiés sur Facebook avant la sortie de certains films. Cependant « Charlie et le magicien invisible » étant un premier roman, le public s’est peut-être tout simplement demandé « Mais c’est quoi ce machin ? » avant de passer simplement à autre chose. Chaque image était accompagnée d’un texte avec un lien vers la page Amazon de précommande, mais ce n’était apparemment pas suffisant. Pas efficace donc, alors que la période de précommande doit normalement voir apparaître les petites bulles avant que l’eau ne se mette à bouillir.

L’emprunt de l’eBook sur KDP Select

Imaginez le son d’un caillou qui tombe du haut d’une falaise avant de faire un petit plouf insignifiant dans l’eau et vous aurez une idée de l’effet qu’a eu la bibliothèque de prêt Kindle sur le volume de mes ventes. En tout et pour tout, ce sont 18 pages lues depuis la parution du roman. Autant dire rien. Je rejoins donc totalement Fanny Broussard qui faisait le même constat dans son interview.

Si un jour l’adhésion à cette option devient payante, n’oubliez pas de l’oublier.

Les commentaires sur Amazon

Voilà, en revanche, un élément qui n’a pas été une surprise, c’est la difficulté d’obtenir des commentaires sur la page Amazon du livre.

Cela ne veut pas dire qu’avoir des commentaires (positifs si possible) n’est pas une bonne chose. Surtout pas. Il faut un maximum de commentaires sur la page de votre livre pour pouvoir afficher une preuve sociale de sa qualité. C’est également à partir de 50 commentaires qu’Amazon s’intéresse à vous et vous propose une mise en avant de votre ouvrage pour des promotions exceptionnelles. C’est donc un must. Il FAUT avoir des commentaires sur Amazon.

Là où les choses se corsent, c’est pour OBTENIR ces commentaires. C’est très difficile, car même si votre livre est excellent, même si le lecteur l’a ADORÉ, il ne pensera pas forcément à retourner sur Amazon pour laisser un commentaire.

J’ai obtenu 7 commentaires sur la page Amazon de mon livre. Tous à 5 étoiles. Je peux donc dire que, comme pour le volume de mes ventes, le résultat est honorable, mais j’avais espéré faire mieux avant la fin du mois de janvier.

J’ai lourdement insisté sur ma page Facebook sur l’importance des commentaires Amazon. J’ai dédié une page entière du livre à ce sujet. Il y a certainement d’autres choses à faire pour augmenter le nombre de ces commentaires. Je vous promets de m’intéresser très sérieusement à cette question fondamentale.

Les défaillances d’Amazon

Est-ce que quelqu’un tombe de sa chaise si je dis qu’Amazon est un monstre capitaliste qui bug à mort et qui se fout totalement de la législation ? Non ?

Tant mieux cela vous évitera de gros désenchantements. Voilà les deux plus gros bugs qui me sont tombés dessus pendant ses 90 jours de vente sur le site de Jeff Bezos :

1 — Un beau matin, je me lève et je vais sur amazon.fr, histoire de vérifier si de nouveaux commentaires sont arrivés sur mon livre. Et que vois-je ? La version broché est marquée comme étant indisponible avec la mention « Nous ne savons pas quand ce produit sera à nouveau disponible ni s’il le sera à nouveau. ». L’impression du livre est à la demande, il ne peut pas s’agir d’un problème de stock. J’envoie donc un email au service client pour demander où est le problème.

La réponse d’Amazon : « Oups ! Au temps pour nous, c’est une erreur ! On s’en occupe ».

Au final, mon livre est resté « indisponible » pendant presque une semaine. Merci, Jeff !

jeff-bezos-352

2 — J’avais prévu de publier une histoire courte sur une nouvelle aventure de Charlie sur Amazon. L’objectif est de proposer un petit ouvrage gratuit aux lecteurs pour qu’ils découvrent mon univers et, peut-être, qu’ils achètent le roman pour en avoir plus. Cette histoire devait être offerte aux lecteurs sur la plate-forme en jouant sur la loi Lang, la loi du prix unique d’un ouvrage. En bref, si le livre est gratuit sur une autre plate-forme, Amazon est obligé de s’aligner au tarif et de le proposer gratuitement à son tour. Sauf que… Jeff n’aime pas la gratuité. Jeff veut augmenter son compte en banque de 0,99 € à chaque fois qu’on lit une histoire de 20 pages. Au final, je me bats encore aujourd’hui avec le service client d’Amazon pour qu’ils appliquent la loi et proposent enfin cette histoire gratuitement aux lecteurs.

Je reste persuadé que c’est une bonne stratégie, mais il faut savoir faire preuve de persévérance.

Qu’est-ce qui a fonctionné ?

Pour finir, parlons de ce qui a fonctionné. Quelles actions m’ont permis d’augmenter les ventes de mon livre ou de toucher plus de lecteurs ? Voilà le résultat de mes observations.

Le concours

J’ai organisé ce concours avec deux objectifs clairs :

1 — Faire parler de « Charlie » en générant un maximum de partages sur les réseaux sociaux,

2 — Augmenter la liste des abonnés de mon site auteur et donc mon audience qualifiée.

Le résultat a dépassé toutes mes espérances, puisque ce sont 103 personnes qui se sont abonnées à mon site ou qui ont partagés et « liké » ma page Facebook.

103 personnes que je pourrai donc tenir informées de mon actualité et de mes futures publications. C’est un joli score. 🙂

Les publications régulières sur Instagram, Facebook et Twitter

Depuis la publication du roman, j’ai mis en place une campagne de communication que je diffuse régulièrement sur Facebook, Instagram et Twitter et qui génère, presque à chaque fois, entre 1 et 5 ventes par publication.

« Charlie et le magicien invisible » aborde le sujet de la créativité et des grands créateurs de l’humanité. Je mets donc en scène les représentations graphiques célèbres de certains de ces grands créateurs (Victor Hugo, Vincent Van Gogh, Mozart, etc.) qui tiennent mon roman entre leurs mains. J’ajoute la légende suivante : « Comme tous les Grands Créateurs, (prénom du personnage) suit de près les aventures de Charlie ».

HugoMozartVangogh

L’impact sur les ventes est modeste, mais régulier, c’est pourquoi je le renouvelle à une fréquence raisonnable. Je ne souhaite pas tuer la poule aux œufs d’or et lasser le public.

Les chroniqueurs

De quelle meilleure publicité peut-on rêver que celle d’un lecteur ou d’une lectrice qui donne un avis objectif sur un livre et partage cet avis sur la toile ? Les chroniqueurs représentent un formidable levier pour faire connaître un nouveau roman ou un nouvel auteur, c’est un fait connu de beaucoup.

En conséquence de quoi, les chroniqueurs sont très demandés, et il peut parfois être difficile d’en trouver un qui accepte de lire votre livre et de le chroniquer. Cela reste possible, cela dit, et une suite de chroniques flatteuses, si vous communiquez dessus, permet de mettre en avant la qualité de votre roman et votre légitimité sociale. Deux points qui sont essentiels pour attirer l’attention des lecteurs.

Dans mon cas, j’ai eu la chance de trouver neuf chroniqueurs qui ont accepté de lire mon roman. Sur ces neuf personnes, sept l’ont aimé (notes supérieures à 16/20), une est en-cours de lecture et une dernière a été déçue (11/20).

Il existe donc, pour l’instant, sept chroniques qui flottent à vie sur le web en faisant la promotion de mon livre. Cela fait du bien à l’ego… et aux ventes.

Les chroniques:

La vente en direct : soirée de lancement et dédicace

On entend souvent les auteurs professionnels dire qu’il n’y a rien de plus important que le contact avec les lecteurs et c’est vrai.

Parmi toutes les actions que j’ai menées pour vendre mon roman, la plus efficace a sans aucun doute été celle de la soirée de lancement menée avec ma troupe d’improvisation théâtrale : « Les Tigres du Bungalow ».

Deux fois 45 minutes de spectacle d’improvisation autour des thèmes du livre (Magie et imaginaire) et une séance de dédicace à l’entracte m’ont permis de vendre une quinzaine d’exemplaires sur une audience d’une cinquantaine de personnes. On parle donc d’une conversion de 30 % du public. C’est juste énorme !

J’ignore quelle part de cet excellent résultat tient du spectacle ou de la dédicace, mais la combinaison des deux reste à faire sans aucun doute.

La Vente en direct: Être un colporteur permanent

Une fois votre livre publié, votre unique et seule préoccupation doit être 1. de le vendre, 2. de le vendre et 3. de le vendre. Ce n’est pas évident pour qui n’est pas un commercial endurci, mais c’est un état d’esprit auquel il faut coller au plus près. Sachant que je n’ai pas ce sens du démarchage dans la peau, je me suis astreint à deux contraintes permanentes :

1 — Toujours avoir au moins un exemplaire de « Charlie » sur moi.

TOU-JOURS. Je me suis équipé d’une sacoche spécialement dans ce but dans laquelle je trimbale un ou plusieurs livres bien protégés dans des enveloppes rembourrées de papier bulle.

2 — Parler de mon livre à au moins deux personnes nouvelles tous les jours.

Amis, collègues, serveur au restaurant, etc Personne n’est à l’abri. Il faut oser. Cela n’a pas été évident, mais c’est ainsi que j’ai vendu une bonne partie de mon roman en vente directe (j’avoue ne pas avoir fait le détail entre ces ventes et celles faites à maman, papi et tata Suzanne. Shame on me !).

Je me suis vite aperçu que les gens étaient très intéressés et ravis de pouvoir en discuter. Écrire est le rêve de beaucoup de personnes (« Ah bon, vous avez écrit un livre ?! Je me suis toujours dit que j’allais le faire aussi, un jour. ») et discuter avec quelqu’un qui est allé jusqu’au bout de l’aventure n’arrive pas tous les jours. Ils se montrent donc, en général, curieux et attentifs.

La promo gratuite

L’adhésion au programme KDP offre la possibilité d’organiser des promotions sur votre eBook. Soit une vente à un prix réduit, soit carrément la gratuité de votre livre pour une période limitée. À la différence d’autres auteurs, j’ai opté pour la gratuité.

Mon raisonnement était le suivant : à défaut de gagner de l’argent sur ces « ventes » (ce qui n’a jamais été mon but), je ferai connaître l’univers de mon roman à plus de lecteurs potentiellement intéressés par mes futures œuvres.

J’ignore encore si le raisonnement est juste ni s’il donnera des résultats, mais je sais que 36 personnes ont téléchargé mon roman sur une période de 5 jours. Ce qui est encourageant.

Malgré cela, je ne pense pas que je renouvellerai cette expérience, pour deux raisons:

1 — un gros volume de vente à 0 € ne fait pas grimper votre livre dans le classement des ventes sur Amazon, car le site a mis en place un classement spécifique aux livres gratuits. En d’autres termes, votre livre monte en flèche dans le classement pendant la période de gratuité, puis tombe en chute libre dès que cette période est finie. C’est donc très temporaire.

2 — il apparaît que les livres gratuits sont… moins souvent lus par leurs acquéreurs que les livres qu’ils achètent. Les personnes n’ayant rien à perdre à le télécharger le font sans engagement, et sont donc moins motivées pour tourner les pages. Je n’ai donc aucun moyen de savoir si mon livre a été lu par ce biais, et encore moins s’il a été apprécié.

La conclusion

Pour résumer, qu’ai-je donc appris de cette première expérience dans l’auto-édition?

1 — Qu’il est nécessaire d’établir un planning réaliste de chaque étape de sortie d’un livre afin d’éviter les mauvaises surprises. Aujourd’hui, je connais mieux ces délais. Je serais donc en mesure de faire mieux la prochaine fois.

2 — Ce challenge a présenté la promotion d’un livre comme un sprint. C’était une grosse erreur. C’est un marathon. Si la promotion doit démarrer très fort au moment de la sortie, il est également nécessaire de rester en contact avec lecteurs et chroniqueurs afin que le livre reste présent sur le web (même si c’est en filigrane).

3 — De toutes les expériences vécues, la plus enrichissante et la plus rentable était celle de la dédicace pendant la soirée de lancement. Deux séances de dédicace sont actuellement prévues au sein de librairies dans le courant du mois de mars, et j’ai hâte d’y être et de vivre cela en direct avec des personnes en chair et en os.

4 — L’interaction est la clé d’une bonne sortie de livre. Je l’ai ressentie pendant la séance de dédicace, pendant la durée du concours, en discutant avec des personnes et à chaque échange avec des chroniqueurs (y compris celle qui n’a pas aimé le livre). Il ne suffit pas de mettre son livre dans une vitrine. Le partage et l’échange avec les lecteurs, et cela le plus en amont possible, restent incontournables pour l’auteur qui veut être lu.

C’est donc la fin de ce challenge. J’espère que cela vous aura éclairé et qu’il vous aidera dans votre vie d’auteur. Faites-moi part de vos commentaires sur ce bilan, je serais heureux et curieux de les lire.

Exceptionnellement, il n’y aura pas d’article la semaine prochaine. D’abord parce que ces six mois ont été particulièrement épuisants et que je m’accorde une petite pause pour respirer. Ensuite parce que je souhaite pouvoir réfléchir sereinement à mon prochain roman avant d’en commencer l’écriture.

Je vous dis donc à dans 15 jours.

Ciao


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