Comment choisir les blogs littéraires pour son livre

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

Des auteurs ou des blogs littéraires, qui sont les plus nombreux ? Je vous le dis tout de suite, je n’ai pas la réponse à cette question. C’est d’ailleurs une question piège, car bon nombre des blogueurs littéraires sont également des auteurs, ce qui fausse considérablement les résultats.

Si je me pose cette question, c’est comme souvent dans un souci d’efficience. Je pense aux auteurs qui n’hésitent pas, dans l’espoir de se faire connaître du grand public grâce à une chronique élogieuse, à envoyer des exemplaires papier à grands frais postaux. Je me demande combien de ventes sont générées par ces chroniques, si cette opération est rentable pour l’auteur et si le grand gagnant ne serait pas finalement… La Poste.

Je ne jette absolument pas la pierre aux chroniqueurs. La plupart sont des passionnés adorables qui n’hésiteront pas à servir d’étendard à votre renommée s’ils ont eu un coup de cœur pour votre roman. Il existe de nombreuses raisons non financières d’envoyer son livre à un blog littéraire (preuve sociale, présence sur le web, bouche-à-oreille, etc.) et ils font partie de la grande communauté des auteurs auto-édités, mais… font-ils vendre ?

Cela dépend du blog et, surtout, de son trafic.

Comment fonctionnent les blogs littéraires ?

Il existe, à ma connaissance, trois façons pour les blogs littéraires de choisir le livre qu’ils vont chroniquer :

  1. le blogueur choisit lui-même le livre, poussé par son goût pour le genre, la couverture ou sa curiosité. Il l’achète lui-même et fait sa chronique sans s’occuper de qui que ce soit,
  2. le blogueur passe par un site spécialisé (type : simplement.pro) et propose ses services aux auteurs qui sont enregistrés. Le blogueur peut demander l’envoi du livre sous format papier ou eBook. L’auteur envoie la version papier à ses frais.
  3. Le blogueur se fait démarcher directement par l’auteur qui peut envoyer son roman par email (eBook) ou en version papier par La Poste (à ses frais également).

Je ne m’attarderais pas sur la première méthode ni sur l’envoi sous format numérique, car ils n’ont aucun impact sur les finances de l’auteur. Si 500 chroniqueurs sérieux vous demandent votre roman au format numérique, envoyez 500 emails. Plus on parlera de vous et de votre roman, et mieux ce sera.

En revanche, si 500 chroniqueurs vous demandent un envoi papier à 5,28 € le timbre (tarif 2019 pour un poids de 251 à 500 g), vous aurez peut-être envie de rentabiliser vos 2 640 € rapidement. Non ?

Un chiffre pour tout comprendre

Une fois qu’ils ont lu le livre, les blogueurs rédigent une chronique et la mettent en ligne avec un lien (affilié ou non) vers un site marchand comme Amazon. Les visiteurs du blog peuvent ainsi cliquer sur le lien et commander le livre s’ils ont été convaincus par la chronique. Ça, c’est la théorie.

En pratique, bien sûr, peu de visiteurs cliquent sur le lien et encore moins achètent le livre. C’est ce qu’on appelle le taux de conversion. Plus le taux de conversion est haut et plus il y a de simples visiteurs qui deviennent des acheteurs. Un taux de conversion de 20 % signifie qu’un visiteur sur cinq achètera le livre. Ce qui est énorme.

Le site convertize.com nous indique que le taux de conversion moyen pour les produits culturels en 2016, en France, était de… 1,6 %

barometre-conversions-2016

Oui vous avez bien lu, il y a une virgule entre le 1 et le 6. Ce n’est pas une faute de frappe.

Cela signifie que moins de 2 visiteurs sur 100 cliqueront sur le lien des blogs littéraires pour acheter votre livre. Autant dire que les chances sont minces. Pour espérer vendre grâce à un blog littéraire, vous devez donc miser sur ceux qui ont un ÉNORME trafic, car plus ils auront de visiteurs (et des visiteurs de qualité de préférence), plus vous aurez de chance d’en convertir un nombre important.

Et là, vous me posez LA question : « Comment je fais pour savoir quel blog a du trafic ? »

Comment connaître le trafic d’un blog

Les résultats Google

Connaître le trafic d’un blog revient à vouloir connaître sa popularité et surtout la qualité de son référencement. C’est logique, plus un site est facile à trouver sur Google et plus il aura de visiteurs.

Pour cela, une simple recherche Google vous permettra de déterminer les blogs littéraires les plus populaires du net. Tapez « Blog littérature » dans la barre de recherche, et voyez ce qui sort. Plus vous vous éloignerez de la première page et plus le trafic baisse, et il descend très rapidement. Allez-vous souvent sur la page 2 d’une recherche Google ? Non ? Dites-vous que vous êtes loin d’être le seul.

S’adresser aux blogs sortant dans les 10 premiers résultats offre un avantage et un inconvénient qui sont le pendant l’un de l’autre.

L’avantage de ces sites est que, en étant chroniqué par eux, vous bénéficierez d’une énorme visibilité auprès d’un trafic très important (si vous voulez connaître précisément le trafic de ces sites, rendez-vous à la partie sur les statistiques, plus bas).

L’inconvénient est, évidemment, que ces blogs ultra-populaires sont très sollicités par les auteurs et les maisons d’édition. Ces sites ne viennent généralement pas vous chercher pour vous proposer une chronique. C’est à vous de les démarcher pour les convaincre de vous chroniquer… et la concurrence est féroce.

Les commentaires

Si vous préférez la qualité à la quantité, voici un moyen moins connu, mais efficace de savoir si un blog littéraire peut être rentable : le nombre de commentaires.

Un point important pour le taux de conversion est la qualité de la relation qu’entretient le blogueur avec ses lecteurs. Si le blogueur a su établir une relation dynamique et de confiance avec son lectorat, celui-ci aura tendance à interagir plus souvent avec ses chroniques de livre.

Pour mesurer cela, le nombre de commentaires en bas de page des chroniques peut être un très bon indicateur, surtout si ces commentaires sont des retours sur le livre conseillé.

Des commentaires du style « J’ai suivi votre conseil et c’est vrai, ce livre est génial ! » valent de l’or, car non seulement ils confirment votre preuve sociale, mais en plus ils prouvent que les lecteurs du blog sont très actifs.

Les statistiques

Pour ceux qui veulent des indicateurs clairs, nets et précis, sachez qu’il existe plusieurs sites qui permettent d’obtenir des informations statistiques sur un site internet, juste en donnant leur adresse web. Alexa ou Checkpagerank sont les plus populaires.

Ses sites offrent généralement ce service gratuitement pour les premières demandes. Les résultats sont instantanément disponibles et consultables, mais il vous revient d’analyser les différents indicateurs.

Parmi eux, le plus connu et le plus accessible est sans doute le Page Rank.

Il s’agit d’un code développé par Google qui permet de mesurer la popularité d’un site à travers le nombre de partages de liens sur d’autres sites. Je m’explique…

Quand un site A insère, dans un article, un lien vers un site B pour dire « Vous devriez lire l’article “nom de l’article” du site B. Il est vraiment génial », Google considère que ce lien témoigne de la qualité et de la popularité du site B et augmente son Page Rank.

Un PageRank est toujours compris entre 0 et 10. Son calcul comprend un nombre astronomique de paramètres (la popularité du site qui intègre le lien, le format du lien, l’endroit du site où le lien est inséré, l’âge du capitaine et la pointure de ma grand-mère). Souvenez-vous seulement que plus un pagerank est proche de 10 et plus il est populaire et relayé sur le net par d’autres sites. Vous avez donc plus de chance de toucher un large public avec un site ayant un PR élevé.

PRank

NB : Les sites arrivant à un PR de 10 sont les dinosaures du net comme Google et YouTube. Un blog littéraire ayant un PR de 3 ou 4 sera un site très bien noté. La plupart des blogs littéraires ont un PR compris entre 0 et 2.

Soyez précis

Un dernier conseil : comme pour vos lecteurs, il est préférable de cibler les blogs auxquels vous enverrez votre livre plutôt que d’envoyer vos services de presse au petit bonheur la chance.

(Lisez l’article : « Comment cibler vos lecteurs »)

Il existe de nombreux blogs spécialisés dans des genres précis : jeunesse, science-fiction, fantasy, etc. Là encore, vous avez tout intérêt à privilégier la qualité à la quantité. Si vous avez écrit un roman fantastique, vous gagnerez à être référencé par un site dont 100 % des visiteurs sont des inconditionnels du genre.

Un site généraliste plus populaire vous permettra d’être vu par plus de personnes, mais combien parmi elles seront des amateurs de fantastique ? Vous n’en avez aucune idée.

Enfin, n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil sur le blog qui vous intéresse et vérifiez si :

1 — Votre livre s’inscrit dans le style de ceux qui sont généralement chroniqués et appréciés… sauf si vous faites partie de ceux qui pensent qu’il n’y a pas de « mauvaise » publicité.

2 — Vous voyez ou non des livres auto-édités. Les sites très populaires sont souvent tenus par des influenceurs très courtisés par les grandes maisons d’édition. L’absence de livre auto-édité est généralement le signe que votre roman sera très apprécié pour sa capacité à caler une armoire bancale. Gardez le prix du timbre et achetez-vous des croissants.

En conclusion

Est-ce que je vous conseille de laisser tomber les services de presse aux blogs littéraires ? Certainement pas.

Les chroniqueurs sont des rouages essentiels à l’auto-édition. Ils fournissent preuve sociale, soutien moral et visibilité sur les réseaux sociaux. Certains vont jusqu’à publier leur chronique en commentaire Amazon, ce qui vaut de l’or. Et à l’occasion, vous aurez la chance de développer des relations très amicales avec certains d’entre eux. Il ne faut donc pas s’en priver.

En revanche, ne croyez pas que votre présence sur ces blogs suffira à faire décoller vos ventes. Cela ne marche malheureusement pas comme cela. Vous avez donc intérêt à privilégier les envois dématérialisés et limiter les envois par la Poste (surtout si vous avez écrit un pavé), car ce n’est presque jamais rentable.

Il m’est arrivé d’échanger avec des blogueurs qui refusent les eBook et « exigent » du papier. J’ai poliment refusé en expliquant pourquoi et personne ne s’est vexé. N’hésitez donc pas à leur dire gentiment « non merci ».

Merci à Damien du site « Les Nouvelles du Dragon » pour m’avoir suggéré le sujet de cet article. Si, vous aussi, vous avez une idée de sujet que vous voudriez me voir aborder ici, envoyez-la par email en cliquant sur ce lien.

Image parArek Socha de Pixabay 


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

6 commentaires sur “Comment choisir les blogs littéraires pour son livre”

  1. Article très intéressant. Je sors justement un roman sur Amazon le premier septembre. Je me posais justement la question des chroniques. J’ai expérimenté l’envoi papier pour le précédent roman, ce qui n’a en rien influencé les ventes. Je ne renouvellerai donc pas l’expérience.

    Cependant, je pense que les commentaires ou chroniques ou quelque soit le nom qu’on leur donne sont importantes. Je ne vais donc pas négliger cette partie.

    Que c’est dur, la vie d’auteur… lol.

    Merci pour tous ces supers articles que je lis chaque fois avec intérêt.

    1. Merci pour ton commentaire et… oui, c’est dur la vie d’auteur. Il m’a paru important d’écrire sur ce sujet, d’abord parce que c’était une demande d’un lecteur, et aussi car beaucoup d’auteurs s’interrogent “J’ai beaucoup de bonnes chroniques sur des blogs, pourquoi est-ce que mes ventes ne décollent pas?”
      La raison est simple: parce que ce n’est pas fait pour cela. Comme le dit Isandre dans son commentaire: “Un blog n’est pas une boutique” et, à l’instar des réseaux sociaux, ils ne servent pas à vendre.

  2. Voilà que je trouve très intéressant en tant que blogueuse aussi. Je fais partie de celles obligées de demander du papier pour l’instant pour des questions de vue (pourtant le numérique m’arrangerait aussi pour des questions de désencombrement !), en revanche cela ne me dérange pas de recevoir un exemplaire papier qui a des défauts et ne pourrait être vendu. La recommandation de visiter les blogs avant de proposer un ouvrage me semble indispensable, pour être sûre aussi que le blogueur est sérieux, et qu’il reste bienveillant même en cas de critique négative et,e n premier lieu, pour vérifier qu’il lit bien le genre que l’on va lui proposer. Je pense aussi que ce qui est intéressant, ce n’est pas d’être chroniqué sur un blog mais sur plusieurs. Je pense que si un lecteur voit un nom sur plusieurs blogs, il a plus de chances de commencer à se pencher dessus. Perso, quand je lis la critique d’un blogueur et qu’un livre m’intéresse, je vais voir si les autres sont du même avis… Ensuite, effectivement, il ne faut pas confondre les blogueurs avec une boutique qui va vendre des livres, je pense qu’une chronique c’est plus équivalent à un service de relations publiques (donc la partie raisons non financières de l’article, que cela pourrait être intéressant de mieux développer). Et personnellement, si j’ai apprécié un ouvrage et que le courant est bien passé avec son auteur, il y a des chances que je fasse d’autres collaborations avec lui sur le blog en plus de la chronique, genre interviews, etc… Alors je pense que je conseillerais de nouer de bonnes relations avec des blogueurs, et de ne pas penser que “chroniques ponctuelles”. Après tout, un blog, normalement, c’est du long terme, alors autant en profiter. Ne pas hésiter à se renseigner aussi, certains blogueurs sont d’accord pour s’envoyer l’ouvrage de l’un à l’autre pour éviter des frais à l’auteur. Enfin, personnellement, en tant que blogueuse, j’aimerais bien que l’on m’explique plus précisément l’impact de laisser un commentaire sur Amazon ? Je vois que les auteurs trouvent cela important.

    1. Je suis com-plè-te-ment d’accord avec ton commentaire. “Un blog n’est pas une boutique” voilà une phrase qui résume parfaitement ce que j’ai voulu dire à travers cet article. Je la reprendrai dans la vidéo de la semaine avec ton aimable autorisation.
      Quant aux commentaires Amazon (ou Kobo, ou Ibook d’ailleurs), ils représentent une énorme preuve sociale, un des deux ou trois éléments qui vont pousser un lecteur à franchir ou non le pas de l’achat. Plus il y a de commentaires, plus le livre devient attractif. C’est aussi simple que ça, sans compter qu’Amazon fait des propositions de mise en avant à partir du 50e commentaires.

  3. J’avoue que je n’ai jamais pensé aux blogs littéraires. Déjà, je n’ai pas imprimé d’exemplaires papier jusqu’à présent, finances oblige. Cela ne doit pas aider de ne pouvoir proposer que du numérique. Ensuite, je ne fréquente aucun de ces blogs. Cela me dérangerait un peu j’avoue de démarcher un blog uniquement pour “vendre” mon produit, mais j’imagine qu’il faut savoir à un moment donné bousculer sa timidité virtuelle. Il va falloir que j’en visite quelques-uns pour me faire une idée déjà. Merci en tout cas pour la suggestion.

    1. Il est vrai que proposer son livre uniquement au format numérique écarte un certain nombre de blogueurs qui sont attachés au papier. Ils sont cependant de plus en plus nombreux à avoir adopté la liseuse.
      Pour se faciliter les choses, il y a la possibilité de passer par des sites comme simplement.pro qui met auteurs et chroniqueurs en relation (J’y ai consacré un article. Voici le lien: https://ecrire-et-etre-lu.com/decouvrez-le-site-simplement-pro/)
      Via ce type de sites ou en direct, il n’y a pas de gène à avoir car c’est un échange de bons procédés. Les auteurs cherchent à faire parler de leur livre et les blogueurs sont avides de lectures nouvelles. Ce sont des faits acceptés des deux côtés.

Laisser un commentaire