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Commencer à écrire - BK

“La façon de commencer est d’arrêter de parler et de commencer à faire”. Walt Disney

Quand j’ai voulu (re)commencer à écrire, en septembre 2017, j’étais tout excité et plein d’ambition et de bonnes idées d’histoires. Je débordais d’envie et je sentais le bout de mes doigts frémir à l’idée de tapoter les touches sur la clavier. Je me voyais déjà gagner des concours de nouvelles et rentrer dans le peloton de tête des auteurs les plus vendus sur Amazon.

De quoi a-t-on besoin pour commencer à écrire?

Je suis parti, la fleur au fusil, convaincu que, nous, auteurs, n’avons besoin que de papier, d’un stylo et d’inspiration (peut-être d’un ordi et d’une prise de courant si on est moderne). Que nous ne sommes pas comme ces peintres, ces sculpteurs et musiciens qui ont besoin d’un atelier, d’une collection de pinceaux, de gouges et de milliers d’euros de matériel d’amplification.

 

Six semaines plus tard, devinez combien de page j’avais déjà fièrement écrit. Je vous donne un indice, le chiffre est compris entre rien et zéro. Rien, niente, nib, nada, nothing. Je paressais devant Facebook, je préparais le diner, j’aidais ma fille à faire ses devoirs, oui. Mais écrire? Non.

 

Mon erreur a été de croire qu’il ne fallait que de l’inspiration et un peu de matériel pour écrire, mais cet art demande trois éléments très concrets qui sont aussi importants qu’ils sont négligés par la plupart des auteurs débutants: de l’espace, du temps et de la volonté.

 

 

1/ Le Temps

 Je pense que personne ne me contredira si j’affirme que l’écriture est un art solitaire. Bien sûr, il y a des étapes par lesquelles il est bon (et même conseillé) d’être aidé par des bêta lecteurs, des correcteurs, des graphistes, etc. mais le premier jet se fait seul.

La pression à froid de notre cervelle pour en sortir des personnages, des intrigues et des rebondissements nécessite de l’isolement et de la quiétude pour permettre une immersion totale dans le monde que nous créons.

 

Difficile (pour ne pas dire impossible) de pondre quelque chose de potable si vous êtes dérangés toutes les 5 minutes pour savoir ce que vous voulez manger pour diner, si vous avez savez où est le chat ou si un décilitre est plus ou moins grand qu’un centilitre (et pour la dernière fois: j’en sais rien, ok? Demande à ta mère.).

 

Il est nécessaire de se réserver du temps pour écrire:

Un moment de la journée pendant lequel vous ne ferez que cela. Ce sera votre moment à vous, celui où vous déversez votre imaginaire sur l’écran ou le papier et il est aussi important (voire plus) que n’importe quelle autre tâche de la journée.

Et la, vous allez me dire:

“Tout ça c’est bien joli, mais je n’ai pas le temps, moi! Entre le boulot, le ménage, les enfants, les courses et le reste, il ne me reste plus de temps libre à la fin de la journée.”

Si vous êtes convaincu de cela, faites une petite expérience. Pendant une journée “normale”, enclenchez le chronomètre de votre téléphone et notez véritablement les heures et les minutes de votre journée et à quoi vous les occupez. Soyez précis et honnête. Alors, comme moi, vous verrez sans doute le temps que vous passez chaque jour devant les jeux vidéos, devant les réseaux sociaux, le temps que vous passez à lire les livres des autres, à lire la presse, à regarder les histoires des autres sur Netflix et, vous serez forcé de constater que vous avez du temps libre. Il est juste mal employé.

 

A partir de là, un concept a germé dans mon esprit (ou peut-être l’ai-je piqué ailleurs. Franchement, je ne me rappelle plus 😉 ). Un concept qui est devenu un engagement avec le temps que je vous invite à reprendre à votre compte:

“Je dois produire plus que je ne consomme.”

 

Vous devez plus écrire que vous ne lisez. Vous devez plus créer que vous n’ingérez les créations des autres. Voyez cela comme un régime diététique. Pour maigrir, vous devez brûler plus de calories que vous n’en consommez. Le jogging du matin doit être assez intense pour éliminer les dégâts de la pizza de la veille. Les livres, magazines, films et séries télé que vous consommez sont la pizza et vos séances d’écriture représentent le jogging.

 

“Produisez plus que vous ne consommez” Faites-en votre devise.

 

Pour y arriver, voila ma méthode en trois étapes:

Étape 1

Fixez-vous une plage horaire quotidienne réservée à l’écriture. Cette plage horaire peut être à n’importe quel moment de la journée, à adapter avec votre agenda et d’une longueur qui vous permet d’atteindre votre objectif quotidien (je parle de l’objectif quotidien dans la partie détermination). Cela peut-être une heure quand vous rentrez du boulot le soir ou 30 minutes, le matin, pendant que tout le monde dort encore dans la maison (c’est ainsi que JK Rowling a écrit le premier tome d’Harry Potter).

Personnellement, je préfère avoir une seule plage horaire assez longue car cela me permet de vraiment m’immerger dans mon histoire; mais il est possible de caler plusieurs plages horaires de quelques minutes si vous le préférez ou si votre agenda ne vous permet pas de faire autrement.

Une fois que cette plage horaire est fixée, respectez-la. Qu’il neige, qu’il pleuve ou vente, c’est votre moment écriture. Il est réservé à cela et ne souffre presque aucune exception.

(le “presque” de la phrase précédente est réservé exclusivement aux situations suivantes: la maison est en feu, votre enfant a avalé une petite cuillère, votre belle-mère menace de ne plus jamais revenir.)

 

Étape 2

Prévenez vos proches (conjoint, parents, enfants, amis). Expliquez-leur votre projet pour qu’ils y adhèrent et pourquoi vous le faites pour qu’ils le respectent. Dites leur que vous avez besoin de ce moment d’isolement pour le mener à bien. Communiquez leur votre plage horaire et engagez-vous à respecter sa durée. Discutez-en avec eux le temps qu’il faudra.

Cette étape ne doit pas être négligée. Vos proches ne comprendront pas pourquoi vous vous enfermez soudain chaque soir en refusant de parler à qui que ce soit. Cela générera des incompréhensions, potentiellement de la tristesse ou des conflits. Il est important pour votre réussite littéraire et pour le bien-être de vos proches que vous en discutiez auparavant avec eux. Les deux sont importants.

Ne vous arrêtez pas d’échanger tant que tout le monde ne s’est pas engagé à respecter votre quiétude pendant la plage horaire que vous avez fixée.

Si vous respectez votre engagement sur ces plages horaires et si vos proches se sont engagés à ne pas vous déranger, alors vous serez en droit de fermer votre porte au reste du monde quelques minutes par jour.

 

Étape 3

Le jour “J” à l’heure “H”, coller un panneau “NE PAS DÉRANGER” sur la porte de votre bureau, confiez les enfants à votre conjoint, à votre mère ou à la voisine, éteignez votre téléphone et désactivez les notifications email, Twitter et Facebook. Bref, éliminez toute les sources potentielles de distraction. Votre temps d’écriture est limité, ne le gaspillez pas en lisant vos messages ou en regardant des vidéos de chatons sur internet.

La concentration, tout comme la volonté, est un muscle que l’on peut travailler. Si, au début, vous avez du mal à rester concentré sur votre travail sans avoir l’esprit qui divague ou l’envie de consulter vos messages sur votre téléphone…

… essayez la méthode Pomodoro:

C’est une technique de gestion du temps développée par Francesco Cyrillo à la fin des années 80. Ce scientifique italien a découvert que des phases de concentration de 25 minutes entrecoupées par des pauses de 5 minutes favorisent l’agilité intellectuelle et la productivité.

Pour ce faire, il utilisait un minuteur de cuisine en forme de tomate (“pomodoro” veut dire “tomate” en italien) et découpait ses séances de travail ainsi:

  • décider de la tâche à effectuer ;
  • régler le pomodoro (minuteur) sur 25 minutes ;
  • commencer à écrire jusqu’à ce que le minuteur sonne et la noter comme faite ;
  • prendre une courte pause (5 minutes) pendant laquelle vous pouvez faire tout ce que vous voulez ;
  • tous les quatre pomodori prendre une pause un peu plus longue (15-20 minutes).

 

Cette technique peut être utilisée dans tous les domaines, mais je la trouve particulièrement efficace pour développer l’efficacité et les capacités de concentration. A essayer donc!

 

 

stop

 

Avant de poursuivre la lecture de cet article, répondez à ces questions:

– Quelles activités (télé, jeux vidéo, réseaux sociaux), suis-je prêt à arrêter pour dégager du temps pour l’écriture?

– Quelle(s) plage(s) horaire(s) puis-je consacrer à l’écriture? Quelle volume cela représente-t-il par jour en minutes? en heures?

– Quel impact cela va-t-il avoir sur mes proches? Qui sera concerné? Que vais-je leur dire pour leur expliquer et quand vais-je leur dire?

 

N’attendez pas, faites-le maintenant.

 

2/ L’Espace

 

Ça y est? C’est fait? Oui. Alors on continue.

Votre plage horaire est arrivée, vous êtes motivé, votre ordinateur dans les bras, prêts à le poser sur la table de la salle à manger et là, c’est le drame: la table est encombrée par la vaisselle sale du déjeuner ou par la boîte de crayons de couleur du petit dernier qui fait un dessin pour maman. Dans la  même pièce, votre mari regarde le foot en gueulant sur l’arbitre ou votre femme parle au téléphone avec sa mère (ou vice-versa, je ne voudrais pas être taxé de misogynie) et le chien vient sans arrêt poser sa balle sur vos genoux pour que vous la lui lanciez.

 

Pas possible d’écrire ainsi. Vous avez besoin d’espace autant que vous avez besoin de temps. Les deux sont nécessaires.

 

Cet espace devra être le vôtre pendant le temps où vous écrirez et doit comporter deux choses:

  • le matériel dont vous avez besoin pour écrire (1 table, 1 chaise, 1 lumière, 1 prise pour l’ordi)
  • une porte qui ferme.

 

Et c’est tout!

 

Pas besoin d’un bureau de 30m² avec vue sur la mer, pas besoin de mobilier en chêne massif avec un fauteuil en cuir de vache. A la vérité, plus votre lieu de travail est petit et moche et mieux ce sera. Tout comme les sources de distractions dans le paragraphe précédent, moins il y aura d’élément perturbateur (photos, bibelots, vue sur l’extérieur, etc.) et plus vous serez concentré sur votre travail.

 

JK Rowling a écrit “Harry Potter à l’école des sorciers” sur la table de sa cuisine, tôt le matin, pendant que ses enfants dormaient. Stephen King a écrit “Carrie” dans la minuscule buanderie de la caravane qu’il occupait avec sa femme, sa machine à écrire en équilibre sur les genoux. Quant à moi (sans vouloir me comparer à ces deux géants), j’écris cet article dans le dressing encombré de ma petite maison de village.

 

Et là, vous allez me dire: “C’est super ce que tu me racontes, mais moi je vis dans une chambre de bonne de 9m² avec mes 8 frères et sœurs. Je n’ai pas de dressing ou de buanderie dans lequel m’installer.”

Ok, alors voilà ce que je vous propose:

  • Repérez la médiathèque la plus proche de votre domicile,
  • Installez-vous là-bas dans un coin discret et confortable,
  • Chaussez vos écouteurs et jouez votre playlist préférée depuis votre portable ou votre MP3

     

    Bien sûr, un café, un Starbucks ou un PMU peuvent aussi faire l’affaire, mais une médiathèque à l’avantage d’être climatisée, calme, gratuite et dispose d’une ressource documentaire et d’un accès à internet pour faire vos recherches. Que demande le peuple?

 

 

stop

 

Avant de poursuivre la lecture de cet article, répondez à ces questions:

– Existe-t-il, chez moi, une pièce qui est disponible pendant mes plages horaires d’écriture?

– Si oui, dispose-t-elle du matériel nécessaire à l’écriture? ou peut-il être installé facilement? (table, chaise, lumière, prise de courant et porte qui ferme)

– Si non à l’une des questions précédentes, existe-t-il un endroit publique (médiathèque, bar, café, etc.) à proximité de mon logement ou de mon travail dans lequel je peux m’installer pour écrire?

N’attendez pas, faites-le maintenant.

 

 

3/ La Volonté

 

Maintenant que vous avez le temps d’écrire et l’endroit pour cela, il ne vous reste plus qu’à entamer la partie la plus effrayante: commencer à écrire. Car commencer fait peur. Commencer demande du courage et il est très facile de perdre tous ses moyens et sa belle motivation dès qu’on se retrouve seul face à un écran blanc et qu’il faut concrétiser les images et les idées que l’on a dans la tête.

 

A partir de là, notre cerveau cherche toutes les excuses possibles et imaginables pour retarder l’échéance: j’ai mal dormi, je suis fatigué, j’ai passé une mauvaise journée, je n’ai pas d’inspiration, pas d’idée, je ne trouve pas mes mots, etc. etc.

Ce type de raisonnement se finit toujours de la même façon: en slip devant Netflix en mangeant des chips (enfin… là, je parle pour moi) et notre roman génial dont nous parlons à tout le monde depuis des jours n’avance pas.

 

Le plus terrible est que, une fois que l’on a commencé, souvent, les choses se déroulent d’elle-même. Les situations et les dialogues s’enchainent sans problème. C’est le premier pas qui coûte le plus.

 

Alors que faire? Voici trois techniques que je vous propose de cumuler. Elles peuvent s’appliquer dans le désordre et indépendamment l’une de l’autre, mais utiliser les trois en même temps vous garantit un démarrage dans les minutes qui suivent:

Premiere technique

 

“Better things done than perfect”

Cet adage anglophone signifie qu’il vaut mieux une chose faite qu’une chose parfaite (sous-entendu que les choses parfaites n’existent pas et ne sont donc jamais réalisées).

Sur la base de ce proverbe plein de bon sens, la première technique consiste à ignorer les excuses qui tournent dans votre tête et à écrire sans vous soucier de la qualité de votre production.

Vous n’en avez pas envie? Écrivez quand même.

Vous ne vous sentez pas prêt? Écrivez quand même.

Vous n’avez pas d’idée? pas d’énergie? Écrivez quand même.

Peu importe si c’est mauvais. Peu importe si vous balancerez tout à la poubelle quand vous aurez fini. L’important est de commencer. Vous ferez mieux la prochaine fois.

La deuxième technique

Elle revient à tromper votre cerveau sur l’ampleur de la tâche.

Attaquer en pensant à toutes les pages de votre roman qui restent à remplir peut être décourageant. Alors pourquoi ne pas commencer par seulement cinq petites minutes d’écriture? Cela ne peut pas faire de mal, pas vrai?

Lancez le chronomètre de votre téléphone portable ou de votre montre sur 5 minutes. Pendant ces cinq minutes, astreignez-vous à travailler sur votre projet. Si, par miracle, le blocage a sauté avant la fin du chrono et que vous êtes lancé, continuez! Winking smile

 

La troisième technique

Elle a particulièrement bien fonctionné avec moi. Fixez-vous un objectif quotidien en matière de quantité.

Par exemple, pour l’écriture de “Charlie et le magicien invisible”, je me suis fixé l’objectif d’écrire 1 000 mots par jour. Peu importe la journée que j’avais eu ou la soirée qui m’attendait, je ne m’arrêtais pas avant d’avoir mes 1 000 mots.

Parfois ces mille mots étaient de bonne qualité. Parfois ils étaient catastrophiques et je devais tout reprendre le lendemain. Dans le deuxième cas, ce n’était pas grave car mes écrits de la veille n’avaient pas été fait en vain. Ils m’avaient permis de savoir ce que je ne voulais pas et, par conséquent, d’avoir une meilleure idée de ce que je voulais.

Mille mots par jour est une technique qui a très bien fonctionné pour moi car elle correspondait au temps que je pouvais consacrer chaque jour à mon roman et à ma capacité de production.

Peut-être avez-vous besoin d’un objectif quotidien moins exigeant? pas de problème, baissez le à 750 mots/jour ou même 500. SI vous écrivez comme vous respirez et que 1 000 est trop bas pour vous, tant mieux! Montez la barre à 1 500 ou 2 000. Vous terminerez plus vite.

 

NB: chaque logiciel de traitement de texte dispose d’un compteur de mots et de caractères du texte sélectionné. Dans le cas de Libre-Office (logiciel gratuit et équivalent à Word), vous devez sélectionner votre texte, puis allez dans le menu “Outils” et cliquez sur “Statistiques”.

 

stop

Après avoir terminé la lecture de cet article, répondez à ces questions:

– Quelles sont les raisons qui m’incitent à repousser ma séance d’écriture au lendemain?

– Ces raisons font-elles partie des raisons listées plus haut (ou équivalent)? (pas envie, pas prêt, pas d’énergie, pas d’idée)

Si tel est le cas, appliquez une ou plusieurs des techniques indiquées ci-dessus.

 

N’attendez pas, faites-le maintenant.

 

 

Comment commencer - Kathy Ponce

“Tout ce qu’il faut pour finir, c’est commencer.” – Photo de Kathy Ponce

 

J’ai terminé. J’espère que cet article vous a plu et que vous êtes maintenant prêt à commencer à écrire. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le faire savoir dans les commentaires ci-dessous et partagez vos trucs et astuces pour vous pousser à vous mettre au travail quand vous n’en avez pas envie.

 

Ciao


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