Comment mieux comprendre ses personnages

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L’auteur a un point commun avec le comédien : à un moment, il doit se glisser dans la peau de son personnage pour mieux le comprendre, et surtout, savoir ce qu’il/elle penserait ou ferait dans telle ou telle situation du récit. Pour cela, le comédien travaille et apprend des techniques qui sont la base de son art, mais l’écrivain, lui, n’a pas cette chance.

Parce que se prendre pour quelqu’un d’autre n’est qu’une petite facette de son activité, l’auteur ne peut y consacrer autant de temps que l’acteur. C’est pourquoi je vous propose une méthode qui vous permettra, en moins d’une heure, de comprendre vos personnages en profondeur.

Attention !

Je ne parle pas ici des fiches personnage. Ces fiches font partie de la trousse à outils de l’auteur et doivent être les plus complètes possible. Dans ces fiches, vous écrivez une description complète de votre personnage, son passé, ses traits de personnalité, ses origines sociales, etc. Même si vous ne vous servez pas de ces informations dans votre roman, elles serviront à rendre vos personnages les plus aboutis possible. Si vous cherchez un modèle de fiche personnage, je vous conseille celui de writecontrol qui est très complet.

La méthode que je vous propose ici est complémentaire à la fiche personnage et ne doit pas se substituer à elle.

Le Design thinking

Il s’agit d’une méthode utilisée par les sociétés qui sont très orientées « innovation ». Des entreprises qui cherchent en permanence à développer de nouveaux produits pour répondre au maximum aux besoins de leurs consommateurs.

Cette méthode se compose de nombreuses étapes d’enquête sur le terrain, de prototypage, de test, etc. qui ne nous intéressent pas. La seule qui nous concerne en tant qu’auteur est la phase de la « carte d’empathie ». Lors de cette étape, les designers essaient de se mettre à la place de leurs clients cibles pour déterminer quels sont leurs besoins. Je vous propose d’utiliser cette méthode efficace pour rentrer dans les chaussures de nos personnages.

Un exemple pour le faire ensemble

Pour illustrer cet article, je vous propose de prendre l’exemple d’un personnage. Celui d’une nouvelle actuellement en cours d’écriture.

Ce personnage est une jeune femme de 25 ans nommée Véronique Peyrot. Elle est plutôt jolie et travaille dans la vente de parfumerie de luxe à Paris. De nature plutôt frivole et sociale, elle aime sortir en boîte avec ses amies, vivre sa vie à pleine vitesse et prend peu de temps pour s’occuper d’elle-même. Adepte du fast-food, son hygiène de vie est mauvaise. Son grand but dans la vie (avant que l’histoire ne commence) est de trouver l’âme sœur. Dans cette nouvelle qui la met en scène, Véronique va découvrir que des bâtonnets de surimi lui poussent directement sur la poitrine (oui, oui, vous avez bien lu).

Cette situation est, évidemment, la base de mon histoire. La grande question est : comment va-t-elle réagir ? Que va-t-elle faire ? Car le déroulement de mon histoire va grandement en dépendre.

En tant qu’homme de 40 ans (hum… passés) qui ne mange que du poisson frais, j’ai du mal à cerner ce qu’une jeune femme de 25 ans ferait si une telle chose lui arrivait. Je vais donc suivre les trois étapes pour rentrer dans sa peau.

1 — La fiche personnage visuelle

Pour cette première étape, vous allez reprendre les grandes lignes de votre fiche personnage écrite et vous allez la retranscrire en dessin sur le papier avec des crayons ou des feutres de couleur.

Hop hop hop! Les deux du fond qui se barrent sous prétexte qu’ils ne savent pas dessiner. Revenez ici tout de suite !

En effet, pas besoin d’être Michel-Ange pour cela. Si vous êtes au niveau « bonhommes bâtons » de la cour de maternelle, sachez que cela fonctionnera très bien.

Le but est d’ancrer la fiche personnage par des portraits, des symboles, des idiomes ou toute autre forme de représentation graphique pour que notre cerveau (qui carbure aux images à 80 % de son temps) l’intègre le plus possible.

Pas de rubrique obligatoire sur la constitution de cette fiche visuelle. Prenez les éléments qui vous semblent les plus importants et amusez-vous à les rendre graphiques. Mettez de la couleur. Faites-vous plaisir.

Un point important : vous devez tout faire vous-même pour bien l’intégrer. Cela signifie que les collages sont interdits. Dessin uniquement.

Pour illustrer, voici la fiche visuelle de notre pauvre Véronique (n’applaudissez pas mes talents de dessinateur. Ce n’est pas utile;) )

6 bis

2 — La carte d’empathie

On rentre dans le vif du sujet avec cette étape qui est sans doute la plus importante des trois. Ici, pas de dessin, mais un échange de chaussures entre vous et votre personnage (pensez à les récupérer après). La carte d’empathie se présente sous la forme du schéma ci-dessous.

6 ter

Pour la remplir, il est nécessaire de commencer par les observations du personnage sur ce qui l’entoure dans le contexte de l’histoire. Par exemple, qu’est ce que Véronique entend autour d’elle quand ces bâtonnets de surimi commencent à se voir sous son pull. Quelles sont les réactions de son entourage (amies, famille, collègues, etc.) ? Qu’est ce qu’elle voit, observe, tout autour d’elle dans cette situation très inédite.

Ensuite, quelles pensées vont se former dans l’esprit de Véronique suite à ces observations. Quelles vont être les petites phrases qui vont traverser son cerveau ?

Enfin, que va-t-elle faire ou dire dans le prolongement de ses pensées. Ces actions doivent être concrètes et se retrouveront très probablement dans votre histoire.

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3 — Les vignettes

Troisième et dernière étape, il faut récupérer les crayons de couleur et les feutres et repartir sur sa planche à dessin.

Comme nous avons ancré la fiche personnage avec des visuels dans notre cerveau, nous allons nous imprégner de la carte d’empathie en créant une série de vignettes sous la forme d’une petite bande dessinée.

Ces vignettes ne sont pas là pour raconter l’histoire (ce n’est pas un story-board contrairement à ce que je dis maladroitement dans la vidéo), mais pour placer le personnage dans toutes les situations du roman qui vont générer une réaction chez lui.

Dans le cas de Véronique, et puisqu’il s’agit d’une histoire courte, c’est quasiment toute l’histoire qui apparaît sur ces vignettes. Dans le cadre d’un roman, cependant, il conviendra de se concentrer sur les moments forts du récit, voire d’extrapoler sur des situations qui n’y apparaîtront pas. Le but est de comprendre et de ressentir le personnage, pas de raconter une histoire.

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Une fois ce travail fait, vous avez une vision concrète et précise de la psychologie de votre personnage et vous pouvez le laisser vous guider à travers l’intrigue et les événements de votre propre roman.

Cet article est maintenant terminé, j’espère qu’il vous a plu. Si c’est le cas, merci de le partager un max. Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ce blog, et cela fait chaud au cœur. N’oubliez pas que vous pouvez donner, en commentaire, des idées de sujets que vous aimeriez voir traités dans ces pages.

Dans le prochain article, nous parlerons du budget de l’auto-édition d’un roman. Combien ça coûte et comment peut-on faire pour moins cher ?

Ciao 😉


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  1. Drabo

    Moi je remercie pour toute ses details

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