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corriger son roman 2

Suite et fin de la méthode que je vous propose pour corriger son roman.

Dans la première partie, nous avons vu quel état d’esprit est nécessaire pour ne pas brûler dans les flammes du doute lors de cette phase ô combien redoutée et inévitable ! Nous avons également abordé les différentes formes de corrections adaptées à votre façon d’écrire puis la méthode que je vous propose pour corriger son roman avec les deux premières étapes : la procrastination utile et la première correction également appelée « Porte fermée ». Quelle est la prochaine étape ? C’est la question qui brûle toutes les lèvres depuis une semaine…

3e étape : La correction « porte ouverte »

Franchement, vous ne l’aviez pas vu venir ?

Une fois votre roman en version 2.0 terminé, il est temps d’ouvrir la porte. Prenez votre courage à deux mains et confiez votre bébé à des lecteurs pour qu’ils vous fassent un retour critique et constructif : des bêta-lecteurs.

Je ne reviens pas sur la façon de trouver et de choisir des bêta-lecteurs. Pour plus d’information sur ce point précis, vous pouvez lire l’article « Comment trouver des bêta-lecteurs ».

Pour avoir des retours exploitables de leur part, vous devez les y aider. Le but n’est pas de les influencer pour qu’ils trouvent votre roman génial, ce serait contre-productif. Au contraire, ils doivent vous dire tout ce qui ne va pas dans votre livre pour que vous puissiez le corriger. Les bêta-lecteurs ne sont pas des professionnels de l’édition. Si vous voulez avoir des retours utiles, vous devez donc leur fournir les outils pour cela.

L’outil

C’est un document que j’ai envoyé avec mon roman pour qu’ils le complètent. Il comprenait deux parties.

D’abord, un paragraphe qui expliquait ce qui était attendu d’eux : Dire ce qu’ils ont aimé ou n’ont pas aimé et pourquoi, ne pas s’attarder sur l’orthographe, ne pas hésitez à être critique, etc.

Ensuite, un questionnaire à remplir sur les points importants :

  • Les premiers paragraphes et la première page t’ont-ils donné envie d’aller plus loin dans ta lecture ? Sinon, quel était le problème à ton avis ?

  • Quel personnage as-tu aimé ou aimé détester ? Pourquoi ? Qu’as-tu aimé (ou détesté) chez lui ?

  • Les dialogues t’ont-ils paru naturels ? Sinon, lesquels t’ont paru artificiels, intéressants ? Pourquoi ?

  • Etc.

Ces questions ne sont que quelques exemples ciblés. Pour une liste de questions plus exhaustive, je vous recommande l’article « Apprendre à gérer la critique pour devenir un meilleur auteur » du site Mécanisme d’histoire.

Une fois en possession de ces précieux retours de lecteurs, n’oubliez pas de les remercier pour leur temps et leur travail et passez à l’analyse.

L’analyse

Bien sûr, vous n’êtes pas obligés de tenir compte de toutes les remarques faites. Certaines personnes ont du mal à faire la différence entre ce qui est intrinsèque à l’histoire et ce qui relève de sa construction. Par exemple, il ne faut pas prendre en compte une critique du genre « Je n’ai pas aimé ce personnage parce qu’il est méchant ». S’il est supposé être un salopard, c’est même un point positif (bien sûr, si le personnage en question est un bisounours, il faut vous poser des questions). En revanche, si on vous dit « Je n’ai pas aimé ce personnage, car il est plat et sans intérêt », là il y a quelque chose à creuser.

De la même façon, si cinq de vos six lecteurs vous disent adorer une scène et que le sixième la déteste… tant pis pour le sixième, mais cherchez tout de même à comprendre pourquoi il la déteste. Tous les goûts sont dans la nature et vos bêta lecteurs ne feront pas exception à la règle. Ne cherchez pas à faire plaisir à tout le monde. D’abord parce que vous n’y arriverez pas et ensuite, car c’est le meilleur moyen pour faire quelque chose de tiède qui, au final, ne plaira à personne.

Il peut également être intéressant de prioriser vos bêta-lecteurs. En d’autre terme, de donner plus d’importance aux remarques des uns par rapport aux autres. Pourquoi ? Pour donner l’avantage à votre public cible. Dans mon cas, « Charlie et le magicien invisible » est un roman à destination des 8/12 ans. Dans mon panel de lecteurs, j’avais 3 adultes et 3 enfants entrant dans mon créneau cible. J’ai donc privilégié les retours des 3 enfants quand ils étaient en désaccord avec les adultes (ce qui était rare).

Les retours de mes bêta lecteurs m’ont permis de détecter les problèmes suivants, parmi les plus importants :

– la charge émotionnelle de certaines scènes était trop légère. Lors d’évènements et de rebondissements importants, je n’avais pas assez souligné l’état émotionnel de mes personnages.

– À l’opposé d’un personnage principal trop plat, un de mes personnages secondaires était trop développé. Il y avait trop de précisions sur un passé qui n’apportait rien à l’histoire. Zou !… Aux oubliettes.

On m’a également demandé de donner plus d’informations sur certains personnages et certains éléments de l’histoire. Ces détails seront développés dans le tome 2, mais cela, bien sûr, les bêta lecteurs ne peuvent pas le savoir. 🙂

4e étape : La longueur

Corriger son roman est également le moment idéal pour s’attaquer à la longueur de son roman. Les auteurs aiment souvent « faire des phrases », rajouter des fioritures et des détails qu’ils trouvent jolis ou intéressants sur le moment. Cette dentelle surchargée peut cependant nuire au rythme de l’histoire ou perdre le lecteur dans une foule d’information dont il se fout royalement. Cette tendance naturelle est plutôt un avantage, car, lors de la correction, il est plus simple d’enlever que d’ajouter.

Le remède à cela est simple, efficace et peut-être douloureux pour l’amoureux des jolies tournures : il faut couper, tailler dans le gras jusqu’à arriver à la longueur souhaitée. L’abonné aux phrases longues et aux détails métaphoriques que je suis compatis sincèrement, mais c’est ça ou être rangé au rayon « somnifère » de la librairie.

Là, vous allez me dire : « C’est vraiment génial ton conseil, Jérôme, mais c’est quoi, la longueur idéale ? »

La réponse ne vient pas de moi, mais de Stephen King (oui, encore lui) et elle est toute mathématique :

Version 2 = Version 1 – 10 %

En d’autres termes : comptez le nombre de mots de votre brouillon et dites adieu à un dixième d’entre eux.

Pour cela, vous pouvez enlever des détails, supprimer des scènes entières ou la longue description du paysage de montagne dont vous étiez si fier. C’est au choix.

Pour l’anecdote, le style télégraphique qui a fait la réputation de James Elroy vient d’une demande de son éditeur de réduire de 100 pages le génial roman « L.A. Confidential ». Plutôt que de faire sauter des scènes entières ou des détails de l’histoire comme l’aurait fait n’importe quel auteur, James Elroy a conservé tous les éléments de son roman. Pour supprimer ces 100 pages, il a amputé chaque phrase des mots qu’il pouvait sans en altérer le sens. Vous êtes libre de tester cette méthode, mais à vos risques et périls. N’est pas James Elroy qui veut;) .

5e étape : Le correcteur

Enfin, et c’est là où j’en suis avec « Charlie et le magicien invisible », il est recommandé de confier son bébé à un professionnel pour chasser les dernières fautes d’orthographe et lourdeur de style : un correcteur.

J’ai encore peu d’expérience dans ce domaine alors je ne m’étendrai pas trop sur ce sujet. Je sais cependant que faire appel à un correcteur pro a un coût qui n’est pas négligeable. Ce n’est donc pas à la portée de tous les budgets.

Il existe également des logiciels de correction très efficace. Antidote 9, pour ne parler que de lui, est particulièrement apprécié des auteurs et permet de corriger les fautes d’orthographe, de ponctuation et détecte (entre autres) les répétitions, les phrases longues, les phrases passives et les maladresses. Le présent article est corrigé avec ce logiciel. Il a un coût lui aussi (99,95€ dans le lien affilié ci-dessous), mais peut être considéré comme un bon investissement si vous ne pouvez pas investir dans les services d’un correcteur à chaque Nouvelle.


Est-ce aussi efficace qu’un correcteur professionnel humain ? Je l’ignore. Ce sujet fera certainement l’objet d’un prochain article à l’issue d’une petite expérience que j’ai en tête. 🙂

Alors, corriger son roman, aussi inévitable et ennuyeux que la mort et les taxes ? Certes, mais pour qui veut être lu, c’est un « jeu » qui vaut toutes les chandelles.

Nous voilà au bout de cette deuxième et dernière partie. J’espère vous avoir aidé dans le processus de correction de vos romans. N’hésitez pas à laisser vos impressions et vos questions dans les commentaires ci-dessous, j’y répondrai avec plaisir.

Ciao.


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