Comment obtenir des chroniques pour son roman

Comment obtenir des chroniques pour son roman
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Comme vous, chaque auteur attend les chroniques de son roman comme le Messie. D’abord parce que, en lecteur assidu de ce blog, vous savez que les commentaires et chroniques représentent un élément fon-da-men-tal pour vendre un livre, et aussi parce que vous mourrez d’envie d’avoir un retour de « vrais » lecteurs qui vont écrire une « vraie » critique de votre travail.

Hélas, voilà plus d’une semaine que vous avez publié votre roman et vous avez beau vérifier chaque jour, le nombre de chroniques reste désespérément égal à la tête à Toto.

Le plus terrible, c’est qu’un livre sans chronique n’est pas un livre qui se vend, et un livre qui ne se vend pas n’obtient pas de chronique. C’est le serpent qui se mord la queue.

Alors, comment faire pour sortir de ce cercle vicieux ?

Quel est l’intérêt des chroniques pour son roman

Les chroniqueurs sont aux auteurs ce que les fleurs sont aux abeilles. Sans fleur, pas de miel. Sans abeille, pas de pollinisation. Les deux ont besoin l’un de l’autre et doivent travailler main dans la main.

Les chroniques ont un triple avantage :

1 — Elles sont parfois publiées à deux endroits : sur le blog de la chroniqueuse (90 % des blogueurs littéraires sont des femmes) et parfois sur la page de vente du livre,

2 — Les chroniques sont généralement plus fouillées et mieux construites que les avis de lecteurs lambdas, car les blogueuses ont plus de pratique.

3 — Les chroniqueurs écrivent aussi pour des lecteurs, et ces lecteurs amateurs de blogs littéraires sont généralement des mangeurs de livres ; du genre qui ont une PA.L. haute comme la tour Montparnasse, voyez ?

Pour trouver des blogueurs prêts à vous rédiger la chronique de vos rêves, je vous propose non pas une, mais deux méthodes qui s’adapteront à votre disponibilité et à votre porte-monnaie.

Les deux méthodes pour obtenir des chroniques pour son roman

Comme ma maman a l’habitude de le dire : « On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. »

Comprenez que les chroniques pour son roman doivent être payées d’une façon ou d’une autre. Soit avec votre temps et votre énergie, soit avec des euros sonnants et trébuchants. Vous devez faire votre choix en cohérence avec votre temps disponible et vos moyens financiers.

Lente et gratuite

Elle ne vous coûtera pas un seul centime, mais vous devez vous y mettre au moins 4 mois minimum avant la sortie de votre roman pour que vos chroniques soient prêtes à temps.

Les blogueurs littéraires sont nombreux, mais les auteurs en manque de chronique le sont encore plus, et les journées des blogueurs ne comptent que les 24 heures réglementaires. Dis autrement, il y a trop de livres à lire et à chroniquer et pas assez de temps pour tous les faire. Les blogueurs doivent donc faire un choix et refuser certaines demandes.

Ce choix se fait plus ou moins sur les mêmes critères qu’un lecteur lambda, c’est-à-dire la couverture et le synopsis, mais il y en a un en plus sur lequel il est possible de jouer : le capital sympathie.

Ce n’est pas clair ? Alors, posons le problème autrement :

Gilberte est une chroniqueuse bénévole qui consacre une bonne partie de son temps libre à la lecture. Sachant qu’elle n’a le temps de faire la chronique que d’un seul livre la semaine prochaine, que l’auteur du livre A est un parfait inconnu et qu’elle échange régulièrement sur Facebook avec l’auteur du livre B, déterminez quel livre Gilberte aura naturellement tendance à privilégier.

Vous avez 5 secondes.

Privilégier les personnes que l’on connaît et que l’on apprécie est une tendance tout ce qu’il y a de plus normale et de plus naturelle, mais bien sûr cela demande de construire et de maintenir une relation avec cette personne.

Rendez-vous sur les blogs, pages FB, Twitter ou Instagram de ces chroniqueuses. Commentez leurs publications, likez et partagez leurs chroniques, apportez-leur votre personnalité, votre valeur ajoutée et votre amabilité et vous verrez qu’elles vous le rendront lorsque vous en aurez besoin.

Certains pourraient trouver cela hypocrite, mais je vous assure que ça ne l’est pas, car se construire un tel réseau et de telles relations demande beaucoup de temps et d’authenticité.

Une personne qui ne souhaite que profiter de la bonté des autres se lasse très vite ou se fait très rapidement repérer. Comme je l’ai dit plus haut, chroniqueurs et auteurs ont besoin l’un de l’autre.

Chroniqueurs et auteurs sont comme la fleur et l'abeille. Indissociable.
Image par Capri23auto de Pixabay

Rapide et payante

Si vous n’avez pas le temps (ou pas envie) de vous lancer dans la construction d’un réseau de chroniqueurs, alors il ne vous reste plus qu’à mettre la main au portefeuille… mais rassurez-vous, pas de quoi vous ruiner non plus 😉

Il existe des sites spécialisés dans la mise en relation entre les auteurs et les chroniqueurs. Le plus connu est sans doute « Simplement Pro ».

(Lisez l’article : « Découvrez le site Simplement Pro »)

Son fonctionnement est assez simple : vous publiez gratuitement un service de presse en remplissant les champs nécessaires (titre, résumé, n° ISBN, nombre de pages, etc.). Ce service de presse sera alors accessible aux blogueurs qui pourront le consulter et demander à chroniquer votre livre.

Sauf que, là aussi, il y a de très nombreux services de presse publiés sur Simplement Pro, et que le vôtre peut facilement passer sous le radar.

Simplement Pro vous offre alors la possibilité, contre une dizaine d’euros, d’inclure votre service de presse à la liste des recommandations faites aux chroniqueurs par email, chaque semaine.

Votre roman va alors bénéficier d’une visibilité boostée et les demandes de chroniques suivront pour peu que votre couverture et votre résumé soient attrayants.

Le mélange des deux

Bien sûr, l’un n’empêche pas l’autre et vous pouvez parfaitement utiliser les deux méthodes en parallèle.

Certains se servent également de Simplement Pro comme d’un outil gratuit pour « chasser » les chroniqueurs, un peu comme on chasse le gibier d’élevage 😉

C’est un bon compromis entre les deux, car cela permet de simplifier l’étape absolument primordiale quand on cherche les avis de chroniqueurs, et ce quel que soit la méthode que vous retenez.

Et cette étape essentielle, c’est de…

Cibler les bons chroniqueurs

Tout comme vous devez cibler vos lecteurs avant de travailler votre stratégie marketing,  il faut également identifier le type de blogueurs à qui demander des chroniques pour son roman.

(Lisez l’article : « Comment cibler ses lecteurs »)

La ligne éditoriale

Les blogueurs sont comme tout le monde, ils n’aiment pas tous les genres et ne chroniquent que les romans qu’ils ont eu plaisir à lire.

Heureusement, cibler un chroniqueur est beaucoup plus simple que de cibler un lecteur, car ils affichent leurs préférences aux yeux du monde.

Imaginons que vous avez écrit un thriller fantastique, voici quelques méthodes pour trouver des blogueurs qui chroniquent ce genre de livres :

1 — Allez sur Google et tapez « chronique thriller fantastique ». Enlevez les sites mainstream comme Babelio ou Télérama et vous aurez une première sélection de chroniqueurs qui aiment ce genre de roman,

2 — Si vous trouvez que ce n’est pas assez précis, vous pouvez également viser les chroniques d’un roman ou d’un auteur particulier. Par exemple celui dont vous vous êtes inspiré pour écrire votre histoire ou trouver votre style,

3 — Rendez-vous sur Simplement.pro à la rubrique « Contributeurs ». Tapez # suivi du genre de roman qui vous intéresse (# FANTASTIQUE/THRILLER dans notre exemple) et appliquez un filtre pour que seuls les chroniqueurs apparaissent. Vous avez votre liste ! Chaque profil contient les coordonnées grâce auxquelles vous pouvez les contacter.

Maintenant que vous avez une belle liste de blogs, n’hésitez pas à aller faire un tour sur leur site. N’oubliez pas qu’il y a des dizaines de styles différents dans un même genre. Vous voulez vous assurer que votre roman correspond bien à ce que le chroniqueur recherche.

Choisir les blogs actifs

Bon, vous avez trouvé des blogs qui chroniquent des romans dans le même genre que vous. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

Ce que vous ne voulez pas, c’est envoyer gratuitement votre livre à quelqu’un qui publiera sa chronique dans 6 mois, voire pas du tout et qui a une audience de deux pelés et trois tondus.

Vous voulez vous adresser aux chroniqueurs actifs qui sont suivis par des centaines, voire des milliers de personnes, car votre but est de vendre ce fichu bouquin.

Alors, comment déterminer si un blog est actif ou non ? Voilà les trois indicateurs que je vérifie indépendamment et concomitamment :

1 — Le trafic du site.

C’est le plus évident. Sachez qu’il existe des sites qui vous permettent de voir le nombre de visiteurs mensuel sur un autre site de votre choix. Personnellement, j’utilise le site SEMRUSH qui est gratuit et plutôt fiable.

Tapez le nom du site qui vous intéresse et lancez la recherche. Vos résultats sont là en quelques secondes. Dans l’exemple ci-dessous, vous pouvez voir qu’ecrire-et-etre-lu reçoit 667 visites par mois (avec une belle augmentation de 10 % par rapport au mois dernier — merci ! : D)

Suivez le trafic d'un site avec Semrush

2 — La fréquence de publication.

Nous sommes d’accord qu’il n’est pas possible de lire un roman et de publier une chronique par jour, mais il ne faut pas non plus que les publications soient trop éloignées les unes des autres. Une publication par mois est un minimum en dessous duquel je ne veux pas descendre.

Vous ne voulez pas que votre chronique sorte l’année prochaine. C’est maintenant que vous en avez besoin !

Un coup d’œil aux dates de publication des chroniques vous permettra vite de savoir si ce blog est suffisamment productif et régulier.

3 — Les commentaires

On n’y pense pas souvent, mais les commentaires d’un blog sont une mine de renseignement sur son activité.

Le nombre et le contenu des commentaires des lecteurs en bas de chaque article vont vous donner des informations sur le nombre de visiteurs du site et surtout sur leur dynamisme.

Il vaut mieux une centaine de lecteurs actifs et dynamiques qu’un millier qui ne bouge pas.

Les réponses du blogueur aux commentaires de ses lecteurs seront également un bon indicateur de sa relation avec eux.

Est-ce qu’il répond ? Ses réponses sont-elles conviviales ou hostiles ? Est-il proche d’eux ?

Certains blogueurs se sont construit une image de grande gueule qui passe leur temps à débattre ou à s’insulter avec leurs lecteurs. C’est leur style, mais ce n’est pas forcément le vôtre.

Prendre contact

Les chroniqueurs, c’est comme les auteurs. Il y en a des petits avec un public modeste ou moyen et il y a les superstars qui touchent des dizaines de milliers de personnes à chaque publication.

Inutile de vous dire qu’il est beaucoup plus facile de contacter les premiers que les seconds. C’est pourquoi je vous conseille de ne pas commencer par les gros pontes du marché tout de suite.

Rien ne vous empêche de la faire bien sûr. Après tout, on ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut toujours marcher 😉. Mais ne vous faites pas trop d’illusion si vous ne bénéficiez pas vous-même d’une excellente notoriété.

Il faut une certaine notoriété pour accéder aux chroniqueurs les plus célèbres
Image par Denys Vitali de Pixabay

Votre premier message

La règle d’or du premier message, premier email ou première publication sur un réseau social, quel qu’il soit est toujours la même :

« Vous ne devez jamais parler de votre livre »

Ja-mais

Je sais, ça surprend.

Remerciez-les pour leurs chroniques, parlez-leur de ce livre que vous avez lu et adoré, demandez-leur des conseils de lecture…

Il faut nouer le contact, construire une relation, parler de tout… sauf d’une éventuelle chronique pour son roman.

Mâchez-leur le travail

Vous avez réussi à créer des relations saines et authentiques avec quelques chroniqueurs ? Bravo ! C’est une excellente nouvelle pour vous, pour eux et pour votre roman.

Vous pouvez maintenant leur envoyer votre demande de chronique avec un service de presse. Voici quelques conseils pour faire cela dans les règles de l’art :

  1. La rédaction d’un service de presse est assez simple. Tout ce que vous avez à faire est a) d’être bref et b) de le personnaliser autant que possible. Pas de message type, pas d’envoi en nombre.

Il vaut mieux contacter quatre ou cinq blogueurs et étudier les retours pour en améliorer l’efficacité plutôt que d’envoyer 50 messages en même temps et « Voir ce qu’il se passe ».

  1. Soyez concis et direct. Incluez votre titre, votre éditeur, votre date de sortie et votre genre dans le premier paragraphe. Ensuite, vous voudrez peut-être inclure la copie de la couverture ou une brève description du livre. Enfin, soyez direct et demandez ce que vous voulez. Si vous voulez un avis, demandez-le ! Si vous voulez qu’un extrait soit publié, demandez-le !
  2. Faites appel à leur côté commercial. Tous les critiques veulent avoir l’opportunité de découvrir la prochaine grande œuvre — en particulier avec la fiction — alors, donnez-leur le sentiment d’avoir la possibilité de faire passer le mot en premier. En effet, si vous pouvez convaincre un chroniqueur que vous leur rendez service, vous êtes pratiquement assuré d’obtenir un avis.

En gros, essayez d’amener les critiques à penser : « Oh, si j’ai apprécié [titre d’un roman chroniqué], j’apprécierai aussi le livre de cette personne » ou « Ils ont fait des recherches pour savoir que je suis un bon choix pour leur livre. »

Si vous arrivez à faire cela, vous êtes déjà beaucoup plus près que n’importe qui d’autre pour obtenir des avis de lecteurs de haute qualité.

De bonnes relations avec des blogueurs et c'est un feu de chroniques pour son roman
Image par Jere Cang de Pixabay

Renvoyez l’ascenseur

Les blogueurs littéraires sont comme vous, ils sont toujours en quête de nouveaux lecteurs, de plus de visibilité.

Lorsque vous avez reçu la chronique de votre roman, n’oubliez pas de remercier le blogueur en commençant par lui faire un retour flatteur et/ou constructif sur sa chronique.

Ensuite, partagez sa chronique. Parlez-en sur Facebook, Twitter et Instagram. Ce sera aussi appréciable pour lui que pour vous, alors n’hésitez pas à le taguer dans vos partages.

Ne vous arrêtez pas là après la chronique de votre roman. Continuez à partager certaines de ses chroniques sur votre page Facebook une fois de temps en temps.

C’est une relation sur le long terme que vous construisez. Pensez à votre prochain livre 😉

À vous maintenant de partager vos adresses. Avez-vous des relations privilégiées avec certains blogueurs littéraires ? Connaissez-vous des chroniqueurs qui valent le détour ? Faites-leur de la pub et mettez leurs adresses dans les commentaires.


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