Comment se fixer un objectif pour la rentrée

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Lorsque j’avais 23 ans, j’ai tenté de me faire embaucher en tant que coordonnateur dans la célèbre organisation « Action contre la faim ». J’étais jeune et je débordais d’idéalisme, d’envies de voyage et surtout je souhaitais plus que tout échapper au service militaire qui était encore obligatoire à l’époque (oui, je suis vieux). Me faire embaucher pour un poste à l’étranger m’aurait permis d’opter pour un service de coopération et d’éviter tout ce qui était classes militaires, dortoir commun et uniforme kaki.

J’ai donc envoyé un CV et décroché, ô miracle, un entretien avec la psychologue en charge des recrutements de l’ONG. L’entretien se passait bien jusqu’à ce qu’elle me pose LA question qui allait me fermer les portes de cette belle opportunité. « Pourquoi voulez-vous être coordonnateur dans notre organisation ? ».

Aujourd’hui, il ne me viendrait pas à l’idée de me présenter à un entretien de recrutement sans avoir préparé une réponse à cette question, mais à cette époque j’étais très naïf et je croyais à la vertu de la spontanéité. J’étais donc parti les mains dans les poches avec pour toute vue sur l’avenir une envie de voyage, le rêve de rendre le monde meilleur et une répulsion de principe pour l’uniforme. Aucun de ces buts n’était clairement formulé dans ma tête. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais ni de pourquoi je le voulais et j’ai donc fini par obtenir le résultat logique qui en découlait, c’est-à-dire rien. J’ai quitté le bureau de la psychologue quelques minutes plus tard avec un « Je ne pense pas que vous soyez prêts pour une expérience à l’étranger. » pour toute sentence définitive.

Même si j’en veux toujours un peu à la psychologue d’avoir sauté si vite en conclusion, cette expérience a été une vraie leçon pour moi, car elle m’a appris que si on ne sait pas ce qu’on veut obtenir ni pourquoi on veut l’obtenir, nous n’avons aucune chance de l’avoir.

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Quel rapport avec la rentrée ?

J’ai toujours préféré la rentrée scolaire au Nouvel An pour me fixer une feuille de route. D’abord parce qu’on revient de vacances reposé et débordant d’énergie (et non écrasé dans un canapé sous le poids du foie gras et de la dinde aux marrons) et surtout parce que c’est l’époque pour se fixer un objectif et non des résolutions.

Les résolutions ne sont jamais tenues… jamais ! Car, contrairement aux objectifs, elles ne bénéficient d’aucune précision et d’aucune motivation profonde : « Je vais faire du sport », « Je vais suivre mes comptes bancaires », etc. Ce sont des vœux pieux qui finissent toujours par faire un gros plouf et terminent oubliés au fond d’un lac. Un objectif, en revanche, a toutes les chances d’être atteint, car il est précis, mesurable et donc atteignable. Mais encore faut-il savoir le définir.

Se fixer un objectif avec la PNL

La Programmation Neuro Linguistique (PNL pour les intimes) s’est depuis longtemps penchée sur la définition des objectifs, car ses inventeurs (John Grinder et Richard Bandler) ont vite compris qu’il s’agissait de la clé pour les atteindre. C’est pourquoi, alors que la PNL est aujourd’hui utilisée pour réduire le stress, développer sa confiance en soi ou se débarrasser d’une phobie ou du stress pendant une séance de dédicace, toutes les séances (sans aucune exception) commencent par l’étape de définition d’un objectif. C’est incontournable.

La PNL a défini 5 critères qui permettent d’établir un bon objectif :

1 — Exprimer votre objectif de façon positive

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le cerveau humain ne sait pas traiter l’information négative… ou plutôt disons que cela lui demande plus d’effort.

Si je vous demande ne pas penser à un éléphant, vous êtes d’abord obligé de penser à un éléphant pour ensuite pouvoir arrêter d’y penser. Énervant, pas vrai ? 😉

Se fixer un objectif négatif revient à monter sur un vélo et vouloir éviter de percuter un poteau tout en le fixant du regard. Si vous ne regardez pas ailleurs, vous finirez par obtenir exactement ce que vous ne vouliez pas. Si votre motivation consiste à fuir quelque chose (comme le service militaire par exemple), demandez-vous simplement ce que vous voulez à la place.

Ainsi, « NE PAS faire le service militaire » peut devenir « COMMENCER à travailler tout de suite. »

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2 — Se fixer un objectif sous votre contrôle

Cela peut sembler évident, et pourtant c’est là que pèchent beaucoup d’objectifs. Le vôtre ne doit dépendre que de vous et être formulé de façon à exprimer ce contrôle.

« Je veux que le recruteur m’embauche » ne peut pas être un bon objectif, car vous n’avez aucun contrôle sur le choix du recruteur. En revanche « Je veux établir une relation de confiance avec le recruteur pendant l’entretien » dépend grandement de votre état d’esprit et de votre comportement.

3 — Déterminer ce que votre objectif va vous apporter

Et ne vous arrêtez pas à la première réponse. Creusez un peu pour découvrir votre vraie motivation. Non seulement vous découvrirez des raisons à l’atteinte de votre but que vous ignoriez vous-même, mais vous serez d’autant plus déterminé quand vous en aurez pleinement conscience.

1/Qu’est ce que ce job de coordonnateur à Action contre la faim va m’apporter d’important ?

Je vais pouvoir aider les gens qui en ont besoin

2/Qu’est-ce que le fait d’aider les gens qui en ont besoin va m’apporter d’encore plus important ?

Je vais me sentir utile.

3/Qu’est-ce que le fait d’être utile va m’apporter d’encore plus important ?

Je saurais que ma vie a compté pour quelque chose.

4/Qu’est-ce que le fait d’avoir une vie qui a compté va m’apporter d’encore plus important ?

Je me serais senti utile…

Quand vous commencez à revenir sur une motivation et à tourner en rond, c’est que vous avez trouvé la bonne (l’exemple ci-dessus est raccourci. L’exercice peut être beaucoup plus long. N’hésitez pas à vous poser la question aussi souvent que nécessaire).

4 — Votre objectif doit être concret et vérifiable

« Je veux vendre mon livre » est un excellent objectif, mais comment saurez-vous que vous avez réussi ? Combien de livres faut-il que vous ayez vendus pour considérer que vous avez atteint votre objectif ? 10 ? 1000 ? 1 000 000 ?

Tant que vous n’aurez pas répondu à cette question, cela restera un vœu pieux. Il vous faut donc trouver un repère concret et vérifiable… sinon vous ne saurez pas quoi viser, et surtout, vous ne saurez pas quand vous aurez réussi et vous resterez éternellement insatisfait.

5 — Vérifier l’écologie de votre objectif

Je ne parle pas de sauver le climat de la planète, mais de protéger l’écologie de votre vie personnelle ou professionnelle. Une fois que l’on s’est fixé un objectif, nous n’avons parfois que lui en tête. Nous sommes obnubilés par ce que son atteinte va nous apporter, et nous oublions souvent ce qu’elle va nous coûter.

Partir à l’étranger et travailler pour une ONG est formidable, mais cela a un coût. Vivre loin de sa famille, de sa culture, de ses amis, de son confort, etc.

Voulez-vous toujours atteindre cet objectif en sachant cela ? Oui ? Parfait, continuez. Non ? Alors peut-être faut-il revoir cet objectif.

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Se poser les bonnes questions

Comme souvent, tout se résume à se poser les bonnes questions au bon moment. Les cinq principes de PNL qui ont été listés ci-dessus peuvent être appliqués naturellement en se posant simplement les questions suivantes :

  1. Que veux-tu ?
  2. Est-ce que cela dépend de toi ?
  3. Comment sauras-tu que tu as atteint ton objectif ? Que verras-tu, qu’entendras-tu ?
  4. Qu’est-ce que ça va t’apporter d’encore plus important ?
  5. Y a-t-il des inconvénients à atteindre ton objectif ? Que gagneras-tu à réussir ? Que perdras-tu si tu réussis ? Es-tu prêt à y renoncer ?

Répondre non à la dernière question ne veut pas dire que vous devez tout abandonner. Cela signifie seulement que vous devez redéfinir votre objectif en tenant compte de ce nouveau paramètre.

Par exemple, si mon objectif est : « Je veux écrire le premier jet de mon livre avant la fin de l’année », je risque de passer à côté de beaux moments avec ma femme et mes enfants en passant trop de temps dans mon bureau à écrire.

Suis-je prêt à renoncer à ces moments en famille ? Non

Dans ce cas, je pourrai reformuler mon objectif ainsi : « Je veux écrire le premier jet de mon livre avant la fin de l’année tout en gardant mes soirées de libre »

Quelle différence cela fait-il ? Vous avez maintenant une meilleure idée de la direction dans laquelle chercher un moyen d’atteindre votre but. Si vous ne vous posez pas cette question, vous risquez de vous enfermer dans votre bureau sitôt passée la porte de la maison. Au bout d’une semaine, madame (ou monsieur) commencera à se plaindre de votre indisponibilité, les enfants demanderont où est papa (ou maman), et tout votre plan bien huilé tombera très vite à l’eau. Et adieu veau, vache, cochon, couvée…

Les autres méthodes pour se fixer un objectif

J’ai fini par faire un service de coopération. e suis parti 16 mois au Moyen-Orient, dans un pays qui n’avait rien de pauvre : le Koweït.

Je n’ai pas contribué à rendre ce monde meilleur en aidant des nécessiteux (pas cette fois en tout cas), mais j’ai entrepris un grand voyage. J’ai également échappé au service militaire classique et je me suis prouvé à moi-même que j’étais prêt pour une telle expérience. Cela n’a cependant pas été simple et, là encore, je n’avais pas mesuré toute l’ampleur de ce qui m’attendait. Je n’avais pas vérifié l’écologie de mon objectif. L’isolement, le choc des cultures, l’éloignement avec ma famille et mes amis à une époque où internet en était à ses balbutiements ont représenté des obstacles de taille qu’il m’a fallu surmonter.

L’aurai-je fait quand même si j’avais posé mon objectif dans les règles de l’art ? Probablement oui. J’avais des fourmis dans les jambes à cet âge 😉 Mais j’aurai sans doute été mieux préparé à ce qui m’attendait.

Il existe d’autres façons de se fixer un objectif, comme la méthode SMART, qui sont répandues et  plus connues que la celle de la PNL.

Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients, mais la plupart ignorent l’écologie de l’objectif. Cela peut vous poser de gros problèmes quand vous essaierez d’atteindre votre but, voire même quand vous aurez réussi.

C’est pourquoi celle-ci reste ma préférée.

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Il me reste à vous souhaiter à tous une très bonne rentrée. Définissez vos objectifs pour les 10 prochains mois et partagez-les dans les commentaires. Vous pouvez poser vos questions dans les commentaires ci-dessous ou par email si vous avez besoin d’aide ou d’un accompagnement.

Je vous répondrai avec plaisir.

Image parThanks for your Like • donations welcome de Pixabay


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