Écrire et être lu

Prenez en main votre vie d'auteur

Définition : la publication à compte d’éditeur

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

Chaque mercredi, j’explique et décortique pour vous un terme ou un concept en lien avec l’écriture, la publication et la promotion de livre.

Cette semaine : la publication à compte d’éditeur

Qu’est-ce que c’est ?

Elle est très souvent considérée comme l’antithèse de la publication à compte d’auteur de par son fonctionnement, son accessibilité et son coût financier.

La publication à compte d’éditeur représente tout simplement l’édition dans son aspect le plus prisé et le plus traditionnel. À savoir une maison d’édition qui sélectionne des ouvrages qu’un comité de lecture a jugés de bonne qualité et qui réalise tout le travail de publication, impression et promotion du livre à ses frais.

Pourquoi ferait-elle tout cela, me demanderez-vous ? Et bien parce que l’éditeur espère bien réaliser un bénéfice financier sur la vente de votre livre (les éditeurs doivent aussi payer leur loyer).

La grande différence avec la publication à compte d’auteur, c’est que c’est l’éditeur (et non l’auteur) qui prend l’intégralité du risque éditorial. La maison d’édition va financer toutes les étapes de la publication et promotion du livre sans aucune participation financière de l’auteur, et se rembourse en prélevant en moyenne 25 % de chaque vente du livre en librairie.

L’auteur, quant à lui, ne s’occupe de rien et touche, en guise de rémunération, des droits d’auteur compris entre 6 et 12 % des ventes. Le montant de ces droits est un des points négociés entre l’auteur et la maison d’édition avant signature d’un contrat. Il peut arriver que des éditeurs acceptent de verser une avance sur les droits d’auteur, mais cette pratique est de plus en plus rare et réservée aux auteurs qui sont « bankable ».

Quand le livre est prêt à être mis en vente, l’éditeur confie les exemplaires à un diffuseur qui va présenter les ouvrages aux libraires et prendre les commandes, puis à un distributeur qui se charge de les livrer aux commerçants.

Qui le fait ?

Des maisons d’édition, des vraies, et non des prestataires de service qui se moquent que votre livre soit bon ou mauvais, qu’il connaisse ou non le succès.

Il existe des centaines de maisons d’édition de tailles et de styles différents. Des énormes machines généralistes comme Gallimard ou Albin Michel, aux petites maisons indépendantes avec une ligne éditoriale très ciblée.

Est-ce que ça en vaut la peine ?

Oui, malgré ces deux inconvénients:

Le premier est la faiblesse du pourcentage revenant à l’auteur.

Il faut avouer que les 6 à 12 % réglementaires ne font pas rêver à côté des 100 % dans la publication à compte d’auteur. Mais s’arrêter à cette analyse serait  négliger le travail réalisé par l’éditeur et le risque qu’il prend.

Dans la publication à compte d’éditeur, c’est bien lui qui fait tout le travail (correction, 4e de couverture, graphisme, mise en page, promo, etc.) pendant que l’auteur se concentre sur son prochain livre. Si le livre ne se vend pas, c’est l’éditeur qui perd de l’argent. L’auteur, lui, n’y a laissé aucune plume.

Le deuxième est la difficulté d’accès.

Qui dit « rien à perdre et tout à gagner » dit également « grosse sélection à l’entrée ». C’est logique. La concurrence est plus rude pour aller dans le pré où l’herbe est verte et l’éditeur fait tout pour réduire ses risques au minimum et choisir les “meilleures affaires”.

Les comités de lecture sont donc exigeants… très exigeants, et les livres qui passent les mailles du filet sont ceux ayant un potentiel économique. Il ne faut donc pas être allergique aux lettres de refus si on veut tenter l’aventure des maisons d’édition.

Qu’est-ce que je fais alors ? J’y vais ou pas ?

Oui. Si cela vous tente, allez-y !

En tant que partisan de l’auto-édition, j’ignore si je tenterai l’expérience un jour, mais je lui reconnais des vertus incontestables :

D’abord, c’est sans risque. En cas de refus, vous ne perdrez que le prix du timbre que vous avez collé sur l’enveloppe.

Certains éditeurs ont la délicatesse et le professionnalisme d’agrémenter leurs lettre sde refus de conseils à destination de l’auteur. Tous les auteurs devraient être friands d’une suggestion d’amélioration de la part d’un professionnel de l’édition.

L’acceptation de son manuscrit par un professionnel qui mise sur son succès est une reconnaissance qui peut lancer (ou relancer) une carrière littéraire.

Enfin, et c’est là le plus important, éditeur et auteur partagent un intérêt commun. Les deux ont tout à gagner à ce que le livre soit un succès. Le premier pour des raisons de rentabilité et le deuxième pour des raisons plus personnelles, mais l’objectif est le même. Il y a donc un partenariat qu’on ne retrouve pas dans les autres modes de publication.


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  • 6
  •  
  •  

Précédent

Comment vaincre le trac pendant une séance de dédicace

Suivant

Les 7 éléments d’un bon site auteur

  1. Excellent merci beaucoup pour ces précisions!
    Je n’ai jamais publié pour le moment et c’est vrai que l’autoédition est plus alléchante niveau rentabilité.
    En revanche, j’avoue que la satisfaction d’avoir franchi toutes les barrières de sélection et se retrouver avec son livre à la FNAC en tête de gondole doit être assez grisante…
    Est-ce possible en autoédition d’ailleurs?
    Car il y a aussi toute la grosse machine marketing bien huilée derrière les grandes maisons d’édition et les nombreuses possibilités qui en découlent: se faire repérer pour une adaptation cinématographique par exemple?
    Ça demande quand même réflexion…

    • Jérôme Vialleton

      Merci pour ce commentaire 🙂
      En effet, passer par une maison d’édition ouvre de nombreuses portes. L’auto-édition est encore trop jeune pour rivaliser avec la portée des grands éditeurs, mais elle fait son bonhomme de chemin. Pour l’instant, certains la considère comme une porte d’entrée vers l’édition traditionnelle. Une façon de faire ses preuves dans la fosse et être repéré par un éditeur. Je pense pour ma part que l’auto-édition a ce qu’il faut pour tenir tête à l’édition traditionnelle. Il faut juste lui en laisser le temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

Téléchargez vos eBooks gratuitement

"Plan Marketing pour auteur - Vendez votre livre"

"Les 5 obligations légales et fiscales d'un auteur indépendant"