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Définition : l’autorité

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Chaque mercredi, j’explique et décortique pour vous un terme ou un concept en lien avec l’écriture, la publication et la promotion de livre.

Cette semaine : l’autorité ou le moyen de mettre l’auteur (et non le livre) en valeur.

Qu’est-ce que c’est ?

« Range ta chambre ! » « Fais tes devoirs ! » « N’embête pas ta sœur ! »

Oups ! Hors sujet, ce n’est pas de cette autorité-là que je parle. Enfin, c’est vous qui voyez. Vous pouvez toujours essayer de donner des ordres aux clients d’une librairie en leur criant « Achète mon livre ! » Ça marchera peut-être. On ne sait pas, personne n’a jamais essayé. Winking smile

En guise d’autorité, j’évoque plutôt une forme de légitimité, de crédibilité qui permet à l’auteur de se mettre en valeur en mettant en avant ses connaissances ou son savoir-faire et d’utiliser cette légitimité comme argument pour vendre ses livres (à l’instar d’une preuve sociale).

Cette autorité peut concerner soit le sujet du livre en lui-même soit les capacités de l’auteur à raconter une histoire ou à tourner une phrase de façon élégante. Cela suppose évidemment que l’auteur ait l’envie ou les capacités de mettre en avant cette légitimité et qu’il le fasse de façon honnête et équilibrée. Je m’explique…

Il existe deux formes d’autorité (et ceci est valable dans tous les domaines) : l’autorité réelle et l’autorité perçue.

L’autorité réelle

Elle regroupe les compétences et connaissances que vous possédez réellement. Vous êtes meilleur ouvrier de France de menuiserie et vous écrivez un guide pratique sur « Comment fabriquer votre escalier vous-même ». Votre autorité en la matière ne fait aucun doute. Vous savez de quoi vous parlez… malheureusement, cela ne suffit pas.

L’autorité perçue

Il s’agit des compétences et connaissances que les autres pensent que vous possédez à tort ou à raison.

Le seul travail de menuiserie que vous avez jamais réalisé était le montage d’une étagère IKEA. Vous écrivez un guide pratique sur « Comment fabriquer votre escalier vous-même » et insérez une photo, en 4e de couverture, sur laquelle vous posez fièrement devant un superbe escalier fabriqué par un autre. Vous serez peut-être perçu comme un expert par les lecteurs, mais pour ma part je prendrai l’ascenseur.

Laquelle faut-il acquérir ? La réelle ou la perçue ?

Les deux, mon capitaine.

Si vous n’avez que l’autorité réelle, vous aurez écrit le meilleur livre du monde sur comment construire un escalier, mais personne ne le saura jamais. Les lecteurs, notamment pour un livre pratique, chercheront l’ouvrage dont l’auteur fait référence en la matière. Si cette autorité réelle est invisible, ils passeront sur votre livre comme le vent dans les blés.

Si vous n’avez que l’autorité perçue, vous êtes au mieux un imposteur et, au pire, un escroc. La différence entre les deux ? L’intentionnalité. L’imposteur aura été perçu malgré lui comme un expert tandis que l’escroc aura volontairement trompé son monde.

Dans les deux cas, ne vous leurrez pas, cela ne durera pas. L’imposteur finit tôt ou tard par être démasqué et l’escroc arrêté. À proscrire donc. Si vous êtes pris malgré vous pour l’expert que vous n’êtes pas, n’attendez pas pour corriger les choses.

L’autorité perçue est au moins aussi importante que la réelle pour la vente de votre livre. Pourquoi ? Parce que les lecteurs ne feront pas des recherches de deux heures sur votre vie avant d’acheter votre livre. Il est donc nécessaire d’afficher votre autorité sous leur nez.

Qui le fait ?

Pas assez de monde, surtout en ce qui concerne les fictions. Car si l’autorité est évidente dans le cadre de livres pratiques, elle a également sa place chez les auteurs de romans.

Laissez-moi vous parler de Jean Jolly.

Jean est un monsieur de 80 ans, très sympathique, qui m’a contacté par email pour que je l’aide à promouvoir son roman policier : « L’étrange affaire de Laprades : le crime de l’avenue Victor Hugo ».

Comme je suis du genre à faire mes devoirs, j’ai fait quelques recherches sur Jean avant de lui répondre. J’ai ainsi découvert que Jean avait sa propre page Wikipédia, qu’il a été journaliste, grand reporter, qu’il a accompagné George Pompidou en Afrique, couvert l’actualité du quai d’Orsay pendant 14 ans pour l’agence Reuters, et écrit une demi-douzaine de livres de géopolitique (dont certains ont été récompensés).

Jean vous paraît-il être une personne qui mérite le détour ? Oh que oui !!!

Pour être honnête, la simple lecture de sa page Wikipédia m’a donné envie de lire son livre alors qu’elle n’a rien à voir avec le monde du polar. Jean a ce que j’appelle une autorité réelle au taquet. Il n’a, pour faire décoller les ventes de son livre, qu’à développer son autorité perçue.

Je mets ci-dessous un lien vers le livre de Jean. Je ne l’ai pas encore lu, mais si j’en crois les nombreux commentaires et chroniques qui le concernent, c’est un excellent roman policier à rebondissements. Donc, avis aux amateurs Winking smile

OK, OK. Comment je m’y prends alors ?

Trouver son autorité réelle

Bien sûr, tout le monde n’est pas un tel cas d’école et il se peut que votre autorité en lien avec votre livre soit faible, voire nulle. Ce n’est pas un drame, il suffit alors de concentrer la promotion sur votre livre et non sur vous.

Il est également possible que, comme Jean, vous ayez une autorité réelle sans en avoir conscience et que vous passiez à côté d’un bel argument de vente.

Dans le cas de livre pratique, la question à se poser est très simple : est-ce que je possède le savoir suffisant pour me poser en expert ? Cette question, vous devez normalement vous la poser avant même de commencer l’écriture du livre.

Dans le cas d’une fiction, la question est plus difficile. Exercez-vous un métier en lien direct avec l’écriture (journaliste, écrivain public, correcteur, etc.) ? Avez-vous des connaissances, des compétences ou une expérience en lien avec le sujet de votre livre ? Écrivez-vous un livre sur le harcèlement scolaire, car vous êtes un ancien harcelé ? Êtes-vous un alpiniste chevronné qui écrit sur l’homme face à la montagne ? Un marin sur l’océan ? Êtes-vous engagé dans une association en lien avec le sujet de votre livre ?

Bref, existe-t-il un élément, dans votre vie réelle, qui prouve que vous savez de quoi vous parlez ?

Développer son autorité perçue

Pour cela, il n’y a pas de secret, vous devez afficher votre autorité réelle à la face du monde.

Je sais que, pour beaucoup de personnes, cela peut paraître prétentieux. Cela demande également de se battre contre le syndrome de l’imposteur dont parle Astrid dans son blog : L’Astre et la plume. Mais c’est une étape inévitable. Vous devez VOUS mettre en avant.

Le minimum syndical consiste à rédiger une courte biographie mettant en valeur votre expérience et d’insérer cette bio partout où vous le pouvez : 4e de couverture, page auteur Amazon, site auteur, page Facebook, page Twitter, etc.

Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez développer votre autorité perçue jusqu’à devenir un expert patenté de votre domaine aux yeux du monde. Pour cela, vous devez faire la preuve de votre autorité réelle en exposant votre expertise dans des conférences ou en écrivant des articles de blog sur le sujet.

Je recommande particulièrement cette pratique aux autodidactes, car ils ne peuvent pas s’appuyer sur un statut ou un diplôme reconnu par tous. Ils n’ont que leur expérience et les connaissances accumulées sous leur tête, ce qui est plus difficile à exprimer dans une biographie.

Alors ? Prêt à vous exposer au monde ? Faites donc un pas en avant. La lumière ne va pas vous brûler. Je vous le promets. Et puis, personne ne le fera à votre place.

Maintenant, c’est à vous de jouer.


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  1. Oh… Oh bah ! Merci pour le partage de mon article, ça fait très plaisir quand on ne s’y attend pas 🙂
    Et merci pour tes réflexions intéressantes. La partie “autorité réelle” me paraît plus difficile à construire quand on écrit des romans de fantasy épique, mais je suppose qu’on peut toujours broder sur les thèmes plus discrets qui sous-tendent le roman.

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