Devez-vous écrire pour le marché ?

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

Salut, les auteurs indépendants,

Dimanche dernier, je vous ai parlé des 12 choix qu’il est important de faire avant de songer à vendre son livre. Ces 12 choix vous permettent de définir les grandes lignes de votre stratégie marketing d’où vont découler les décisions plus terre à terre du style « Est-ce que j’investis mon argent dans de la pub Facebook ou non ? »

Dans cet article, dont le lien est dans la description de cette vidéo, je vous parle de 12 choix, mais en fait, il y en a un treizième : devez-vous écrire un livre qui plaira au marché ou un livre qui vous plaira à vous ?

Grande question qui, je m’en doutais, allait déchaîner les passions, alors je vous l’ai posé sur le blog et sur les réseaux sociaux. Et je n’ai pas été déçu de vos réponses puisque vous avez répondu à  99,9% «écrire le livre qui me plaît ».

La vérité est que…

Vous pouvez écrire pour le marché.

Cela revient à choisir un genre dont vous savez que les lecteurs ont un appétit vorace et vous leur donnez exactement ce qu’ils veulent.

Cette stratégie consiste clairement à écrire le type de livre dont vous savez qu’il va se vendre. Le but est sans hésitation de faire du chiffre et de faire rentrer de l’argent. Il y a des auteurs qui ont décidé qu’ils voulaient vivre de leur plume et qui réussissent à payer leur facture en faisant ainsi. Ce n’est pas moi qui vais leur jeter la première pierre.

Pour faire cela, il faut savoir écrire vite, s’adapter aux niches du marché, et apprécier un minimum le genre concerné.

Je vais prendre deux exemples :

À l’heure où je vous parle, dans le Top 100 des kindle les plus vendus sur Amazon, il y en a 22, donc près d’un quart, qui sont des romances à tendance érotique avec un buste d’homme musclé sur la couverture. Bon… moi je ne peux pas le faire. Je suis plus brioche au Nutella que tablette de chocolat Open-mouthed smile , mais ça marche. C’est un besoin du marché et celui-là dure depuis longtemps.

Deuxième exemple : Les romans inspirés du jeu vidéo Minecraft. Ils ont attiré des centaines de milliers de Geek et gamers pendant que le jeu était au sommet de sa popularité. Ensuite, le jeu s’est fait remplacer par Fornite et le sous-genre sur Amazon est devenu complètement saturé, les ventes ont chuté et les auteurs ont migré vers un nouveau genre.

Vous pouvez aussi être un artiste

Cela revient à écrire ce que vous aimez et ensuite, à vous intéresser à la façon dont vous allez le vendre, au marketing de votre création

La plupart des auteurs commencent ainsi. Ils écrivent le livre de leur cœur. Le livre qu’ils ont envie d’écrire. Le livre qui les chatouille depuis des années. Ils l’écrivent sans penser une seconde au marketing et à la façon dont ils vont atteindre leurs lecteurs.

Beaucoup continuent ensuite sur cette lancée. Ils satisfont leurs besoins artistiques avant les besoins du marché et ça leur convient très bien comme ça.

L’exemple le plus extrême de cette forme d’écriture est la poésie. L’auteur y cherche la beauté du langage et des mots et pas la rentabilité financière, car tout le monde sait que la poésie ne se vend pas.

Accrochez la culpabilité au mur

Il est très important de comprendre deux choses sur ce treizième choix :

  1. Une option n’est pas meilleure que l’autre

  2. Il est tout à fait possible, pour un auteur, de faire les deux au long de sa carrière.

Si vous avez l’impression de vendre votre âme d’artiste en répondant aux besoins commerciaux du marché, pensez au grand peintre qu’était René Magritte. Quand le marchand d’art, Alexandre Lolas, a senti le potentiel commercial qu’il y avait chez lui, il lui a commandé un nombre incroyable de variantes de ses œuvres originales. Notamment de sa toile « L’empire des lumières » puisqu’il en a fait pas moins de 28 entre les huiles et les gouaches. Le tout dans le seul but de remporter un succès commercial.

b6ff72975a9d6dba9c8f9388a99ff5d2

Est-ce que Magritte a peint ses reproductions avec beaucoup de plaisir ? Non, en tout cas moins que pour une toile originale, mais il a quand même réussi à conserver son statut de peintre et d’artiste en s’appliquant à ce que chaque variante soit meilleure que la précédente.

Il en va de même pour les écrivains.

Il y a des auteurs qui commencent à écrire parce que l’idée d’un livre les brûle de l’intérieur. Ils ont un besoin artistique de la matérialiser. Puis, et en particulier s’ils décident de vivre de l’écriture, ils s’orientent vers une niche du marché pour faire rentrer des revenus. Parce que tout le monde a besoin de payer les factures et qu’il n’y a pas de mal à cela ! Ce n’est pas parce qu’ils se lancent dans cette logique qu’ils arrêtent de devenir des écrivains, surtout s’ils gardent le même souci de la qualité.

C’est une des choses merveilleuses avec notre époque et l’auto-édition : il y a de la place pour tous les genres d’auteurs et de plus en plus arrivent à vivre de leurs mots et moi je trouve cela fantastique.

À bientôt,


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire