Écrire une nouvelle avec Oliver Krauq

Comment écrire une nouvelle
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Écrire une nouvelle peut paraître facile. C’est le genre qu’on recommande souvent aux débutants en raison de son format court. Ray Bradbury recommandait même d’écrire 52 nouvelles en 52 semaines car il pensait que, dans le tas, n’importe qui en aurait forcément une de bonne.

Mais écrire une nouvelle est aussi un exercice qui possède ses propres pièges et ses propres contraintes. C’est un genre à part entière.

Cette semaine, j’ai décidé de vous parler de ce genre souvent sous-estimé qu’est l’histoire courte en interviewant un auteur auto-édité qui connait bien cet exercice: Oliver Krauq.

 

Jérôme V : Bonjour et bienvenue sur ce nouvel article. Cette interview d’« Écrire et être Lu », dans laquelle cette fois j’ai la chance, la joie, l’honneur et le privilège de discuter avec Oliver Krauq. Bonjour Oliver !

Oliver K : Bonjour tout le monde !

Jérôme V : Je suis très content de pouvoir échanger avec toi parce que c’est vrai que mine de rien, ça fait quelques années qu’on se connaît et qu’on échange notamment sur les réseaux sociaux parce qu’on a des inspirations qui sont communes, ce sont les mêmes auteurs qui nous inspirent. Donc ça fait quelques années, 3-4 ans, qu’on échange sur les réseaux sociaux, mais on ne s’était encore jamais parlé en live.

Oliver K : Non, première fois.

Jérôme V : Donc voilà, je suis vraiment très content de pouvoir enfin échanger avec toi.

Oliver K : C’est vraiment cool aussi, j’apprécie.

Oliver Krauq
Oliver Krauq

Portrait d’Oliver Krauq

 Jérôme V : Je te présente en quelques mots avec tous les types d’informations que j’ai pu glaner par-ci par-là sur les réseaux sociaux. Donc tu es un auteur autoédité. Tu es Suisse. Tu habites à Genève. Grand voyageur, je sais que l’Écosse fait partie de tes destinations de prédilection.

Oliver K : Oui, c’est la destination récurrente.

 Jérôme V : Amateur de chat géant.

Oliver K : (rire) Je ne sais pas où il est, mais oui.

Jérôme V : Collectionneur de distributeurs PEZ, fan de Star Trek et de Dépêche Mode.

Oliver K : C’est ça ! Et de Carpenter.

Jérôme V : Et de John Carpenter effectivement.

Oliver K : Oui. Bien sûr, Carpenter est celui qui m’influence beaucoup au niveau de l’écriture alors que Dépêche Mod ou Star Trek, c’est plus pour le fun.

Les chroniques d’une autre réalité

Jérôme V : Et fan également de Stephen King, puisque c’est là qu’on s’est rencontré, c’était sur un groupe Facebook dédié aux fans de Stephen King. Et tu es également l’auteur d’une trilogie qui s’appelle « Chroniques d’une autre Réalité » qui a une particularité, c’est que les deux premiers tomes sont des recueils de Nouvelles. Alors, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus là-dessus ?

Oliver K : Alors le premier tome ce sont des nouvelles à chute donc c’est vraiment des nouvelles qui peuvent être des « stand-alone » comme on dit dans les séries.

J’ai vraiment essayé de trouver la nouvelle où, à la fin, la personne ou le lecteur se dit : « Wow ! je ne m’attendais pas du tout à ça ». D’ailleurs toi, je crois que tu as été surpris sur quelques-unes donc c’est que ça fonctionne comme je le souhaite.

Quand j’ai écrit le premier recueil, je pensais m’arrêter là, c’était juste pour me faire plaisir. Je ne pensais pas que ça fonctionnerait. Je ne pensais pas qu’il y aurait des retours comme ceux que j’ai eus. Puis je me suis dit : ben pourquoi pas continuer ? Donc j’ai fait un second recueil et cette fois-ci avec l’objectif de faire un tome 3 derrière qui serait un roman. Et donc ce deuxième recueil est fait de nouvelles qui reprennent des situations ou des personnages du premier tome. Ceux pour lesquels il y avait des questions qui en suspens ou des situations à développer. J’ai fait en sorte que tout ce deuxième tome donne des petites lectures sur les nouvelles du premier et qu’elles soient liées entre elles pour préparer le troisième tome. Ce n’est pas facile de parler des Chroniques parce que j’ai tellement déstructuré le récit que c’est un puzzle, prendre juste une pièce et parler d’une pièce sans l’ensemble, c’est difficile.

Chronique d'une autre réalité - premières altérations
Chronique d’une autre réalité – premières altérations

 

Ses inspirations

Jérôme V : Donc, un premier tome avec des Nouvelles à chute.

Ensuite, tu as fait un deuxième tome rempli d’histoires courtes, mais qui servait un petit peu de lien, de pont vers le troisième tome que tu as écrit sous la forme d’un roman. Et c’est ça qui est assez génial dans » les Chroniques d’une autre réalité » : sur les trois tomes, tu as trois formats assez différents : Nouvelle à chute, histoire courte, et puis le format roman qui est l’histoire longue, le format classique.

Et effectivement, je confirme que quand j’ai lu le premier volume des « Chroniques d’une autre réalité », j’ai été souvent scotché parce que je lisais une histoire et je me disais : « Mais où est-ce qu’il va ? Où est-ce que ça va le mener tout ça ? » Et puis à la fin, la chute, le twist brutal, le retournement auquel on ne s’attend absolument pas. Et d’ailleurs ça me rappelle qu’une de tes grandes sources d’inspiration c’était la série « Twilight Zone » qu’on appelait » La Quatrième Dimension » en français, et c’est exactement ça. C’est l’histoire banale d’un type banal, ou d’une femme banale, qui se retrouve plongé dans un univers complètement décalé dont on ne sait jamais s’il va s’en sortir à la fin.

Oliver K : C’est exactement ça.

The twilight zone

 Écrire une nouvelle : au début, il y a la fin.

Jérôme V : Et on retrouve très bien l’esprit de Twilight Zone dans ce premier volume des Chroniques. Et alors si j’ai voulu t’interviewer, si j’ai voulu qu’on ait cet entretien c’est parce que j’avais pour projet de faire un article sur : comment écrire une nouvelle pour que les jeunes auteurs disposent de quelques clés, quelques trucs pour s’attaquer à ce genre-là, cette forme-là.

J’avais commencé à écrire l’article puis je me suis dit : « Mais qu’est-ce que tu fais Jérôme ? Tu as un expert à disposition dont tu pourrais profiter pour lui tirer les vers du nez et savoir comment il fait ! »O

Oliver K : (Rire) Ok ! Ça tombe bien justement parce que j’en ai écrit une cette semaine. Je vais l’inclure dans le tome 2 parce que je vais les sortir en broché en Automne. Il y a beaucoup de demandes, et puis pour équilibrer la longueur de chaque Tome. C’était un petit peu short sur le deuxième tome, il en manquait, donc j’en ai fait une.

La façon dont je fonctionne, c’est qu’il me faut la fin. Je ne démarre jamais une nouvelle si je n’ai pas la fin, je cherche le twist de fin. Je cherche un twist qui pourrait être intéressant où je me dis : « Tiens, s’il se passait ça et qu’en fait, il se passait ça » et il faut vraiment que j’aie ce twist. Une fois que j’ai le twist, il me faut le titre. Si je n’ai pas le titre, je n’arrive pas à écrire. Je ne sais pas pourquoi, mais même en roman, je commence par le titre. Si j’ai vaguement l’idée de ce qui se passera dedans, il me faut d’abord le titre et après je me lance.

Le syndrome des toilettes pour dames

En fait, si je n’ai pas la fin, j’ai trop peur de tomber dans le syndrome de « The lady’s room » de Stephen King. Il raconte ça très souvent dans des conférences où il explique qu’un jour, il est à l’aéroport et puis sa femme va aux toilettes. Il y a un autre gars qui arrive à côté avec sa femme qui va aussi aux toilettes et puis les deux-là attendent. Ils se regardent, ils attendent comme ça arrive plein de fois dans les centres commerciaux où il y a plein de gens. Et puis, les femmes ne ressortent jamais.

Il a commencé à écrire là-dessus. Ensuite, il y a une maman qui vient avec son gamin. La femme y rentre aussi et ne ressort pas, l’heure tourne et tourne. On connaît Stephen King : il écrit, il écrit, il écrit. Au bout d’un moment, ils appellent la sécurité qui rentre dans les toilettes. Ils entendent des cris, mais personne ne ressort. Ils appellent des bonshommes qui rentrent aussi dedans et il n’y a personne qui ressort. Puis l’armée, puis la garde nationale… Et à ce moment-là Stephen King, il fait : « Je ne sais pas du tout où j’allais avec cette histoire-là »

Et il est complètement bloqué et ça fait 20 piges qu’il a cette histoire sans savoir comment la finir. À chaque conférence il dit : « Si quelqu’un a une fin à me proposer et qu’elle est correcte, je sors la nouvelle avec lui et je l’associe à mon nom ». Mais en 20 ans personne n’a trouvé de fin. C’est exactement ça que je veux éviter. Je ne veux pas commencer à écrire une nouvelle et, au bout d’un moment me dire : « Merde, je vais où ? » Et me retrouver bloqué. Donc voilà il me faut absolument la fin sinon je n’arrive pas.

La fin peut évoluer parce que je peux avoir une idée supplémentaire ou complémentaire, mais il faut vraiment cette base de fin. D’ailleurs c’est la même chose pour un roman. Je suis moins bon en écriture de roman justement parce que la fin est tellement loin, et je préfère les formats courts.

Chroniques d'une autre réalité - cristallisation
Chroniques d’une autre réalité – cristallisation

 

On baptise une nouvelle avant de l’écrire

Jérôme V : Donc il te faut la fin. C’est ta base. Et le titre ? Pourquoi il te faut absolument le titre pour commencer ?

Oliver K : Alors ça je n’en sais rien du tout. Je pense que tant qu’il n’y a pas de titre à mon histoire, elle n’existe pas et je n’arrive pas à travailler dessus. C’est comme si t’avais un gamin et que tu ne lui donnais pas de nom. Que tu ne lui donnes de nom que quand il avait 18 ans. Donc du coup tu ne peux pas le considérer vraiment comme une personne tant qu’il n’a pas de nom, tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas si l’analogie est vraiment parlante, mais c’est ça. Tant que je n’ai pas de titre, pour moi ça n’existe pas et ça reste flou. Il arrive quelques fois que ça change, mais c’est quand même assez rare.

Par exemple sur le premier tome, il y a un mec qui s’appelle Vodka Tabasco. C’est un surfeur. Tu sais qu’il va faire la teuf. Au début il s’appelait Vision Floue parce que c’était mon idée de départ. Mais celle-là je l’ai changée en Vodka Tabasco pour les besoins de l’histoire. Parce que j’avais besoin d’introduire un personnage pas très gentil. Et je crois que c’est le seul exemple que j’ai d’un titre qui change. Donc, il me faut le titre absolument.

Croquer un personnage

 Jérôme V : D’accord, donc tu as ta chute, tu as ton titre ensuite la prochaine étape c’est quoi ? Est-ce que tu fais un minimum de plan ? Un découpage par scène ?

Oliver K : Il y a des architectes, des jardiniers, puis il y a moi, donc je n’ai pas de plan du tout. Je ne sais pas du tout le chemin que je vais prendre pour y aller.

Ce que j’essaye, c’est de poser un personnage en quelques phrases et je pense que c’est aussi pour ça que je pense que j’aime bien les nouvelles. Je suis feignant à mon avis ; Pas envie de trop développer un personnage. Pour une nouvelle, quelques traits de caractère suffisent.

Souvent, je prends en exemple le film « Escape from New York » de John Carpenter avec Snake Plissken. C’est l’exemple dont je me sers tout le temps pour mes nouvelles. Le personnage, au début du film, est avec les menottes, en prison, on ne sait pas qui c’est, mais c’est un badass. Il est assis dans le bureau et il est présenté par le Chef de sécurité. Le Chef de la sécurité lui dit qu’il est le plus jeune soldat décoré de son unité. Dans notre tête on pense que c’est un « gentil ». Ensuite il lui dit qu’il a attaqué la banque Fédérale. Donc on se dit que, en fait, c’est un « méchant » ? Le gars ne bouge pas. Il a juste trois attitudes. Avec les trois attitudes et les deux phrases qu’il sort, on imagine tout de suite tout son background. On imagine tout ce qu’il a pu faire. Alors qu’il n’a dit que deux phrases et eu trois attitudes.

C’est exactement ce que j’essaye de faire dans mes nouvelles. Quand je présente un personnage, j’essaye juste de mettre trois phrases, des attitudes et je laisse complètement open pour que les gens puissent imaginer eux-mêmes et faire le background d’eux-mêmes. Si ça se trouve, un personnage, d’un lecteur à un autre, ne le verra pas de la même façon.

(…)

Escape from New York

Écrire une nouvelle : où ça commence ?

Jérôme : Ce que j’aimerais bien savoir maintenant, c’est une fois que t’as ta chute que tu as ton titre, d’où tu pars ? Comment est-ce que tu détermines ton point de départ, d’où tu commences ton histoire ?

Oliver : En fait, le point de départ c’est vraiment ce qui me vient. Tu vois, pour parler de celle de cette semaine-là que j’ai écrite. Je ne sais pas si tu te rappelles dans le tome 2 il y a une explosion nucléaire. 

Il y a une explosion nucléaire tu sais, un astronaute qui est en orbite va la voir. Bref. C’est juste dans l’histoire pour expliquer que tout va mal et que c’est l’Apocalypse. Et je me suis dit : « Tiens, je vais me prendre comme point de départ cette explosion, cette centrale. Qu’est-ce qui va se passer dedans ? »

Et en fait je n’avais rien. Je me suis dit que ce serait intéressant peut-être de voir comment les gars vont flipper dans la salle de commande. Et je me suis dit, « Ah ouais. Bon. Ça a peu d’intérêt. » Donc qu’est-ce qui va se passer dans la salle de commande ? J’ai commencé à écrire sur un acteur qui est sur place parce qu’il tourne une série sur la centrale nucléaire et il commence à tourner sa série.

Et puis en partant de là, c’est toute l’histoire de cet acteur qui va se rendre compte, au bout d’un moment, qu’il est vraiment le chef de la salle de commande. Mais lui, il est acteur alors il ne sait rien faire du tout et ça part en vrille, etc. Tu vois voilà, c’est parti comme ça.

Jérôme V : Oui, il te faut la petite étincelle, la petite idée qu’ensuite tu déroules et tu juges si c’est intéressant, si ça va susciter l’intérêt du lecteur.

Oliver K : Si je trouve que ça a un intérêt, oui ! Quand j’ai commencé, je n’avais aucune idée que ce serait une histoire d’acteur. Et puis tu brodes. Il y a son agent qui l’appelle. J’ai trouvé le moyen de placer ça pendant le Super Bowl parce que c’est important pour le tome 3. Son agent l’appelle et lui dit que les Titans ont gagné la coupe. Tu vois, il y a tout qui se brode pour s’emboîter avec le reste de la trame de l’histoire. Mais quand je suis parti, c’était la salle de commande et la centrale qui explose. Il fallait que je trouve quelque chose d’intéressant à raconter là-dessus.

Jérôme V : Pourquoi avoir fait que l’histoire se passe aux US ? Pourquoi pas ailleurs ? Ça aurait quand même pu se passer au Suisse ?

Oliver K : Oui, parce qu’en fait, dans ce qui avait était déjà écrit, c’est dans le Wisconsin que la centrale explosait. Et le gars qui était en orbite, tu sais L’Américain, sa famille était au Wisconsin. Donc, ça ne pouvait être que là-bas, car j’avais repris quelque chose qui existait déjà. Si elle avait explosé en Norvège, j’aurais pris la Norvège. Dans les nouvelles, il y en a une qui se passe à Moscou, il y a une qui se passe à Paris, etc.

Chronique d'une autre réalité - Apocalypse

Partir du réel

Oliver K : Pour prendre celle de Moscou, souvent, c’est une vraie histoire qui m’inspire. Celle de Moscou, c’est une vraie histoire, j’étais vraiment dans le métro de Moscou et c’était vraiment la galère totale pour s’orienter. Pire que dans les métros asiatiques, pourtant les métros asiatiques, on pourrait croire que c’est compliqué, mais en fait, pas du tout, c’est très simples Hongkong, Séoul, ou même Tokyo. C’est vraiment très simple. Mais le métro de Moscou, on a perdu une demi-heure à trouver notre chemin, c’était juste la folie. Et je suis parti de ce point-là pour une histoire.

Jérôme V : Et là du coup, tu es parti du début.

Oliver K : Là je suis parti du début, mais en fait je savais. Si tu veux, je me suis dit : « Tiens, il faudrait que j’écrive sur le problème que j’ai eu dans le métro de Moscou. Il faut que je trouve quelque chose, une fin qui vaille le coup que je puisse inclure ça dedans ». Donc, j’ai trouvé la fin avec bla, bla, bla,… Pas de spoil… et du coup, je me suis servi de cette anecdote-là pour arriver à ma fin justement, pour développer le truc.

Écrire une nouvelle : le rythme

Jérôme V : Et alors, quand tu écris, j’ai bien compris que tu n’avais pas de plan. Mais, comment tu travailles le rythme ? Je sais qu’il y a pas mal d’auteurs (j’en fais partie d’ailleurs) qui alternent les scènes où il arrive des choses positives et les scènes où il arrive des choses négatives de façon à créer une espèce d’ascenseur émotionnel pour que le lecteur soit pris dans l’action. Est-ce que ça, c’est quelque chose auquel tu fais attention ou pas du tout ?

Oliver K : (Rire) Pas du tout.

Jérôme V : (Rire) Je crois que je vais laisser tomber cette interview

Oliver K : Il y a eu un troisième tome, rappelle-toi. Tu m’avais fait un petit retour de bêta lecteur, même si c’était après qu’il soit sorti. Tu m’as juste dit que le rythme retombait à un moment pendant l’explication du Père de l’un des moines. Et moi franchement, je n’ai rien calculé du tout. 

Ce que j’essaye de faire c’est vraiment comme un épisode de Twilight Zone, même pour « le Loch » (NDA : « Le Loch » est un projet de roman d’Oliver sur le monstre du Loch Ness) que j’ai écrit par exemple, ça démarre tout doucement, ça démarre tout doucement, puis d’un seul coup oohh, et puis le temps qu’on se remet de oohh, il y a un ooohhh plus gros, puis encore un ooohhhh, puis à la fin il y a un woahh. Quand j’écris, je ressens tout ça.

 Jérôme V : Tu veux quand même que ça aille crescendo.

 Oliver K : Je fais crescendo, mais c’est plus pour me faire plaisir. C’est plus pour me surprendre moi qu’avec un vrai objectif derrière de me dire : « Il faut que je fasse comme ça parce que c’est comme ça ou pas ». Non, je le fais vraiment comme je le sens. Je pense que je serais un très mauvais exemple si on me demandait ou si j’étais interviewé pour savoir comment il faut écrire en donnant des conseils parce que c’est n’importe quoi quand j’y pense, mais c’est bien, ça marche.

Écrire une nouvelle. Oui, mais vite!

Jérôme V : Est-ce que quand tu écris, tu as un objectif ? Est-ce que tu te dis : là, avec cette nouvelle, je vais leur faire peur ou je vais les surprendre ou je vais les intriguer. Quand tu te lances dans l’écriture d’une scène, est-ce que tu as quelque chose en tête ? 

Oliver K : Souvent j’imagine mon histoire mise en images et j’imagine ce que j’aimerais avoir à l’écran. C’est très visuel et je ne sais pas si c’est marqué ou pas quand on lit. Mais en général, c’est très, très visuel et c’est vraiment sincère. Et je pense que c’est aussi la raison pour laquelle je préfère écrire des nouvelles. C’est que j’ai besoin de découvrir l’histoire même si je sais la fin, de savoir comment on va y arriver. Une fois que je sais ça, j’ai intérêt à la finir très vite parce que sinon j’ai envie d’une autre histoire. Je la connais, donc, pourquoi je continuerais là-dedans ? Il n’y a plus d’intérêt. Donc, c’est comme ça que ça fonctionne et c’est pour ça que c’est très difficile pour moi d’écrire un roman parce que justement c’est trop long et au bout d’un moment j’ai envie de passer à autre chose.

Jérôme V : Ça, c’est important pour toi, il faut que tu écrives vite.

Oliver Krauq : Oui, il faut que j’écrive vite.

Jérôme V : Tes nouvelles font une taille moyenne ?

Oliver K : C’est 50 000 mots en moyenne ; chaque recueil fait 50 000 à peu près. Donc, ça reste court.

Jérôme V : Combien de temps à peu près en moyenne tu mets pour écrire une de tes nouvelles ?

Oliver K : Ça peut être en une soirée comme ça peut être en 6 mois. Quand c’est en 6 mois, c’est quand, justement, je n’ai pas forcément la fin. 

La nouvelle du camionneur, la nouvelle du gars qui est bloqué sur son canapé ou la pandémie. Ce sont des nouvelles que j’ai commencé il y a 10 ans à peu près. Vraiment au tout début où je balbutiais, je ne savais même pas qu’un jour, j’écrirais. J’avais des idées et j’écrivais et je voyais où ça allait. Et celles-là, j’ai eu vraiment du mal à les finir parce que je n’avais pas de fin. C’était vraiment le début. J’ai encore des nouvelles qui sont stockées depuis 5-6-7 ans. Elles sont de côté et c’est des « Lady’s room ». Pareil je ne sais pas du tout où ça va aller.

(…)

Écrire une nouvelle : La correction

Jérôme V : Quand tu as ton premier jet, tu en fais quoi ?

Oliver K : Alors c’est pareil, je pense que je ne fonctionne pas comme les autres. Je n’ai quasiment pas de réécriture. Je l’écris, et quand elle est terminée ou même pendant l’écriture, je relis souvent le paraphe d’avant puis encore le paraphe d’avant puis je change des choses « Cette phrase est lourde, là ça ne va pas, là ceci, là c’est ça ». Une fois que j’ai terminé, c’est terminé !

Je la relis juste une fois pour voir s’il y a des coquilles ou des incohérences et puis c’est bon ! Hop, c’est fini. Ça se passe comme ça, c’est écrit, c’est écrit point. Il n’y a pas de premier jet en fait. Le premier jet est le jet final, il est juste retravaillé en cours de route.

Jérôme V : D’accord. Tu ne fais pas une correction après le premier jet. Ton premier jet, tu le corriges au fur et à mesure.

Oliver K : Voilà, je corrige au fur et à mesure. Souvent, si j’écris trois soirs de suite, le premier soir je vais écrire, je vais relire vite fait avant de me coucher. Le lendemain, je vais relire ce que j’ai réécrit, modifier un ou deux trucs et puis continuer. Et puis le troisième soir, je vais relire ce que j’ai écrit le deuxième soir, modifier deux ou trois trucs et puis finir. Et quand c’est fini, c’est fini.

Corriger sa nouvelle
Image par Steve Buissinne de Pixabay

 

Écrire une nouvelle, c’est aller à l’essentiel

Jérôme V : Au niveau de la longueur de tes nouvelles, est-ce que tu t’imposes un certain nombre de mots ou une certaine longueur ou est-ce que tu t’en fous complètement ?

Oliver K : Je m’en fous complètement. J’essaye d’avoir un minimum de mots. J’ai vraiment beaucoup de mal à faire long. Quand je vois certains qui disent : « Je termine mon roman et il fait 130 000 mots ou 150.000, 180 000 ». Et je me dis, « Mais qu’est-ce qu’il raconte sur autant de mots que ça ? ». Moi, je galère pour atteindre un minimum, c’est plutôt ça. Je pense que c’est à cause du format nouvelle. 

S’il y a des rideaux bleus, je vais dire que les rideaux sont bleus. Et je ne vais pas dire qu’ils sont bleus parce qu’ils ont été fabriqués par la grand-mère qui aimait bien le bleu parce qu’à son époque ceci, cela. Non, non, les rideaux sont bleus, point. Donc j’essaye quand même de rendre le truc un peu intéressant, mais je ne me perds pas du tout dans les détails inutiles, voilà, c’est ça. Du coup, une fois qu’on enlève tous les détails inutiles, ce qui reste, c’est intéressant, mais ça ne fait pas grand-chose en nombre de mots.

Jérôme V : C’est vrai que tu as un style très direct. Après, c’est ce qu’il faut pour une nouvelle, sur une histoire courte. Tu n’as pas le temps de t’éterniser sur, comme ce que tu dis, les rideaux bleus qui ont été faits par la grand-mère à l’époque où son mari était parti à la guerre. Il faut aller directement à l’essentiel. C’est le concept de la nouvelle.

Oliver K : C’est ça. Ceci dit, ça fonctionne parce que j’ai eu pas mal de retours de gens qui ne sont pas du tout nouvelle, qui au contraire, aimaient bien des romans énormes parce qu’ils avaient le temps de se plonger dedans. Des gens comme ça m’ont dit : « Écoute, je ne sais pas comment tu arrives à nous faire aimer les nouvelles, mais t’es le seul pour qui j’arrive à lire. » Je me dis que ça marche, donc je continue comme ça.

Jérôme V : Alors est-ce que ça t’arrive parfois de devoir tout reprendre à 0 ?

Oliver K : Jamais. Je suis incorrigible, ça avance au fur et à mesure, tu vois ce que je veux dire. Je suis obligé de corriger directement. Justement, pour ne pas avoir à revenir. Ça, c’est tout !

Jérôme V : C’est quoi ta bête noire ?

Oliver K : C’est la correction justement. Comme je le disais tout à l’heure, quand l’histoire est finie, elle est finie. J’ai envie de passer à une autre et devoir continuer à plonger en me disant tien, est-ce que je ne modifierai pas quand même ça. Est-ce que là, je ne pourrais pas modifier ça aussi pour que ça aille mieux, etc. Ça, c’est un cauchemar. C’est un cauchemar.

Jérôme V : Tu fais partie de la grande majorité des auteurs qui déteste cette phase de correction. Mais est-ce que tu as un petit tic d’auteur ? Moi par exemple, avec les phrases passives, je sais pertinemment qu’il faut que j’évite d’en mettre, mais pour autant, je sais aussi que je vais en coller une minimum, des fois deux ou trois dans chaque paragraphe. Est-ce que toi, tu as un tic d’auteur comme ça ? Tu sais dont il faut que tu t’en débarrasses, mais il n’y a rien à faire et il revient encore et encore.

(Lisez l’article “12 clés pour corriger son roman“)

Oliver K : Alors, selon mon épouse, qui, pour un moment, était ma correctrice (finalement, j’ai pris une correctrice professionnelle, mais jusqu’à maintenant c’était elle qui corrigeait), je commence souvent mes phrases par « mais » et/ou par « et ». Ce sont des défauts récurrents chez moi dont je ne me rends pas compte. Je lis parfaitement ça chez les autres. Prenons un exemple, quand je lis un bouquin de Chatham où il y a un paragraphe où il le faisait. Et là, je me dis que les autres le font. Mais vraisemblablement, ce n’est pas tout à fait correct, et j’ai vu aussi un petit peu trop d’adverbes, et j’essaye d’enlever au maximum. Hâtivement, ah non, avec hâte, tu vois, on voit tout ça, mais c’est vrai que c’est un autre défaut.

Bêta-lecture

Jérôme V : D’accord. Et alors puisque tu nous parles de ton épouse, tu as des bêta lecteurs ou des alpha lecteurs ?

Oliver K : Non, je ne fais pas relire parce que quand je raconte mon histoire, c’est la façon dont j’ai voulu la raconter. Si je donne à un bêta lecteur qui va me dire : alors là ce passage-là, peut-être que tu vas le modifier comme ça parce que… Ou, ça, c’est inutile ou ça, tu vas le retravailler. Alors, je dirais, ok, mais ce n’est plus mon histoire si je retravaille ça ou ça ! Moi, mon histoire, c’est que le bonhomme, il fasse ça à ce moment-là. Peut-être que ça ne plaît pas. Je comprends ça, ou peut-être ce n’est pas bon pour le rythme, je peux comprendre aussi. 

Tu vois, quand tu m’avais parlé d’un problème de rythme dans le tome 3, dans ma tête, je me suis dit : oui peut-être, mais je n’ai même pas trouver que ça cassait le rythme, parce qu’à ce moment-là je trouvais justement que ça permettait de souffler un petit peu. Mais dans ma tête, je me suis dit : Mon histoire, c’est que le bonhomme il reste là, et à ce moment-là il raconte son passé et pourquoi il suit son père. Donc voilà, pas de bêta lecteur.

Pas de bêta-lecteur pour Oliver
Image par Angel Hernandez de Pixabay

 

Les trois points importants pour écrire une nouvelle

Jérôme V : Dis-moi, est-ce que tu aurais trois conseils que tu voudrais donner aux jeunes auteurs qui veulent se lancer ou à ceux qui n’ont encore jamais fait de nouvelles et qui veulent s’y mettre ?

1 — Décevoir, mais ne pas frustrer

Oliver K : Je pense que le plus important d’une nouvelle, c’est la chute. Parce que même si tu n’es pas très bon à l’écriture, même si t’es pas très bon à poser un personnage. Je veux dire qu’on n’est pas tous des « Victor Hugo » ou des oufs de littérature. Mais si t’as une chute qui défonce tout, le lecteur se rappellera de ça. Il vaut mieux qu’il soit déçu que frustré. Donc s’il est un petit peu déçu pendant la lecture et puis à la fin, il se dit : « Wow ! », il se rappellera du wow. Alors que si avant, c’est super bien écrit, mais que la fin est nulle, il va se dire « Tout ça pour ça  ?! » 

Donc je pense qu’il vaut mieux décevoir un petit peu dans le truc et ne pas frustrer. Pour moi, il faut vraiment travailler la fin. C’est vraiment l’important. C’est vraiment le twist de fin pour écrire une nouvelle. C’est vraiment comme ça que je conçois tout. Je vois bien des nouvelles qui sont assez faibles au niveau écriture, ou pas très, très bien construite et pourtant j’ai des gens qui me disent : « oh ! Elle est super bien cette nouvelle ». 

Par exemple, la nouvelle sur le photomaton avec le vieux monsieur. Personnellement, cette nouvelle je ne la trouve pas extraordinaire. J’aimais bien l’idée du photomaton, c’était ça qui était venu. Et tout le monde me dit : « Wow, c’est onirique cette nouvelle et tout ». À chaque fois je me dis : « wow, c’est cool, c’est chouette », mais dans ma tête je me suis dit : « voilà, il ne se passe rien, c’est un pauvre vieux qui est triste d’avoir perdu sa femme point ». Et pour moi, ce qui était important, c’est le photomaton et la fin.

(…)

2 — Devenir prestidigitateur

Jérôme V : Est-ce que tu as un truc pour ne pas tomber dans le cliché ou est-ce que tu n’y penses pas vraiment ?

Oliver K : Il faut se surprendre. Pour éviter de tomber dans le cliché, il faut essayer de se mettre à la place du lecteur et que le lecteur ne se dise pas à la moitié : « Ah oui ! Je vois où il va en venir, » et puis au bout « Oui, j’en étais sûr. ». Il faut vraiment se mettre à la place du lecteur et ce n’est pas facile. Surtout ce qui n’est pas facile, c’est de trouver une chute qui n’a jamais été faite et qui ne soit pas téléphonée. Ou alors, ce qui est pas mal – ce que j’avais fait avec « L’accident », c’est de dévier, de faire comme les prestidigitateurs. C’est-à-dire que tu montres quelque chose pour que tout le monde regarde là où tu veux. Et puis pendant ce temps-là, tu fais ton tour derrière et tu sors par là où on ne t’attend pas. (…) C’est un signe, déclic qui est pas mal de pointer du doigt quelque chose pour ensuite surprendre en finissant sur autre chose. Ou comme la nouvelle sur la tondeuse…

Jérôme V : J’ai beaucoup aimé la nouvelle de la tondeuse, j’ai beaucoup ri, c’est vrai qu’on ne voit pas du tout venir la fin.

Oliver K : Celle-là fait partie aussi d’une vraie fête que je faisais avec des amis. On se rencontrait entre parents, on jouait à des jeux World of Warcraft ensemble. Et c’était vrai, la première phrase qui dit : « vous allez trouver que ça fait un peu Stephen King, mais j’ai l’impression que ma tondeuse… ». C’est une vraie phrase que mon pote a sortie en montant de sa cave. Et en rentrant du weekend, je me suis dit « Ah le con, tiens, il faut que j’écrive un truc là-dessus ». J’ai cherché une fin qui pourrait vraiment être intéressante. Une fois que j’ai eu ma fin, ça y est, j’ai écrit.

Jérôme V : Je crois qu’elle est d’ailleurs sur ton site. Si vous voulez passer un bon moment d’ailleurs je vous le conseille, vous allez sur oliverkrauq.com. Oliver en a mis plusieurs en intégralité ; des textes intégraux que vous pouvez aller lire gratuitement.

Écrire une nouvelle: Détourner l'attention pour une fin surprenante
Image par annca de Pixabay

3 — Croquer, ne pas décrire

Est-ce que tu as un troisième conseil à donner ?

Oliver K : Ne pas se perdre avec trop de description pour un personnage. Il faut laisser les gens s’imaginer les choses. Je pense que plus on laisse les portes ouvertes et plus le personnage peut être complexe. Après si on le dépeint vraiment avec trop de détail, il n’y a plus d’imagination possible. Je pense qu’il faut laisser une grande part d’imagination pour le lecteur. C’est ce que je disais au tout début de l’entretien : c’est important, je trouve, d’avoir un ou deux lecteurs différents qui se disent « Ah bah moi le personnage, je l’ai vu comme ça et je l’imaginais comme ça ». Et il va y avoir un autre qui dit « Ah bon, c’est marrant, parce que moi j’imaginais plutôt qu’il était comme ça ». Donc, ils se retrouvent sur les traits que moi, je donne, mais pour le reste partent chacun par rapport à leur vécu, par rapport à leur histoire, par rapport à ce qu’ils ont envie que le personnage fasse ou le passé qu’il peut avoir.

Jérôme V : Tu fais des descriptions physiques de tes personnages dans les nouvelles ou pas du tout ?

Oliver K : Oui, presque toujours. C’est par rapport au visuel dont je te parlais justement pour le côté cinématographique, tu vois. Parce que souvent, quand j’ai un personnage, j’essaye d’en prendre un qui existe vraiment. Michaëlla, par exemple, c’est Eva Green. Ce n’est pas nouveau, je le dis assez souvent. Mais tous les personnages comme ça sont toujours décrits. Dès fois, je cherche des photos d’inconnus, juste pour avoir une idée et faire une petite description et comme ça c’est plus facile d’écrire une scène. Je vois à quoi il ressemble. Plutôt que d’être dans le flou.

Souvent aussi j’essaye de ne pas prendre des personnages qui sont parfaits. Les personnages parfaits ça fait chier tout le monde et en plus, tu ne peux pas t’identifier, mais bon Eva Green, c’est différent. Mais si tu prends mon chauffeur routier, il est loin d’être parfait physiquement. Tous mes personnages, en général, ont toujours des défauts assez récurrents. Je pense qu’il faut éviter aussi de tomber dans le piège du personnage qui est vraiment trop parfait, trop super héros ; quand je dis super héros, pas avec du super pouvoir, mais tu vois, pas des Bruce Wayne. 

Les projets

Jérôme V : Ok ! Alors, dis-moi, c’est quoi le prochain projet pour toi ? C’est le tome 4 des Chroniques ?

En fait le prochain projet-là, c’est de retravaillé le premier Tome, de retravaillé le deuxième avec une nouvelle supplémentaire. J’ai retravaillé le troisième avec un chapitre supplémentaire, je pense, pour qu’il colle aussi a la même longueur que les autres. Il faut que je trouve un chapitre à inclure ça part chez une correctrice fin juillet. 

Je vais aussi les sortir en broché en même temps qu’en numérique en été pour que les gens qui restent en numérique puissent simplement mettre à jour et avoir une nouvelle version avec les histoires en plus, etc. En même temps, je travaille sur le tome 4, qui s’appelle « Malédiction » et j’espère le sortir pour la fin de l’année. En fait, j’aimerais bien que les brochés sortent par exemple en novembre et que Malédiction sorte en décembre. Comme ça, ça laisse le temps aux gens de lire et de se dire : tiens, ça continue derrière. Puis ceux qui attendent avec impatience une quelconque suite parce qu’ils pensaient qu’il n’y en aurait pas. Et en 2021, j’aimerais bien en sortir deux autres. 

(…)

Le mot de la fin

Jérôme V : Je sais quoi demander au père Noël. Je te remercie beaucoup Oliver pour cet entretien. Tu as peut-être l’impression de ne pas avoir dit grand-chose parce que ça a l’air de couler assez naturellement pour toi. Mais je t’assure que tu nous as donné plein de clés pour commencer, pour écrire des nouvelles.

J’espère que cet entretien pourra aider les jeunes auteurs. En tout cas, je te remercie pour cet entretien et pour tous ces bons conseils. Est-ce que tu as un mot de la fin! Vas-y, à toi la parole !

Si votre rêve c’est d’écrire alors, écrivez, c’est aussi simple que ça. Moi, j’ai mis du temps avant de me rendre compte que c’était quelque chose que j’avais envie de faire, raconter des histoires et c’est un vrai plaisir. Donc racontez, même si vous ne les sortez jamais et que vous les gardez dans votre tiroir, faites-le ! Que ça sort de votre tête !

Super, merci beaucoup Oliver ! Merci.

Et au revoir tout le monde ! Et merci à toi pour cet entretien.


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3 commentaires sur “Écrire une nouvelle avec Oliver Krauq”

  1. Voilà un auteur selon mon cœur ! On a l’air de penser de façon assez identique sur pas mal de points. C’est marrant. Au passage je suis aussi fan de Star Trek et de Carpenter.

    Un petit point qui me semble obscur, 50 000 mots c’est la longueur d’une nouvelle ou d’un recueil de nouvelles ? Si c’est la longueur de la nouvelle je suis, moi, plus dans la nouvelle que dans le roman. Je les appelle mes “romanets” de toute façon. 🙂

    1. Bonjour Norman,
      50 000 mots, c’est la longueur de son recueil. On considère souvent qu’une histoire autour de 40 000 mots est une Novella et non plus une nouvelle. On est alors à la limite du roman. En vérité, il n’y a pas de définition claire et officielle de la longueur à partir de laquelle on parle d’une nouvelle, d’une novella ou d’un roman. Je pense que cela tient plus à la structure et à la complexité de l’intrigue qu’au nombre de mots.

      1. Bonjour Jérôme, oui c’est exactement ce que dit Emmanuelle Soulard, de qui je fais la formation présentement, lorsque je lui ai posé la question concernant la longueur d’une nouvelle.
        Pour l’article, je m’apprête à le lire. Cependant j’aurais écouté la version podcast avec plaisir. 😉

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