Faut-il écrire sous un pseudonyme ?

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  

« Faut-il écrire sous un pseudonyme ? » Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps alors voilà la réponse à cette question : c’est vous qui voyez.

Fin de l’article, merci de l’avoir lu.

Trop synthétique ? Peut-être. Alors pour les insatiables, voici un petit complément d’information. 😉

« Écrire sous un pseudonyme » quel est l’impact juridique ?

Je tiens à être clair, je ne suis pas juriste. En revanche Margerie Véron, elle, l’est.

Elle est l’auteur du livre de vulgarisation juridique « Le droit d’auteur pour les écrivains » (que je vous conseille si le sujet vous intéresse) et la propriétaire du blog desdroitsdesauteurs.fr.

Dans son livre, elle nous indique que l’utilisation d’un pseudonyme est totalement libre et fait partie des droits de la personnalité (comme le nom de famille ou le prénom). Il peut faire l’objet d’une protection au titre des droits d’auteur à la condition qu’il reflète une certaine originalité (n’essayez pas de déposer « Pierre Martin », le juge ne sera pas d’accord).

Bien sûr, cette liberté est « cadrée » par le droit français. Cela commence dès le choix du pseudonyme, car il est fortement déconseillé d’écrire sous un pseudonyme qui a déjà été utilisé auparavant. Cela peut passer s’il n’y a aucun risque de confusion aux yeux du public. Si vous écrivez des thrillers sous le nom de Mozart, cela ne devrait pas déranger grand monde. En revanche, si vous vous lancez dans la fiction politique sous le pseudo de Bernard-Henri Lévy, attendez-vous à quelques réactions (offrez-lui une pâtisserie pour l’amadouer. Il adore ça 😉 )

Et ne croyez pas être à l’abri de retombées judiciaires grâce à votre faux nom. Si les distributeurs ou éditeurs n’ont pas le droit de divulguer votre véritable identité sans votre consentement, souvenez-vous que vous avez dû renseigner votre véritable nom lors du dépôt légal. La justice saura vous retrouver sans difficulté en cas de plagiat ou d’atteinte à la vie privée.

Pourquoi écrire sous un pseudonyme ?

Protéger sa vie privée

C’est souvent la première raison qui pousse un auteur à prendre un nom de plume, surtout au début.

Le syndrome de l’imposteur, la famille qui vous regarde de haut avec une moue dubitative : « Tu vas écrire un livre ? Toi ?! », les « Pourquoi tu ne cherches pas plutôt un vrai travail ? », etc.

Toutes ces amabilités des personnes si bien intentionnées peuvent être décourageantes et il est très compréhensible de vouloir les fuir ou de chercher à s’en protéger en utilisant un nom d’auteur.

Vous pouvez ainsi vous épancher librement dans votre soif de créativité et, peut-être, explorer des sujets ou un vocabulaire que vous ne vous seriez pas permis sous votre véritable identité. La pire des censures est sans doute l’autocensure et le masque identitaire est un très bon moyen de s’en affranchir.

Protéger ses proches

Comme un superhéros, un auteur peut vouloir cacher son identité pour protéger ceux qu’il aime. À l’ère de Google, tout se sait, et vous ne voulez peut-être pas que vos enfants ou votre conjoint subissent les moqueries ou les allusions graveleuses si vous vous êtes lancé dans le roman érotique.

Par ailleurs, même si la mention « Fiction » est écrite en gros et en gras sur la couverture, vous ne pourrez pas empêcher le public de faire des analogies et de comparer vos personnages à vos proches ou à eux-mêmes. Cela peut vous conduire à des dîners de famille très animés.

Ne pas désorienter vos lecteurs

C’est la raison « marketing » à vouloir écrire sous un pseudonyme.

Il est tout à fait possible que vous souhaitiez vous diversifier en écrivant des romans jeunesse, mais également des thrillers, du fantastique ou de la science-fiction.

Si vous avez réuni une communauté de lecteurs dans un genre particulier, il est très possible que ces lecteurs soient allergiques aux autres genres qui constitueront votre bibliographie. Vous pouvez également changer totalement de style d’écriture d’un genre à l’autre ; être réaliste pour la science-fiction et décalé pour la fantasy par exemple.

Cela peut ne pas plaire à vos lecteurs. Ils ne verront pas de différence entre vos livres, les achèteront les yeux fermés en voyant votre nom sur la couverture et risquent d’être déçus par cette ligne éditoriale ou ce style trop différent de ce qu’ils connaissent.

J’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un risque et non d’une certitude. Certains auteurs ont gardé le même nom pour des genres très différents avec le même succès.

Toujours est-il qu’un nom de plume différent pour chaque genre est un excellent moyen d’éviter ce risque. Pour chaque genre, un nom différent, une page auteur différente, une bio différente… Vos lecteurs sauront exactement quoi chercher et votre relation de confiance sera protégée.

Pourquoi ne pas écrire sous un pseudonyme ?

« Mais pourquoi est-ce que les auteurs n’écrivent pas tous sous un pseudonyme si c’est si bien que cela ? »

Excellente question, et je vous remercie de me l’avoir posé. Je fais, par exemple, partie de ceux qui ont préféré ne pas écrire sous un pseudonyme. Jérôme Vialleton est mon vrai nom et vous le trouverez sur tous mes articles, nouvelles et roman publiés. Alors pourquoi ce choix ? Deux raisons majeures.

La première est de vouloir assumer totalement cette deuxième vie artistique. De la poser comme étant une facette de sa personnalité et de l’afficher au monde par fierté ou besoin de reconnaissance. J’ignore si cela s’applique à mon cas. N’étant pas le plus objectif pour en juger, je poserai la question à mon psy. 😉

La deuxième raison relève de la stratégie de personal branding que vous voudrez peut-être développer.

Pour créer une marque durable sur votre nom, mon avis est qu’il est préférable d’établir une relation de confiance avec votre public en s’exposant véritablement à lui ; c’est-à-dire avec une vraie photo et en agissant sous votre vrai nom.

Par ailleurs, en utilisant un pseudonyme, vous couper littéralement votre réputation (et peut-être votre autorité) en deux. Vos réalisations, votre expérience, votre expertise sous votre vrai nom seront irrémédiablement dissociées de vos réalisations sous votre pseudonyme. Si votre profession ou vos passions pouvaient avoir un impact sur votre réputation d’auteur, vous les aurez amputées de votre curriculum.

Enfin, la publication sous deux noms différents pour deux genres différents suppose deux campagnes de promotion, deux sites auteurs avec deux fois plus de contenu à créer, deux fois plus de comptes de réseaux sociaux à alimenter, etc. Or, j’ai considéré que faire tout ce travail une seule fois était bien suffisant.

« Mais alors, qu’en est-il du risque de désorienter le lecteur ? »

Encore une très bonne question. Vous êtes en forme aujourd’hui ! 😉

Je l’avoue, c’est un élément que je n’ai pas du tout pris en compte à l’époque où j’ai fait ce choix. Il est d’autant plus important que j’ai bel et bien prévu de diversifier mes écrits.

J’ai donc prévu de légèrement changer mon fusil d’épaule en utilisant, non pas un pseudonyme, mais une variante de mon nom.

Par exemple, écrire sous le nom « Jérôme V. » pour les romans jeunesse et « Jérôme Vialleton » ou « J. Vialleton » pour d’autres genres.

C’est la méthode utilisée par Joanna Penn, une célèbre blogueuse et écrivaine anglaise. Elle écrit des livres pratiques sous son véritable nom et signe ses fictions du nom de J.F. Penn. Elle gagne ainsi en visibilité tout en marquant une différence entre ses différentes productions. Malin, non ?

Quel que soit ma façon de faire, ne comprenez pas que je vous conseille de faire de même. Il s’agit d’un choix tout à fait personnel qui repose sur un projet de vie et un contexte encore plus personnels, et vous devez faire le vôtre en connaissance de cause.

La protection de votre vie privée et/ou de vos proches est un élément qui compte tout autant (sinon plus) que vos ambitions littéraires ou professionnelles. Réussir dans l’écriture est tout aussi possible avec ou sans un pseudo. L’approche est légèrement différente, mais l’essentiel n’est pas là. Alors, choisissez ce qui vous plaît le plus.

Et vous ? Est-ce que vous avez décidé d’écrire sous un pseudonyme ou sous votre vrai nom et pourquoi avez-vous fait ce choix ? Dites-le-moi dans les commentaires.


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

11 commentaires sur “Faut-il écrire sous un pseudonyme ?”

  1. Quand j’ai commencé, je ne me suis même pas posé la question. C’est moi qui écris, je mets mon nom. Par contre aujourd’hui, quand je vois la difficulté pour se faire connaitre, je me dis que j’ai eu raison.

    1. Très bien pour vous. D’ailleurs, il est toujours possible de changer d’avis et de publier une série de livres sous un tout autre nom. C’est une méthode très souvent utilisée par des écrivains célèbres pour savoir ce que la critique pense vraiment de leurs livres. Ils font souvent des flops ou des succès mitigés. Au bout de quelques années, ils annoncent “C’est moi qui ai écrit sous le nom de Paul Martin”, et là les ventes de ces livres explosent 😀

  2. Hello !

    Moi j’ai choisi le nom de plume 🙂
    1. Tester mon écriture.
    2. Pour pas perturber ma vie perso et pro. (même si c’est très facile aujourd’hui de retrouver une personne si on cherche vraiment)
    PS : Mon nom est réel, mais mon prénom est un pseudo, c’est un
    anagramme de mon vrai prénom pour ceux qui veulent s’amuser ^^

  3. Personnellement j’ai pris un pseudo et lorsqu’il a fallu faire un choix, il s’est porté sur le nom de l’un de mes personnages qui écrit sous un pseudo… Mon explication n’est pas claire ? Bon alors mon personnage principal s’appelle Frédéric Néel, il devient écrivain sous le pseudo de Lucas de Koppel qui est également le pseudo (sauf le prénom de son père écrivain également), ces enfants par la suite prennent le pseudo de leur père : de Koppel. l’une de ses filles écrira les souvenirs de son père sous le pseudo ilane de Koppel et voilà d’où vient mon pseudo !
    Pourquoi ? tout simplement parce que ma saga traite de la maltraitance et mes premiers lecteurs ne me connaissant qu’adulte et ignorant totalement mon enfance ont tous pensés qu’il s’agissait de ma vie ! j’adore mes parents, ils ont été des parents excellents et aimant je ne pouvais me résoudre à leur faire cet affront ! mais malgré le pseudo dans une petite ville comme la mienne on ne peux empêcher la rumeur… hélas ! Si c’était à refaire je pense que je ne prendrais pas de pseudo car dans un cas comme celui-ci je serai plus apte a défendre mes parents de la rumeur plutôt que sous un pseudo, qui finalement discrédite la protection que je voulais leur donner ! le serpent qui se mord la queue…

    1. Quelle affaire! Mais passionnante. Si j’ai bien compris, vous avez choisi un pseudo pour protéger vos parents, mais celui-ci a été contre-productif. C’est une expérience très intéressante. Merci de l’avoir partagé.

  4. Bonjour, pour ma part après avoir bien réfléchi et n’ayant pas trouvé de pseudo qui m’intéressait, j’ai pris mon nom courant. Autant me faire connaître sous celui-ci. Mes collègues ont par exemple été intéressés et fier en voyant mon vrai nom apparaître sur les livres.
    A bientôt,

    Christine Barsi

  5. J’ai choisi le pseudo, parce que je voulais différencier ma vie personnelle de ma vie d’artiste.
    Puis finalement, Gracieuse a sa propre personnalité, ses propres aventures (kinés, juges, etc…) et je trouve que cela lui permet (et surtout à moi) une plus grande liberté. On partage néanmoins un point commun, des grandes jambes. Parce que les photos viennent bien de moi, et je lui prête mes jambes, en plus de ma cervelle et mes mains pour taper.

Laisser un commentaire