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Tout le monde est d’accord sur un point : la couverture d’un livre compte pour au moins 50 % de son nombre de ventes. C’est la couverture qui attire l’œil du lecteur, qui déclenche chez lui une émotion, l’envie de saisir le livre sur l’étale et de le retourner pour en lire la 4e de couverture. Mais comment trouver la meilleure couverture pour son livre ? Faut-il passer par un professionnel ? Comment trouver le bon graphiste ? À quel prix ?

Pour répondre à toutes ces questions, j’ai interviewé Aurélien Evrard, graphiste et gérant du site Breizhgraph qui a fait de la communication pour les auteurs indépendants son cœur de métier.

Avant-propos

Vous trouverez ci-dessous la retranscription écrite de moments choisis de l’entretien. Pour en écouter l’intégralité, il vous suffit de visionner la vidéo  ci-dessus.

Ceci est la toute première interview que je réalise, alors attendez-vous à beaucoup de « Heuuuuu », de blancs et autres bafouilles. Merci d’avance pour votre indulgence 😉

“Bonjour, Aurélien. Pour commencer est-ce que tu peux te présenter ? Nous parler de toi et de ton parcours ?

Je m’appelle Aurélien Evrard, je suis indépendant depuis 2013. Je me suis lancé dans une carrière graphiste très récemment. J’étais chef de projet dans la conception web et je me suis reconverti dans les arts graphiques en tant qu’autodidacte.

Depuis le début de l’année 2018, je m’intéresse au monde de l’édition. J’ai remarqué que tous les professionnels lâchaient le « Print » pour aller vers les nouvelles technologies « Web », et moi j’ai décidé de faire l’inverse c’est a dire de délaisser les technologies « Web » et de me concentrer sur le « Print ».

Est-ce que tu peux préciser ce que c’est que le « Print » ?

C’est tout ce qui est en rapport avec l’impression. Il y a le « Web » (consultable sur écran) et le « Print » qui est fait pour finir sur du papier.

J’ai fait ma première couverture au mois de juin pour aider un auteur. De fil en aiguille, on est venu me solliciter pour avoir des conseils et j’ai donc créé Breizhgraph.

Comment ça se passe quand un auteur te contacte pour une couverture ?

Les gens me contactent à partir du moment ou une couverture que j’ai réalisée leur a plu dans leur ligne éditoriale (romance, thriller, etc.). Ils me contactent et demandent mes tarifs et si on est d’accord, on fait affaire.

D’accord, mais quel est le processus pour que tu saches quelle couverture faire ? Tu poses des questions ? Tu lis le livre ? Comment ça marche ?

Je demande d’abord à l’auteur de parler de son ouvrage de vive voix ou par message. L’auteur me raconte son livre et son univers. Je lui demande également sur quelle plateforme il va diffuser (KDP, librinova, Kobo, lulu, etc.), car ça va me permettre de diriger mon espace de travail. Par exemple, KDP fourni des gabarits de couverture alors que Lulu et Librinova n’en font pas, donc il faut les créer de zéro. Techniquement, c’est donc très différent et savoir cela me permet d’estimer le temps de travail que la couverture va me demander.

Dans la conversation, je demande si l’auteur sait ce qu’il veut. En général, les auteurs savent ce qu’ils veulent comme couverture et ils ont souvent leurs propres images à fournir. S’ils n’en ont pas, je fais des recherches pour eux et je leur propose des éléments pour qu’on en discute.

Je demande le résumé du livre, mais avant cela je me suis déjà fait une idée de la personnalité de l’auteur en communiquant avec lui. C’est le plus important. Et surtout j’ai écouté sa demande pour comprendre au mieux son univers. Bien comprendre la commande au départ, c’est éviter les erreurs de conception et les demandes de corrections à n’en plus finir.

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Il y a beaucoup de navettes de messages avant que tu commences à travailler ?

Tout dépend si j’arrive à comprendre rapidement la demande de l’auteur ou pas. Si je comprends rapidement, ça peut aller très vite. Un pack couverture peut être fini en 24 h. Je les fais également participer à la conception, car je partage mon écran de travail et ils peuvent me corriger en même temps que j’avance sur leur projet.

Tu dois gagner un temps fou en faisant ainsi !

Ça se termine en quelques heures. Le délai de réalisation va d’une matinée à quatre jours maximum.

Tu as un questionnaire type que tu donnes aux auteurs ?

Pas du tout. Ça se fait au dialogue. Bien sûr, j’ai des questions récurrentes : « As-tu des éléments à ta disposition ? » « Quel est le résumé du livre ? », « Quelle date limite pour son pack ». Plus l’auteur sait ce qu’il veut et plus c’est rapide.

Je regarde ce que l’auteur a fait avant, quel univers est le sien et après beaucoup d’échange, je me lance dans la production.

Pour résumer, le conseil à donner aux auteurs c’est que plus ils sont prêts pour leur entretien avec le graphiste, mieux ils savent ce qu’ils veulent et plus ça va vite.

C’est cela. Ensuite, un bon graphiste doit aussi avoir les compétences nécessaires pour réaliser ce que l’auteur a en tête. Il arrive souvent qu’un graphiste fasse des recommandations contraires à ce que veut l’auteur, car il n’a pas les compétences pour faire ce qui lui ait demandé. Il faut garder cela en tête. Un graphiste qui écoute l’auteur qui s’imprègne de l’univers, c’est tout bénef pour l’auteur, car il a affaire à un graphiste qui comprend ce qu’il veut.

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Ce que tu nous dis, c’est qu’un graphiste qui fait des contre-propositions à ce que souhaite l’auteur est un graphiste qui manque de compétence pour faire le travail demandé ?

Il faut faire aussi le distinguo entre le manque de compétences et les bons conseils. Les bons conseils sont argumentés. Une couverture, c’est 50 % de la vente. Un auteur veut avant tout vendre son livre et la couverture joue un rôle primordial pour attirer l’attention du lecteur. Si la couverture attire l’œil, le lecteur s’arrête. Sinon, il passe son chemin. Un graphiste qui donne de bons conseils, c’est un graphiste qui argumente sur ces éléments.

Est-ce que tu as des retours des auteurs avec qui tu as travaillé sur les ventes de leurs livres ?

Je suis les auteurs avec qui je travaille. Ils sont souvent satisfaits et me font des retours sur leur vente. Je viens aux nouvelles pour savoir comment ça se passe. Ça permet à l’auteur de savoir qu’il a un graphiste qui s’implique.

Dans mon pack de couverture, j’inclus une prestation de promotion. Les auteurs ont une place sur mon site internet pour mettre leur livre en avant. Une couverture, c’est du marketing, donc je suis l’évolution du livre et j’aide les auteurs à les vendre en créant de la communication autour. Ça ne me coûte rien, c’est du partage et de la communication.

Pour toi, c’est quoi une couverture qui fait vendre ?

La tendance c’est une couverture pas trop chargée et qui va véhiculer une émotion à un potentiel lecteur. Une couverture qui parle à quelqu’un, c’est une couverture qui fait vendre. Il vaut mieux qu’il y ait peu d’éléments de bonne qualité plutôt qu’une couverture trop chargée. Les éléments doivent être parlants.

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Une image est jugée en quelques secondes. C’est une réaction émotionnelle qui doit être recherchée ?

Exactement et selon l’univers de l’auteur, j’essaye de coller à la tendance du moment sur ce qui fonctionne dans la ligne éditoriale. L’image est jugée en trois secondes : elle plaît ou ne plaît pas. Ça ne veut pas dire que c’est moche, cela veut dire qu’elle ne nous procure pas les émotions qui nous parle et qui nous pousse à l’action c’est a dire à acheter.

Suivant la thématique de l’auteur (et c’est toute l’importance de la communication) plus on parle, mieux on cible la thématique du livre et plus on arrive à rendre l’effet recherché.

Pour parler des choses qui fâchent : quel est le bon prix pour une bonne couverture ?

De pro à pro, un vrai pack de couverture peut coûter un bras ou même deux ! De 600 à 1500 €. Personnellement, j’essaie de cibler une catégorie plus modeste. En dessous de 100 €, on a généralement affaire à des amateurs qui font ça à côté de leur boulot. Ils ne peuvent pas vivre de cette activité à ce prix. Ce n’est pas possible. Certains amateurs travaillent très bien, mais ils n’y passeront pas le même temps qu’un pro.

J’ai commencé avec un pack à 80 € qui proposait la même qualité que ce que j’offre aujourd’hui et ce n’était clairement pas assez cher. Aujourd’hui, mon pack est à 300 € avec la prestation de communication qui va avec. En dessous de 300 €, il faut s’attendre à quelque chose de médiocre et on va payer le prix de la qualité. C’est logique, moins on paye cher et moins celui qui le fait passe du temps dessus.

Il vaut mieux investir dans un graphiste pro qui va répondre à vos attentes plutôt que de faire appel à un amateur qui va vous prendre 50 €, mais qui ne fournira pas le travail demandé.

En effet, c’est un investissement. Malheureusement tout le monde ne peut pas sortir cette somme, mais cela peut se ressentir sur les ventes de son livre.

Pour moi une couverture de 50 à 150 euros, ça ne peut pas être de qualité. Des gens le prennent, car leurs moyens ne leur permettent pas de prendre plus cher. C’est pour cela que je proposerai bientôt des packs allégés à 100 à 150 €. Cela permettra aux petits budgets d’accéder à de la qualité.

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Maintenant, parlons des trailers, ces bandes-annonces vidéo pour livre. C’est très à la mode, mais est-ce que c’est utile ou est-ce que ça sert juste à se faire plaisir ?

Les deux. C’est à la fois un achat plaisir et utile. C’est la cerise sur le gâteau en quelque sorte. C’est bling-bling, on est d’accord, mais si la vidéo est percutante ça peut être un outil de communication non négligeable. Un trailer aura plus d’impact que le pack de couverture. On est un cran au-dessus dans la communication et on gagne indéniablement en visibilité.

J’ai récemment réalisé un pack couverture et un trailer pour une auteure. Tout a été posté sur Facebook. En moins de 24 h, le pack de couverture a eu entre 300 et 400 vues et le trailer a eu entre 1500 et 2000 vues.

Il y a un engouement pour les animations graphiques. Les maisons d’édition s’y mettent, mais elles ne sont pas spécialistes là-dedans, car cela coûte un bras. Je fais un pack couverture + trailer pour 600 €. Je fais le même prix pour un trailer que pour la couverture. Chez un autre pro, ça coûte le double. C’est très en vogue et c’est un gage de crédibilité. Ça veut dire que l’auteur a été jusqu’au-boutiste dans la réalisation de son livre.

En effet ! Quelque soit le taux de conversion (NDA : le nombre de visiteurs qui deviennent des acheteurs) un pourcentage de 400 ou de 1500 vues ne représente pas du tout le même nombre de ventes.

Après mon dernier trailer, les retours des gens étaient très bons, car ça donne envie. Il y aura forcément des retours. C’est une évidence. Dans ce cas, l’auteure avait déjà des commandes alors que le livre n’était pas encore sorti.

Donc ton conseil est de péter le P.E.L. et de prendre le pack de couverture ET le trailer ?

(rire) La couverture reste l’élément essentiel. Le trailer n’est pas vital à la longévité du livre, mais cela aide à être vue. Les gens aiment regarder les trailers et les vidéos sont très à la mode. Cela permet de mettre en jointure le web et la littérature et ça fonctionne.

Un auteur qui a déjà son pack de couverture peut passer au trailer pour augmenter ses ventes. Un bon trailer peut rattraper une mauvaise couverture.

Merci, Aurélien, pour toutes ces informations. Ça donne envie ! Est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?

Je lance deux concours en cette fin d’année avec un trailer et un pack de couverture à gagner. La participation va jusqu’au 15 décembre 2018.

Message reçu. Les liens vers ton site et vers le concours seront insérés dans l’article. Au revoir, Aurélien.

Au revoir :)”

J’espère que cet article vous a plu. Merci de l’avoir lu. Toutes les images de couverture et trailers insérés dans cet article ont, bien sûr, été réalisés par Aurélien. N’hésitez pas à visiter son site et à faire part de vos réactions et questions dans les commentaires.

À bientôt


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