La traversée du désert

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Ne réglez pas votre navigateur internet, vous ne vous êtes pas trompé de site. Je ne vais pas vous expliquer comment survivre à une traversée du désert de Gobi en buvant de la sève de cactus et en mangeant du scorpion grillé. Ce désert dont je parle, c’est celui du découragement. Ce sentiment qui nous envahit tous à un moment ou à un autre.

Nous baissons la tête, les bras et nous nous répétons en boucle « A quoi bon continuer ? », « Je n’y arriverai jamais », « De toute façon, je suis nul. »…

Tout d’abord, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans ce désert. Vous croyez l’être, mais vous ne l’êtes pas. Il est plus ou moins long selon les cas, certains résistent mieux à la chaleur que d’autres, mais nous passons tous par là.

Comme pour le lancement d’une expédition, la publication d’un livre commence tout feu tout flamme. Nous sommes motivés, reposés et nos sacs sont remplis de barres protéinées et de gourdes débordantes d’eau fraîche. Nous sommes remontés à bloc et rien ne nous arrêtera !

Nous écrivons, corrigeons, réécrivons, publions, communiquons… Nous travaillons d’arrache-pied pour notre livre (ou notre blog). Nous savons que cela va être difficile, que le marché est très concurrentiel, mais nous y croyons et nous ne ménageons pas notre peine.

Le livre est lancé. Pendant quelques semaines, des ventes se font, de bons commentaires sont publiés… et puis tout retombe. La fatigue se fait ressentir, les gourdes sont vides, les protéines assimilées. À ce stade, nous avons beaucoup travaillé pour peu de résultats, et le découragement nous gagne. C’est le désert.

Qui a mis un $# !@% £ ! de désert sur ma route ?

Vous ! Ou plutôt vous vous l’êtes fabriqué vous-même de façon totalement involontaire. Il s’agit du résultat de plusieurs mécanismes psychologiques, soit inhérents à notre personnalité, soit répondants à des événements extérieurs, soit les deux.

La déception programmée

Vous est-il arrivé d’attendre la sortie d’un nouveau livre, film, album de votre artiste préféré avec un enthousiasme incroyable ? Puis le grand jour arrive enfin, vous vous précipitez dans votre Fnac ou votre salle de cinéma et là… grosse déception. Le résultat de votre attente est très éloigné de ce que vous espériez.

Pourquoi ? Parce que vous l’avez trop attendu justement. Votre enthousiasme était si immense qu’aucune œuvre, aussi géniale fût-elle, n’aurait pu être à la hauteur de votre attente.

Le mécanisme est le même pour votre œuvre. Vous avez mis tellement d’énergie, de passion et de sueur dans votre livre, que le nombre de ventes ne sera jamais assez grand, les commentaires des lecteurs n’auront jamais assez d’étoiles, le retour que vous en aurez ne sera jamais assez bon.

Votre conclusion mentale est alors « Tout ça pour ça ? » et vous vous démotivez.

La Fatigue

Écrire un livre, le publier et en faire la promotion est un travail que l’auto-édité fait le plus souvent seul… et c’est épuisant. C’est un travail de titan qui génère immanquablement une fatigue psychique et nerveuse à ne pas sous-estimer.

Cette fatigue peut générer des idées noires, une perte de l’estime de soi, une sensation d’impuissance, de renoncement et une incapacité à se projeter dans l’avenir.

Le simple fait d’en parler me donne envie d’aller me recoucher Winking smile

La Comparaison

Vous êtes déçu par vos résultats, épuisé par votre marathon et là… BOUM !

Un de vos amis auteur publie un commentaire bien pêchu sur Facebook pour faire savoir à tout le monde que son livre est dans le top 100 d’Amazon et qu’il a atteint le Graal des cinquante commentaires avec huit étoiles de moyenne.

De quoi donner envie de le bannir à vie de vos contacts et de torpiller son bouquin sur votre blog littéraire, non ?

Mais vous ne le faites pas, car vous êtes un auteur poli et généreux (et surtout cet ami auteur a, lui aussi, fait sa traversée du désert).

À la place, vous achevez de vous convaincre que vous n’êtes pas fait pour cela, que vous feriez mieux de tout laisser tomber et de vous lancer dans l’élevage de poulet OGM en batterie.

Où trouver une oasis ?

Autant vous le dire tout de suite, s’il y a un moyen d’éviter la traversée du désert, je ne le connais pas. Je suis, tout comme vous, sujet à ces périodes de découragement et je n’ai pas trouvé le moyen de les éviter totalement. Je doute d’ailleurs qu’il existe.

En revanche, je peux partager avec vous les petits trucs que j’utilise pour tenir assez longtemps, car, et c’est la bonne nouvelle du jour, ce désert a une fin.

Il ne faut donc pas chercher à l’éviter, mais plutôt à trouver les petites oasis qui le parsèment. Elles vous permettront de rester suffisamment hydraté pour le traverser sans vous écrouler et sans abandonner tout ce que vous avez construit jusqu’à maintenant.

1 — Se fixer des objectifs mesurables

Si je conseille de se fixer des objectifs mesurables dans un article sur deux, c’est pour deux bonnes raisons Winking smile

La première, c’est parce que c’est une bonne source de motivation.

La deuxième (et c’est celle qui nous intéresse), c’est parce qu’avoir un but évite la déception programmée.

Vous ne pouvez plus être déçu par vos résultats si vous avez un objectif avec lequel les comparer. S’attendre juste « à plus » ne pose aucun jalon, ne fixe aucune destination concrète et vous condamne à être éternellement insatisfait.

Pour que votre objectif vous évite cette déception, il doit être parfaitement mesurable (un chiffre est idéal, car totalement objectif) et délimité dans le temps.

Si vous avez atteint (ou dépassé) votre but, vous pouvez célébrer votre succès.

Si vous n’avez pas atteint votre objectif, vous pourrez vous montrer déçu, mais vous serez en capacité de relativiser votre déception. Vous aurez borné votre enthousiasme dès le départ, et l’écart sera plus facile à gérer émotionnellement.

2 — Se rappeler pourquoi nous le faisons

Vous, et vous seuls, savez pourquoi vous écrivez. Vous avez votre propre définition du succès et c’est elle qui vous fait avancer. C’est votre motivation profonde.

Que cette motivation soit de vivre de vos écrits, de gagner un prix littéraire ou seulement de tenir votre propre livre entre vos mains, elle est facile à trouver lorsque tout va bien, mais se fait plus rare en plein désert.

Alors, remémorez-vous-la. Faites-la resurgir en l’affichant sous votre nez en permanence.

Vous pouvez trouver une image sur Google qui illustre cette motivation ou la synthétiser en une phrase très courte, voire un seul mot. Définissez alors cette image comme fond d’écran de votre PC ou punaisez-la sur le mur en face de votre bureau.

Ce petit rappel vous aidera à garder le cap quand le temps vire au vinaigre.

3 — Chercher les petites victoires

Rien n’est jamais tout noir ou tout rose. Quand nous nous décourageons, quand nous déprimons, les signes négatifs ont une fâcheuse tendance à être plus visibles que les aspects positifs… mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas là.

Nous remportons chaque jour des petites victoires qui peuvent nous remonter le moral. Parfois, il suffit de les chercher pour les voir.

Quand un nouveau commentaire est publié, quand un lecteur me remercie pour mes conseils, quand mon livre est recommandé spontanément par un illustre inconnu, quand une nouvelle personne s’abonne au blog… tous ces événements sont des petites victoires qui nous arrachent au découragement.

Cherchez-les et vous les trouverez.

Il est vrai que ce blog a pour vocation à aider les auteurs à se bouger et à prendre leur vie et leur activité en main, car c’est le seul moyen d’obtenir des résultats dans le monde de l’auto-édition. Mais il est également bon de se montrer indulgent avec soi-même de temps en temps. Nous ne sommes pas des machines.

Alors, prenez soin de vous. Prenez le repos dont vous avez besoin. Célébrez vos victoires. Détendez-vous.

Toutes ces choses agréables contribuent, elles aussi, à prendre en main votre vie d’auteur.

Pour vous le prouver, aujourd’hui, c’est quartier libre Winking smile

Qu’allez-vous en faire ?


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3 commentaires sur “La traversée du désert”

    1. Hélas, oui! Il n’y en a pas qu’une. Heureusement, j’ai l’impression qu’elles deviennent de plus en plus courtes et de plus en plus “faciles” à mesure que le temps passe.

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