Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  

L’été de mes 11 ans, alors que je m’ennuyais comme un rat mort pendant les interminables vacances chez ma grand-mère (paix à son âme), j’ai commencé à remplir un cahier de travaux pratiques et à raconter toutes les histoires qui me passaient par la tête.

Je noircissais du papier en inventant personnages, intrigues, gags et rebondissements sans autre but que de passer le temps et de me faire plaisir. J’illustrais mes récits de magnifiques dessins ou collages et je ne montrais mes œuvres à personne. Je ne pense même pas que l’idée m’ait jamais effleuré l’esprit. Je le faisais pour moi.

Un poil conservateur, j’ai gardé ces cahiers de travaux pratiques que je relis parfois avec tendresse.

Avec le temps, j’ai fini de remplir mon cahier de travaux pratiques, puis un deuxième, un troisième, etc. jusqu’à me rendre à l’évidence: je voulais être écrivain. C’était ça mon but dans la vie. Mon rêve de gosse.

Mais pour devenir un “vrai” écrivain, il faut des lecteurs. Il faut être lu. Sinon, cela n’a pas de sens. Même un pré-adolescent sais ça. Alors j’ai commencé à écrire des histoires plus “sérieuses” pour être pris au sérieux. Le même genre d’histoires qui me faisaient vibrer le soir sous ma couette ou devant le grand écran. Des histoires fantastiques de monstres et d’épouvante. J’ai écris et je les ai fais lire à des gens. C’est là que les difficultés ont commencées.

Car en guise de lecteur, à l’âge pudique de l’entrée dans l’adolescence, j’avais le choix entre:

  • ma famille qui lisait mes créations et y répondait par un sourire poli qui signifiait “Vaut mieux qu’il fasse ça plutôt qu’il se drogue.”
  • les copains qui jetaient un coup d’œil ultra-rapide, se foutaient de ma gueule et retournaient jouer au foot.

Bref, pas vraiment le genre de motivation et d’encouragement dont j’avais besoin.

Alors j’ai laissé tomber. J’ai honte de le dire aujourd’hui, mais j’ai baissé les bras et je me suis mis aux jeux vidéo, puis à courir les filles, puis au boulot.

A l’âge de 31 ans, je me suis découvert une passion pour le théâtre et, avec elle, se sont présentées de nouvelles opportunités de raconter des histoires, d’écrire des saynètes… puis une pièce: “VOIR RIO… ET PARTIR”, l’histoire d’un couple de touristes coincé dans l’aéroport de Rio de Janeiro par un douanier trop zélé.

De rencontre en rencontre, j’en suis venu à l’improvisation théâtrale et je me suis arrêté sur ce genre car il regroupe tout ce pour quoi j’aime le théâtre. L’improvisateur est à la fois auteur, metteur en scène et acteur des histoires qu’il déroule, avec ses partenaires, devant le public.

A 41 ans, après un mariage raté, une carrière décevante et une nouvelle vie pleine d’amour et de promesses; dans un monde connecté où l’auto-édition offre de nouvelles possibilités aux “jeunes” auteurs, j’ai décidé qu’il était temps de réaliser mon rêve de gosse. Je serais écrivain. Je ne serais peut-être pas riche ou célèbre grâce à cela mais, comme le dit l’écrivain qui a le plus bercé ma jeunesse, le maître de l’épouvante, Stephen King:

“Écrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis (…). Écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages mais aussi à enrichir votre propre vie.”


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •