Dans le vaste cirque de l’édition, où chaque plume se prend pour un paon, pondre des histoires ne suffit plus. Il faut savoir s’auto-emballer avec un aplomb qui force l’admiration. Car oui, il ne s’agit plus seulement d’écrire, mais de brandir votre marque d’auteur comme un étendard pour rameuter les foules et vendre son œuvre comme un camelot écoulant des économes qui pèlent, tranchent, râpent et fait regretter à monsieur de ne pas rentrer plus tôt du bureau.
La bonne nouvelle ? Avec un peu de méthode, on peut éviter de sombrer dans l’anonymat littéraire et s’offrir une place au soleil.
Allez, sortez vos carnets, voici l’art et la manière de bâtir une marque d’auteur mémorable.
Votre marque d’auteur, c’est un peu comme votre haleine du matin : si vous ne la maîtrisez pas, elle peut nuire gravement à votre vie sociale.
En clair, il s’agit d’un savant mélange entre votre style, votre univers, et votre façon de vous donner en spectacle sur Internet. C’est votre signature littéraire, celle qui fera que vos lecteurs vous reconnaîtront et reviendront vers vous comme des abonnés Netflix un soir de pluie.
Les Anglais ont une onomatopée qui résume bien le destin de ceux qui négligent leur marque d’auteur : « Mèh ». Traduction ? Ni bon, ni mauvais. Juste oubliable.
Une marque d’auteur forte est ce qui vous permettra d’échapper à cette fadeur et d’inciter vos lecteurs à acheter votre dernier chef-d’œuvre avec la même ferveur qu’ils commandent une pizza un soir de flemme. Alors, pourquoi s’en priver ?
L’art d’écrire des phrases qui marquent l’esprit, mes chers amis, n’est pas plus inné que celui de réussir une mayonnaise sans la louper trois fois avant. Car oui, une marque d’auteur se façonne autant par le style que par la persévérance.
Si vous écrivez comme tout le monde, ne vous étonnez pas d’être aussi inoubliable qu’une annonce de vente immobilière. Il vous faut un style, une patte, une empreinte aussi reconnaissable que le rire de ma belle-mère. Votre marque d’auteur doit être reconnaissable.
Pour cela, cessez d’imiter Victor Hugo et assumez votre propre voix. Même si elle ressemble plus à celle de votre concierge qu’à celle d’un académicien pompeux.
Le lecteur moderne, déjà harassé par les embouteillages et les impôts, n’a pas le temps pour vos phrases interminables dignes d’un discours politique. Faites court, coupez, tranchez ! Mais ne soyez pas non plus aussi brutal qu’un boucher à la foire du gras : alternez le long, le court, le mordant et le percutant.
Un texte, c’est du jazz, pas un inventaire de préfecture.
Dire « Il faisait chaud », c’est bien. Dire « Le soleil tyrannique m’écrasait comme une baffe maternelle », c’est mieux. Une marque d’auteur forte, c’est aussi un univers visuel puissant, un style qui frappe l’esprit. Mais attention à ne pas sombrer dans la métaphore filée trop longue, sous peine de faire une Proustite aiguë.
Un texte mémorable est un texte qui chatouille, qui gratte, qui pique là où ça fait du bien. Le lecteur doit réagir, qu’il rie, qu’il pleure ou qu’il insulte votre prose en jetant son livre contre un mur (tant qu’il l’a acheté avant, tout va bien). Un auteur qui veut imposer sa marque d’auteur doit savoir jouer avec les émotions. Faites rire, pleurer, grincer des dents. Tant que votre livre ne laisse pas le lecteur indifférent, mission accomplie.
Lisez l’article : 12 conseils qui ont changé mon écriture
Votre marque d’auteur ne repose pas uniquement sur votre plume. Votre monde doit être aussi constant que la météo en Bretagne. Que vous écriviez de la fantasy héroïque ou des thrillers palpitants sur la fraude fiscale, vous devez imposer une ambiance, des thèmes récurrents et une atmosphère qui hante vos lecteurs même après qu’ils aient refermé votre livre.
Un univers crédible repose sur des règles solides. Si votre monde a des codes, respectez-les. Si vous décrétez que l’eau fait exploser les licornes, alors, par pitié, ne servez pas un thé bien chaud à votre héros licorne dans le chapitre suivant.
La cohérence, c’est ce qui permet à votre lecteur de plonger dans votre univers sans lever un sourcil sceptique en se demandant si vous avez abusé du vin chaud en écrivant. Une marque d’auteur forte, c’est aussi une crédibilité narrative à toute épreuve.
Décrire un monde ne signifie pas infliger à votre lecteur un inventaire interminable digne d’un bon de commande chez Castorama. Ce qu’il vous faut, c’est une ambiance.
Votre marque d’auteur, c’est aussi ce que vos lecteurs ressentent en tournant vos pages. Que votre monde sente la rouille et la pluie froide ou le miel chaud et la poudre à canon, il doit avoir une personnalité propre. Une empreinte sensorielle qui marque les esprits.
Un univers ne vaut rien sans ceux qui l’habitent. Vos personnages sont les ambassadeurs de votre marque d’auteur.
Un monde dystopique produit des survivants endurcis. Une comédie romantique génère des héros aux répliques ciselées. Votre aubergiste, votre détective, votre assassin ou votre elfe en crise existentielle doivent transpirer l’identité du monde que vous avez créé.
Un monde dystopique produira des gens endurcis, un monde de bisounours, des types qui méritent des baffes.
Lisez l’article : « L’outil magique pour créer un monde imaginaire«
Il est un fait indéniable et pourtant souvent nié par les écrivains : votre livre n’est pas fait pour tout le monde.
Non, votre roman n’est pas un pot de Nutella universellement apprécié des gourmands et des hypocrites. Il y aura toujours quelqu’un pour dire que votre prose est indigeste, que votre humour est douteux et que vos dialogues sonnent aussi naturels qu’un débat télévisé.
Et c’est tant mieux !
L’erreur fatale du scribouillard inexpérimenté ? Vouloir plaire à tout le monde. Or, un livre qui tente d’être universel finit par être aussi fade qu’un plat de cantine un lundi midi. Votre mission, si vous l’acceptez, est donc de cibler. Précisément. Chirurgicalement. Comme un sniper.
Demandez-vous : qui lira votre livre avec des étoiles dans les yeux ?
Si vous ne savez pas à qui vous vous adressez, vous écrivez dans le vide. Votre marque d’auteur doit être pensée pour un lectorat précis. Ce lectorat-là sera celui qui attendra votre prochain livre avec l’impatience d’un gosse un matin de Noël. Pas celui qui refermera votre roman en marmonnant : « Bof, j’ai pas accroché. »
Une fois identifié, plongez dans son esprit. Quels types d’histoires le font frémir de bonheur ? Quels thèmes le touchent ? Quels clichés lui donnent des envies de meurtre ?
Prenez l’exemple du lecteur de science-fiction. Il veut des mondes crédibles, des théories farfelues mais cohérentes, et il vous pardonnera d’ignorer la troisième loi de la thermodynamique tant que votre intrigue tient debout.
En revanche, si vous lui servez un triangle amoureux dans un vaisseau spatial sans la moindre explosion, il brûlera votre livre sur l’autel de son mépris.
Connaître votre lecteur, c’est affiner votre marque d’auteur pour qu’elle trouve un écho chez lui.
Une marque d’auteur forte, c’est aussi un ton et un style adaptés à votre cible.
Un livre n’est pas une élection présidentielle, inutile d’essayer de ratisser large. Concentrez-vous sur votre cible, parlez-lui directement et oubliez les autres.
Lisez l’article : « Vendre son livre en ligne : Ciblez votre lecteur »
On dit qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Ce qui prouve bien que « on » raconte souvent n’importe quoi. Votre marque d’auteur commence avant même qu’un lecteur ouvre votre livre.
Qui, parmi vous, s’est déjà précipité sur un roman dont la couverture évoquait un PowerPoint de stagiaire sous Lexomil ? Personne.
Et vous savez pourquoi ? Parce que l’œil humain est un tyran superficiel qui, avant de décider de lire, exige d’être séduit visuellement.
Votre couverture, c’est votre premier agent commercial. Si elle est moche, elle n’aura pas le privilège d’être seulement ignorée. Elle sera moquée, fuie, enterrée sous des tonnes de livres plus attirants, ceux qui, eux, ont compris que l’habit fait bel et bien le moine.
Si vous écrivez un polar sanglant et que votre couverture ressemble à une invitation pour un pique-nique champêtre, on va avoir un souci. Chaque genre a ses codes visuels, et ne pas les respecter, c’est comme écrire une romance en plaçant l’histoire d’amour en note de bas de page.
Mais attention ! Respecter les codes ne signifie pas photocopier la couverture du voisin. Le but n’est pas d’être un clone fade, mais d’être identifiable et distinct. Votre livre doit dire « Je suis un thriller palpitant », pas « Je suis un énième thriller générique vendu par palettes chez Lidl ».
Une bonne couverture, c’est un titre qui se lit sans avoir besoin d’une loupe d’archéologue. Si votre police d’écriture est aussi alambiquée qu’un contrat d’assurance, personne ne s’arrêtera sur votre livre.
Quelques règles d’or :
Si un jour vous avez la chance, ou la malédiction, d’écrire plusieurs livres, il serait judicieux d’éviter que votre lectorat se retrouve dans la même situation que Gilbert Montagné cherchant un pote dans une boîte de nuit.
Évitez Les banques d’images vues et revues (oui, on a tous déjà vu les images libres de droit disponibles sur Pixabay).
Une charte graphique, c’est cette petite touche qui fait que, d’un coup d’œil, on sait qu’un livre est de vous. Un style reconnaissable, une mise en page récurrente, une police constante.
Regardez les sagas bien ficelées : Harry Potter, Agatha Christie, ou même les romans de Bernard Minier. Tous ont une identité visuelle forte, au point que même un lecteur en manque de caféine peut les identifier en un instant.
Rappelez-vous ceci : un mauvais livre avec une bonne couverture peut se vendre. L’inverse, jamais.
Regardez la vidéo : « Réussir la couverture de son roman (même si vous êtes une bille en graphisme) »
Parce qu’Internet est une jungle où votre livre est un pissenlit perdu au milieu des séquoias de l’autoédition (c’est beau ce que je dis !).
Une page Facebook ? Bof, l’algorithme décidera que seuls trois de vos abonnés verront votre post, et encore, s’ils ne sont pas en train de regarder des vidéos de chats philosophes.
Instagram ? Un bon moyen de montrer vos jambes sur la plage mais peu efficace pour convaincre un lecteur d’acheter un roman post-apocalyptique.
L’email, en revanche, c’est direct. C’est intime. C’est comme glisser une lettre sous la porte sans qu’on puisse appeler les gendarmes. Votre message arrive droit dans la boîte de votre lecteur et si vous êtes habile, il l’ouvrira, il le lira et peut-être, dans un élan d’enthousiasme digne d’un télé-achat, il achètera votre livre.
Envoyer un email une fois tous les dix-huit mois, c’est inutile. En envoyer trois par jour, c’est criminel.
Il faut trouver l’équilibre entre se rappeler au bon souvenir du lecteur et lui donner envie de vous lire plutôt que de vous classer en spam avec les pubs pour pilules miracles.
Parlez de votre écriture, de vos inspirations, de vos galères, avec sincérité et une pointe d’humour. Et de temps en temps, glissez une offre : un nouveau livre, une promo, une invitation à un événement. Subtil, comme un espion russe en smoking.
Créer et entretenir une liste email, c’est comme entretenir une relation. Trop d’absence et on vous oublie. Trop d’enthousiasme et on vous bloque. Mais bien dosé, c’est une clé en or pour vendre vos livres sans avoir l’air de supplier.
Alors, à vos claviers ! Et souvenez-vous : un bon email, c’est comme un bon livre. Il doit captiver dès la première ligne, donner envie de continuer, et surtout, laisser un goût de « encore ! ».
Les réseaux sociaux sont à l’auteur ce que la danse du ventre est au fakir, un mal nécessaire pour capter l’attention sans y perdre sa dignité. Mais attention, car la frontière entre une présence efficace et une noyade dans le grand bain du narcissisme est aussi fine que la susceptibilité de ma femme quand elle nous sert « une recette qu’elle a inventée ».
Twitter, Facebook, Instagram, TikTok… À moins d’avoir plusieurs clones disponibles 24h/24, il est inutile de vouloir être partout. Choisissez un ou deux réseaux en fonction de votre public et de votre niveau de tolérance aux débats stériles.
Le piège des réseaux sociaux, c’est qu’on s’y connecte pour « juste poster un truc » et qu’on se retrouve trois heures plus tard à regarder des vidéos de chats ninja. Fixez-vous une règle : 30 minutes max par jour. Publiez, échangez, puis FUYEZ.
Aussi, résistez à l’appel du vide promotionnel. Un auteur qui ne parle que de son livre, c’est comme un invité de mariage qui ne parle que de son régime paléo. Insupportable.
Les réseaux sociaux sont un outil formidable, à condition de ne pas en devenir l’esclave. Restez humain, restez pertinent, et surtout, n’oubliez pas que votre vrai boulot, c’est d’écrire.
Regardez la vidéo : « Les réseaux sociaux sont-ils indispensables pour vendre son livre ? »
Construire une marque d’auteur, c’est comme monter un meuble suédois sans notice : c’est compliqué, ça prend du temps, et on ne comprend pas toujours ce qu’on fait. Mais avec un peu de méthode et de cohérence, on finit par obtenir quelque chose qui tient debout.
Votre voix, votre style et votre public feront de vous un auteur identifiable et apprécié. Et si, en prime, vous amusez la galerie avec un brin d’humour, vous aurez tout compris.
Et maintenant, si cet article vous a fait sourire, réfléchir ou simplement lever un sourcil dubitatif, dites-moi ce que vous en pensez ! Laissez un commentaire et partagez vos impressions.
Dans le monde de l’autoédition, “être original” est souvent présenté comme la qualité suprême. On…
Pourquoi vouloir écrire un roman à suspense ? ou, plus largement, pourquoi vouloir insérer du suspens…
Je me suis posé cette question : quels sont les conseils d’écriture qui ont le plus…
Rentrée littéraire, Black Friday, vacances d’été, printemps… toute l’année résonne d’occasion de faire la promotion…
Si vous voulez vendre votre livre, vous avez besoin de commentaires, c’est-à-dire d’avis de vos…
Vendre des livres jeunesse est un peu plus compliqué que de vendre des romans pour…
View Comments
J'aime beaucoup votre humour et votre style incisif. C'est très accrocheur comme façon d'écrire. Bravo.
Merci :)
Alors là, Jerome, tu tapes fort ! Pas avec le dos de la cuillère, mais avec le marteau de THOR ! On va pas s'géner, nom de diou. Merci pour cet article.
Merci beaucoup :)