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Définition : l’impression à la demande

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Chaque mercredi, j’explique et décortique un terme ou un concept en lien avec l’écriture, la publication et la promotion de livre.

Cette semaine : l’impression à la demande.

Qu’est ce que c’est ?

Rien de moins qu’une révolution.

Du temps, pas si lointain, de l’imprimerie traditionnelle (appelée impression Offset), nous avions besoin d’un imprimeur (souvent assisté d’un apprenti), de dizaines d’heures et de rotatives pesant plusieurs centaines de kilos de métal pour imprimer un livre relié en milliers d’exemplaires.

L’impression numérique avait déjà simplifié tout cela en allégeant le processus de production d’un livre en temps (des heures ramenées à quelques minutes), en tonnes de métal, en nombre d’exemplaires… et accessoirement en imprimeur et apprenti.

Couplés avec le développement des outils de bureautique et du web, les ingénieurs et commerciaux ont inventé l’impression à la demande. C’est-à-dire la possibilité d’imprimer un livre en un temps record, pour un petit prix et en très petite quantité (jusqu’à un seul exemplaire)

D’abord boudée par les distributeurs en raison du manque de qualité des produits en fin de chaîne, la technique de l’impression à la demande (ou POD pour Print On Demand en anglais) a vite comblé ce retard pour offrir aujourd’hui une qualité équivalente à celle de l’impression offset.

Qui le fait ?

Du fait de la dématérialisation du processus de commande, la quasi-totalité des prestataires permet la commande d’une impression en ligne. Il existe aujourd’hui trois types d’  « imprimeurs » :

Les grandes plates-formes de distribution

Amazon KDP, Lulu, Kobo, etc. ont intégré toutes les étapes de la vie d’un livre de la fin de son écriture jusqu’à la livraison chez le lecteur.

Quand l’auteur a terminé la dernière version de son livre, il en dépose le fichier numérique sur le site du distributeur. Celui-ci le rend disponible sur son site marchand après réalisation des étapes nécessaires à sa vente (attribution d’un numéro ISBN, conception d’un code-barre, fixation d’un prix de vente public, TVA, etc.).

Lorsqu’un futur lecteur commande le livre sur le site marchand, le distributeur lance l’impression du livre au nombre d’exemplaires commandés (et pas un de plus), empaquette l’ouvrage et l’envoi au domicile du client. Durant tout ce temps, l’auteur n’a jamais eu à intervenir.

Une demande = Une impression. Le distributeur travaille toujours en flux tendu (zéro stock) et le livre est toujours disponible.

Les imprimeries en ligne

Elles sont nombreuses. On peut citer, parmi beaucoup d’autres, les sites Books On Demand (BOD pour les intimes), Veoprint ou Printshot.

Ces prestataires ne sont pas des distributeurs, mais des imprimeurs. Dans le cas d’un livre auto-édité, c’est l’auteur qui passe commande en indiquant le nombre d’exemplaires souhaité. L’imprimeur produit les exemplaires selon la commande de son client et livre à l’adresse de l’auteur qui se charge ensuite de la vente et de la distribution de son ouvrage.

L’auteur a alors la charge du stock des exemplaires qu’il a commandé, mais l’impression à la demande lui permet de commander des quantités raisonnables (de 50 à 200 exemplaires en moyenne) pour diminuer ses contraintes (espace de stockage notamment) et son risque d’invendu.

Les libraires

C’est tout nouveau. Il existe des librairies équipées d’une « Expresso Book Machine » (de chez Xerox). Elle tient son nom des machines à café instantané et permet aux clients d’une librairie d’avoir accès à l’impression à la demande directement dans leur magasin préféré.

La Book Machine dispose d’un catalogue de livres intégré. Le client sélectionne l’ouvrage qu’il souhaite sur un écran tactile et la machine en imprime un exemplaire, reliure et couverture incluses en quelques minutes, devant lui.

Tout nouveau, tout beau, mais représentant un investissement plus que conséquent pour le commerçant (environ 80 000 € à l’achat, 250 € mensuel en location), seulement six librairies sont équipées en France à l’heure où j’écris ces lignes.

Les sociétés qui fabriquent et commercialisent ces machines ont maintenant à convaincre les maisons d’édition d’intégrer leur fameux catalogue.

Est-ce que ça en vaut la peine ?

Ooooooh oui ! Lorsque je parlais de révolution ce n’était pas à la légère, et en particulier pour les auteurs auto-édités, directement impactés par cette technique d’impression qui a bouleversé le monde du livre.

Si un auto-édité voulait imprimer, publier et vendre son livre en passant par l’impression traditionnelle, il devrait supporter :

  • l’investissement financier que représente l’impression d’au moins mille exemplaires (car l’impression offset n’est pas rentable en dessous),

  • la gestion du stock (local de stockage, gestion des entrée-sortie, etc.) avec le risque de rupture,

  • le risque lié aux invendus,

  • les délais de fabrication.

Grâce à l’impression à la demande, l’auteur ne gère plus de stock (ou peu), car il peut commander des exemplaires en petite (voire très petite) quantité pour un coût minime et en un minimum de temps. Il ne court plus le risque que son livre soit en rupture de stock chez le distributeur et ne se retrouve pas avec des tonnes d’invendus sur les bras.

L’impression à la demande a permis le développement de l’auto-édition que nous connaissons. Beaucoup d’auteurs indépendants ne pouvant pas se permettre l’investissement en argent, temps et énergie que demande l’impression Offset, cette révolution numérique leur a ouvert des portes.

En d’autres termes, c’est très certainement grâce à l’impression à la demande que votre livre sera un jour publié, distribué et lu.

Il ne reste plus qu’à l’écrire 😉


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  1. Bon article même s’il ne m’a rien appris et qui met en perspective le phénomène de l’impression à la demande.
    Bravo pour ce blog très utile et très bien écrit. C’est assez rare pour le noter.
    Amicalement

  2. Bonjour
    Vive le progrès !
    J’ai plusieurs livres et livrets en attente …
    Je suis devenue une vieille dame avec des problèmes d’usure : déplacements déconseillés, , ouïe un peu laborieuse et oreilles paresseuses, ce qui ralentit ma vivacité. Donc je suis accro à mon clavier …
    Donc merci pour cette info que je vais mettre en application.
    Selon vous quelle filière est le moins technique?
    En tout cas merci.
    Colette Trublet

    • Jérôme Vialleton

      Bonjour Colette,
      Le plus simple est probablement de passer par une grande plate-forme de distribution comme Amazon ou Kobo car ils prennent en charge beaucoup de tâches comme l’expédition et la gestion des stocks. Si vous avez des difficultés à vous déplacer, il vaut mieux éviter les trajets à la Poste les bras chargés de livres!
      Je sais que certaines personnes évitent Amazon pour des raisons éthiques (c’est leur droit), mais cela reste le plus gros distributeur de livres dans le monde. A n’en choisir qu’un pour commencer, je prendrai celui-là.
      Bonne continuation à vous.

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