7 sources d’inspiration pour trouver l’idée de votre roman

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Vous voulez savoir comment on trouve une idée de roman? Je vais vous le dire, mais laissez moi d’abord vous raconter une histoire.

Le 2 décembre 2017, je passais un dimanche tranquille avec ma belle-famille. Ma compagne était alors enceinte de plusieurs semaines. Nous savions que ce serait un garçon, et nous savions que nous l’appellerions Charlie. A cette époque, bon nombre des conversations tournaient autour de la grossesse, des bébés et des enfants.

Mon adorable belle-mère s’inquiétait à voix haute de l’effet potentiellement néfaste des smartphones et tablettes sur les tout-petits. J’allais dans son sens, et je racontais comment, étant enfant, je passais des heures dans ma chambre à jouer avec mes figurines, à leur inventer des aventures. C’est sans doute grâce à cela que j’avais acquis ce goût et cette « aisance » à raconter des histoires. Si les tablettes avaient existé en ce temps-là, j’aurais probablement passé tout mon temps le nez collé dessus et ma vie aurait été très différente. J’ai toujours placé l’imagination et la créativité très haut sur l’échelle de mes valeurs.

Ma compagne enchaîna en se rappelant que, étant petite, elle avait un ami imaginaire qui la suivait partout. Un homme invisible du nom de Harold et…

BING !!!!

C’est ce qu’il s’est passé dans ma petite tête. Il y a eu une collision, un choc frontal entre deux idées : un enfant imaginatif qui s’invente des histoires et un ami imaginaire invisible. Ainsi est né le concept de « Charlie et le magicien invisible ».

Ce phénomène n’est pas rare. Il est même particulièrement fréquent pour tout et n’importe quoi. J’ai des courgettes, j’ai du fromage… BING ! Je fais un gratin de courgettes.

C’est également ainsi que bon nombre d’idées d’invention émergent. J’ai une moto, j’ai des skis… BING ! J’invente la motoneige (ou Ski-doo pour les Québécois).

Bref, ce que nous appellerons ici l’inspiration peut se manifester n’importe où, n’importe quand et à n’importe quel sujet. Les Grecs de l’antiquité appelaient les muses, Stephen King y fait référence comme au type qui squatte son garage et pille son frigo, Elizabeth Gilbert l’imagine comme des entités magiques qui nous rendent visite… peu importe. Cette inspiration, c’est elle qui décide où, quand et comment elle frappe.

« Mais alors, me direz-vous, comment savoir si cette inspiration va un jour me bénir de son touché gracieux et me faire don d’une idée de roman ? Je vais peut-être attendre toute ma vie pour rien ! »

Tututut ! Pas de défaitisme prématuré ! L’inspiration est comme un joueur de baseball qui s’entraîne à la frappe. Plus vous lui envoyez de balles, et plus il a de chances de réaliser un home run.

Voici donc des sources d’inspiration connues et reconnues pour leur efficacité qui vous permettront d’approvisionner votre inspiration en matière première.

1 — Sortir

Vous l’avez compris avec mon exemple, une idée peut vous venir n’importe où.

Stephen King a eu l’idée de la scène d’ouverture de Carrie en faisant un petit boulot de nettoyage du vestiaire des filles, dans un lycée. S’il était resté chez lui, le nez collé sur sa machine à écrire, à attendre que l’inspiration vienne, il serait peut-être encore prof de lycée et non l’un des auteurs les plus prolifiques de ce siècle.

Il convient donc de sortir, de s’aérer l’esprit. D’abord parce que l’air frais est un excellent stimulant, mais aussi parce qu’observer la vie en 3D qui se déroule devant vos yeux est source d’inspiration.

Vous devez donc être attentif à ce qu’il se passe autour de vous. Soyez un spectateur actif, ne vous contentez pas de mettre un pied devant l’autre en attendant que cela se passe. L’idée que vous recherchez peut venir de n’importe où : la forme d’un nuage, le braiment d’un âne au loin, la démarche d’un passant…

Faites ce qui vous convient le mieux. Certains trouvent une grande source d’inspiration dans une promenade en pleine nature, d’autres s’abreuvent en observant les gens passer depuis une terrasse, un verre de vin à la main.

Il n’y a pas UN type de sortie meilleur qu’un autre. Vous devez avant tout y prendre du plaisir.

2 — Les nouvelles expériences

Avez-vous déjà essayé le canoë ? La nourriture coréenne ? L’accrobranche ? Le théâtre d’improvisation ? La peinture sur soie (ou sur soi Winking smile ) ?

L’expérience est pour moi le plus grand des trésors. C’est ce qui fait de nous des êtres riches et complets. J’ai essayé des centaines d’activités (dans la limite de mes moyens) tout au long de ma vie, et je ne connais pas de meilleures sources d’inspiration.

Vous découvrirez de nouvelles sensations, de nouvelles façons de voir les choses et les gens, de nouvelles émotions. C’est le saint Graal de tout auteur qui souhaite transmettre des émotions à ses lecteurs et cette manne est abondante et très accessible. Pourquoi s’en priver ?

La réponse à cette question est très souvent la peur. Nous avons peur de ne pas y arriver, nous avons peur d’être ridicules devant les autres. Heureusement pour nous, 99,99 % de ces autres personnes ne s’attendent pas à ce que vous soyez parfait dès votre premier essai, et 101 % de ces mêmes personnes se fichent complètement de vos performances et ne vous regardent même pas.

Donc, pas d’excuse.

3 — Rencontrer des gens

Parfois, le début d’une idée d’histoire ne part pas d’un concept, mais d’un personnage. Un caractère, une personnalité loin des clichés habituels qui portera une histoire d’une façon inédite.

J’ai une bonne nouvelle ! Les rues de votre ville ou village sont bondées de personnages comme ceux-là. Il ne tient qu’à vous de les rencontrer et de les découvrir.

Pour réussir, quelques conseils :

Ne les informez pas que vous cherchez de l’inspiration en eux, en tout cas pas au début. Qu’ils puissent se retrouver propulsés dans une histoire dont ils ne savent rien et dans la peau d’un personnage sous le total contrôle de la plume d’un inconnu peut en effrayer plus d’un.

Écouter plus que vous parler. C’est vous qui êtes en quête d’inspiration, pas eux. Vous devez donc avoir les oreilles ouvertes et la bouche fermée. Heureusement, la plupart des personnes aiment parler d’elles et n’ont pas besoin d’être poussées très longtemps avant de raconter des histoires et de se dévoiler.

Si vous trouvez le personnage de vos rêves parmi une de vos connaissances, gardez le ou les traits de sa personnalité qui vous intéressent, grossissez-les jusqu’à la taille souhaitée… et changez tout le reste. Décrire de façon trop précise une connaissance peut devenir très délicat si la personne en question ne se sent pas flattée par la description. La perception des autres est aussi imprévisible que le tirage du loto. Vous ne pouvez jamais savoir comment ils réagiront.

4 — Parler de ce que l’on connaît

Si vous avez pour ambition d’écrire votre premier roman, je vous conseille vivement de débuter avec un sujet que vous maîtrisez déjà.

Bien sûr, vous pouvez écrire sur tout ce que vous voulez. En théorie, vous ne souffrez aucune limite. En pratique, si vous abordez un récit à une époque ou dans un contexte dont vous ignorez tout, vous devrez vous immerger dans des heures et des heures de recherches et de documentation afin de comprendre le contexte de votre propre histoire. Vous devrez vous efforcer de comprendre tous les tenants et les aboutissants de chaque événement en partant de zéro. C’est une difficulté qui s’ajoutera à l’apprentissage de la construction d’une intrigue, du développement des personnages, de la structure de l’histoire, du choix du temps, du point de vue, etc.

Bref, si vous débutez, simplifiez-vous la vie.

Si vous avez passé votre enfance dans les Vosges à escalader des montagnes avec votre papy, vous connaissez déjà le vocabulaire de l’alpinisme, les difficultés que cela représente, les risques de cette activité… Vous êtes déjà imprégné de ce contexte. Rendez-vous service, et commencez par là.

Vous pourrez écrire une romance pendant la révolution péruvienne du XVIIe siècle quand vous maîtriserez les bases de l’écriture d’un roman.

5 — Observer les enfants

Avez-vous déjà observé des enfants qui jouent ? Quand ils n’ont pas le nez collé à un écran, leur faculté à ouvrir leur esprit et à explorer l’imaginaire à travers le jeu est infinie. C’est la base de toute source d’inspiration, sa substantifique moelle.

Si vous avez réussi à garder cette âme d’enfant, vous n’avez sans doute pas besoin de lire cet article. Chaque information que vous recevez peut être retournée et reconvertie en histoire potentielle, comme les enfants qui s’amusent avec la boîte du jeu que vous venez de leur offrir plutôt qu’avec le jeu lui-même.

Si, comme pour beaucoup, l’éducation scolaire a remplacé tout ou partie de cette créativité débridée par des compétences organisationnelles, alors vous pouvez remplacer ce que vous avez perdu en observant les enfants jouer.

C’est toujours frais, inattendu, expérimental, décomplexé, drôle et à contre-courant de nos éternels schémas.

À consommer sans modération.

6 — Chercher dans l’histoire

La vie est la plus grande créatrice de bonnes histoires. Les intrigues au sein de la cour des rois et des reines, les drames passionnels, les enquêtes à rebondissement, tout s’est déjà déroulé un jour, quelque part dans le monde, et reste libre de droits. Vous n’avez qu’à vous servir.

Lorsque je parle d’histoire, c’est au sens large du terme. Vous pouvez tout aussi bien trouver l’inspiration dans un manuel scolaire sur l’histoire de France qu’à la page des faits divers de votre gazette locale. Il vous suffit pour cela de la parcourir avec l’esprit ouvert. Gardez toujours cette question à l’esprit « Qu’est ce qui pourrait servir de base à un bon roman ? »

Les histoires racontées par vos proches et vos connaissances peuvent également être une grande source d’inspiration.

7 — Se fixer une contrainte

Dans le théâtre d’improvisation, il arrive très souvent que l’animateur de la soirée donne une contrainte de jeu (appelée catégorie) aux comédiens en plus du thème à traiter. Si le public est souvent saisi d’effroi ou d’admiration quand cela arrive, les joueurs, eux, sourient intérieurement.

En effet, les improvisateurs aguerris savent qu’une contrainte, loin d’être handicapante pour la création d’une histoire, est au contraire un facteur facilitant et une source d’inspiration.

Lorsqu’elle est débridée, l’imagination galope comme un cheval sauvage. Elle court sans but et part dans tous les sens. Il peut alors être difficile de tirer UNE idée du flot ininterrompu de balles qu’elle nous envoie dans tous les sens.

Une contrainte pose un cadre et canalise l’imagination. L’esprit part alors de la contrainte et développe tout ce qu’elle lui permet d’inventer. Selon mon expérience d’improvisateur et d’auteur, cela fonctionne très bien.

Que feriez-vous d’un polar sans crime ? D’un personnage qui change d’humeur à chaque chapitre ? D’une romance racontée du point de vue de la femme de ménage ? D’un meurtre commis avec une râpe à fromage ?

J’entends d’ici vos neurones palpiter Winking smile

Si vous souhaitez puiser l’inspiration dans des thèmes d’improvisation théâtrale ou dans ces contraintes (appelées catégories), je vous invite à visiter le site de dramaction.

Notez tout!

Pour finir, un dernier conseil qui vous évitera de véritables drames.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir une super idée ! LA super-idée-géniale-de-la-mort-qui-déchire-tout ?

Vous l’avez eu un soir, juste avant de vous coucher, et vous ne l’avez pas noté en vous disant qu’il était impossible d’oublier quelque chose d’aussi génial… et le lendemain matin, l’idée avait disparu. Impossible de remettre la main dessus, et ce malgré tous vos efforts.

Rassurez-vous, ce n’est pas Alzheimer, c’est complètement normal. Notre mémoire est une raquette pleine de trous et il vaut mieux prévoir un filet de sécurité.

Pour cela, rien de plus simple : notez toutes vos idées immédiatement soit sur un carnet papier que vous aurez toujours sur vous, soit sur une application de votre téléphone (Note, Evernote, etc.).

Notez-les toutes. Ne les jugez pas au premier abord. Pas de filtre, pas d’autocensure. Peut-être n’en aurez-vous jamais besoin, mais peut-être que cette idée griffonnée rapidement sur un coin de table sera le sujet de votre premier roman.

Qu’avez-vous à y perdre ? Une ligne sur un carnet ? Un quart d’octet de mémoire sur votre téléphone ?

Notez-les toutes !

C’est la fin de cet article. J’espère que vous aurez trouvé de quoi faire surgir idées, personnages et concepts nouveaux. Souvenez-vous qu’il ne suffit pas de mettre en pratique un de ces conseils une fois pour connaître l’illumination créative. C’est un processus continu qu’il faut entretenir et développer en permanence.

Vous avez maintenant des pistes pour faire pousser des idées. Suivez-en une, suivez en sept ou suivez en d’autres. Peu importe. L’important est que vous enclenchiez les moteurs de votre imaginaire et que, bientôt, le papier se noircisse. Une idée de roman ne vaut rien tant qu’il n’est pas écrit.

Maintenant, c’est à vous de jouer.


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