Comment écrire un roman à la première personne

Comment écrire un roman à la première personne
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Écrire un roman à la première personne est l’un des choix que vous avez à faire avant de commencer à écrire. C’est l’une des étapes essentielles à ne pas sous-estimer dans la préparation de votre roman. C’est le choix du narrateur, celui qui va prendre le lecteur par la main et l’emmener tout au long de votre récit.

Grammaticalement, vous avez le choix entre la troisième personne (la plus commune), la deuxième (très rare) et la première personne. Avec un large panel de possibilités qui lui sont propres, l’écriture d’un roman à la première personne est un exercice difficile, mais qui peut en valoir la chandelle si on la choisit pour les bonnes raisons et en prenant garde aux pièges qu’elle nous tend.

Dans cet article, je vous propose une liste de points, astuces et conseils pour écrire un roman à la première personne tout en m’appuyant sur des références littéraires et des exemples de mon cru.

(Lisez l’article : “Comment éviter les clichés“)

écrire à la première personne, c'est parler avec la voix de son personnage
Image par StockSnap de Pixabay

Pourquoi écrire un roman à la première personne ?

Mais alors, si c’est si difficile d’écrire un roman à la première personne, pourquoi s’embêter avec cela ? Pourquoi ne pas se contenter du point de vue à la troisième personne ?

Parce qu’utiliser la voix du narrateur est un outil puissant pour impliquer le lecteur émotionnellement et le rapprocher de votre personnage, mais cet outil a ses exigences : si votre personnage est ennuyeux, votre histoire sera ennuyeuse. S’il raconte ses exploits, il aura l’air vaniteux, etc.

En écrivant à la première personne, vous donnez un télescope au lecteur et vous le lui pointez directement sur le cerveau de votre personnage. Autant dire que ce qui s’y trouve a intérêt à valoir le coup d’œil.

Un exemple :

« Si vous êtes marié comme moi, vous savez comment sont les femmes : impatientes, exigeantes. Elles sont comme des papillons de nuit. Elles se réchauffent, s’éblouissent aux lumières d’un homme, mais elles s’envolent à la première panne de secteur.

Alors il faut rester au top. Leur montrer que vous êtes toujours là pour prendre les décisions. Les bonnes décisions. Je sais bien que la plupart des femmes vous diront qu’elles veulent un homme tendre et attentionné, mais c’est des conneries. Elles ne veulent pas de tendresse, elles veulent savoir quoi faire, qui écouter et à qui obéir. Ça les rassure. Ça fixe des limites. Tout le monde a besoin de savoir où sont les limites. N’importe quel psychologue vous le dira. Les limites posent un cadre. Elles fixent les règles pour une vie saine et sereine. Et c’était exactement ce que j’avais fait hier soir. Elle avait dépassé les limites et je lui avais rappelé où elles se trouvaient. »

Bien sûr, nous n’aimerons jamais ce personnage, mais en écrivant son histoire à la première personne nous le connaîtrons mieux que personne. Ce passage révèle son mode de pensée, sa vision biaisée de la réalité. En choisissant ce narrateur, je vous montre son point de vue.

Dans le même temps, en le faisant se justifier (« N’importe quel psychologue vous le dira ») et en montrant sa vanité phallocrate («  Elles se réchauffent, s’éblouissent aux lumières d’un homme »), je vous montre également mon désaccord avec ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il n’y a donc pas de risque pour qu’un lecteur éclairé confonde mon point de vue avec celui de mon personnage.

Si c’est le résultat que vous voulez, alors la première personne est le point de vue qu’il vous faut.

écrire à la première personne, c'est faire un zoom sur le cerveau de son protagoniste
Image par aytuguluturk de Pixabay

Créer une voix originale

Si vous décidez d’écrire un roman à la première personne, vous faites le choix de dire votre histoire avec la voix d’un autre, celle du personnage qui raconte.

En tant qu’acteur de théâtre (amateur), je peux vous dire que l’écriture à la première personne est très proche de l’interprétation d’un rôle. Il s’agit véritablement de s’exprimer avec la voix de son narrateur. De refléter sa personnalité et son niveau d’instruction à travers vos mots bien choisis.

La différence entre l’écriture et la comédie se fera évidemment au niveau de l’orthographe et de la ponctuation. Si votre narrateur est peu éduqué, par exemple, ou une personne venant d’une région avec un accent marqué, vous devrez faire attention à ce que ses origines géographiques et sociales ne se reflètent qu’à travers sa syntaxe et son vocabulaire. Ne prenez pas trop de liberté avec l’orthographe.

Par exemple, si votre narrateur est un natif de la ville de Marseille, évitez d’écrire ainsi :

« J’avais une faimg de loup. Mathilde m’avait préparé un civet de laping et putaing. Je me suis régalé. »

De la même façon, si votre narrateur parle comme un paysan des années 40, évitez les libertés orthographiques et l’inondation d’apostrophes dans ce genre :

« J’peux pas croive qu’un gars d’son genre il ait fèt un truc comm’sa »

Ok, vous trouvez peut-être ça rigolo sur une phrase ou deux. Mais vous imaginez-vous lire 300 pages écrites comme cela ? Moi non.

D’ailleurs, si on y réfléchit deux minutes, cela n’a pas de sens de retranscrire l’accent de votre narrateur à l’écrit, car lui n’a pas conscience d’avoir un accent. C’est l’auteur (donc vous) qui a un accent différent de celui de son narrateur et qui se croit donc tenu de l’écrire différemment.

Enfin, vous l’aurez peut-être remarqué dans les exemples ci-dessus, l’abus de raccourcis ou d’apostrophes tend à dénigrer le personnage concerné, à se moquer de lui. Aussi vaut-il mieux l’éviter quand on veut écrire un roman à la première personne.

Le narrateur doit-il être le personnage principal ?

C’est logique. Si vous écrivez en utilisant la voix de l’un de vos personnages, il faut que ce personnage soit un protagoniste important de votre histoire. Dans la mesure où le narrateur ne raconte que ce qu’il a vu et entendu, il est inévitable qu’il soit impliqué dans l’action et le déroulement des scènes.

Attention, je n’ai pas dit que cela devait être LE protagoniste principal (même si c’est souvent le cas), mais l’un d’entre eux.

L’exemple le plus connu de cette nuance est certainement les aventures du célèbre Sherlock Holmes de Conan Doyle. Les enquêtes du plus british des détectives sont contées à la première personne par son assistant, le docteur Watson et non par le personnage principal. Et là, je pose LA question qui compte vraiment : pourquoi ?

Pour faire des cachotteries

La première de ces raisons est sans doute la commodité du stratagème pour entretenir le suspens jusqu’au bout. Holmes étant un génie de l’observation et de la déduction, il voit et comprend des choses que le commun des mortels ne conçoit pas. Si Doyle avait écrit du point de vue de Holmes, il aurait été contraint de tout nous révéler au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête, ce qui aurait gâché le suspense. Mais en optant pour le point de vue de Watson, Doyle est en capacité de nous faire des cachotteries qui ne seront révélées qu’à la fin.

Les narrateurs peuvent distribuer les informations au compte-goutte. Cela peut paraître illogique, mais c’est bien accepter par les lecteurs à la condition qu’il les divulgue au fur et à mesure qu’il les apprend et pas seulement quand ça arrange l’auteur.

Des phrases dans le genre…

« Elle m’a dit autre chose, mais je ne me suis rendu compte que c’était important que bien plus tard. »

… peuvent très bien être acceptées par le lecteur de temps en temps. Mais si cela devient une habitude, nous perdons la confiance qu’il place en nous. Au lieu de nourrir le suspens (ce qui est l’objectif), nous ne faisons que l’affaiblir.

On passe du temps avec les gens qu’on apprécie

La deuxième raison du choix de Doyle, c’est que Sherlock Holmes est un connard vaniteux que le lecteur aurait sans doute eu du mal à supporter pendant autant de livres, autant de pages.

Le lecteur doit éprouver une certaine sympathie pour le personnage de premier plan, surtout si vous écrivez une série ou une trilogie. Votre narrateur devra donc accomplir des choses intéressantes ou bien souffrir pour justifier de son rôle dans l’histoire et ne pas être un simple spectateur qui prête sa voix au récit.

Sherlock Holmes, un classique des romans écrits à la première personne
Image par shell_ghostcage de Pixabay

Attention au mélo

Si écrire un roman à la première personne est un exercice difficile, c’est parce que votre façon de présenter les choses sera un subtil dosage entre la personnalité de votre protagoniste et l’émotion que vous essayez de transmettre au lecteur.

Un exemple : Si votre narrateur assiste à la mort de son enfant, percuté par un chauffard, vous devrez jongler entre le débordement d’émotions larmoyantes et (trop) mélodramatiques et la description clinique des événements qui fera passer votre narrateur pour une personne froide et insensible, voire morbide. Une autre possibilité est de contourner la difficulté en n’étant pas témoin de la scène et en se la faisant raconter par un témoin. Efficace, mais un peu facile.

Faites tomber le 4e mur

Je reviens à ma métaphore sur le comédien de théâtre. Lorsqu’il joue face au public, on dit que le comédien est face au 4e mur. Il ne voit pas les gens dans la salle, mais s’imagine être face à un mur invisible qui le sépare des spectateurs.

Lorsqu’on décide d’écrire un roman à la première personne, le 4e mur est un luxe que l’on ne peut pas se payer. Le narrateur qui s’exprime à la première personne prend physiquement part à l’action. Il se doit donc d’avoir une raison de raconter son histoire et il sait parfaitement à qui il s’adresse.

Vous devez donc intégrer dans l’histoire la raison ET la façon dont la narration se déroule. Pour cela, il existe plusieurs « astuces » d’auteur que vous pouvez utiliser comme bon vous semble :

1 — L’histoire dans l’histoire

Un type entre dans un bar et raconte à son voisin de comptoir l’incroyable histoire qui lui est arrivée : on introduit l’histoire à la première personne comme un événement passé et racontée dans le présent dans des circonstances données.

Vous pouvez introduire cette circonstance au travers d’un prologue que vous écrirez à la troisième personne, puis vous écrirez à la première personne quand le récit de l’histoire commence.

Exemples de cette méthode : « La machine à remonter le temps » d’HG Wells, « L’homme qui ne voulait pas serrer la main » de Stephen King.

2 — Roman épistolaire

Un chapitre = Une lettre

C’est la structure la plus classique pour ce type de roman. En s’adressant à une personne en particulier, le narrateur va se livrer sur le ton de la confidence et partager ses pensées et ses émotions à l’écrit.

Exemples de cette méthode : « La couleur pourpre » d’Alice Walker, « Il faut qu’on parle de Kevin » de Lionel Shriver.

3 — Compte rendu

Ils peuvent prendre plusieurs formes différentes : journal intime, rapport médical, plaidoiries, témoignages.

Ici, le narrateur ne sait pas exactement à qui il s’adresse. Il en a peut-être une vague notion, mais c’est tout. Son but ici est de laisser une trace de ce qu’il a vécu, de porter un message ou de prévenir d’une menace ou d’un danger. Sa motivation est généralement désintéressée.

Exemples de cette méthode : « World War Z » de Max Brookes, « 22/11/63 » de Stephen King, “Retour à Whitechapel” de Michel Moatti

La question de la motivation, du « pourquoi il raconte » est primordiale, car elle participe au caractère du narrateur. Il faut la garder à l’esprit pour maîtriser sa structure. Elle déterminera ce que votre narrateur dira et ce qu’il taira.

Par exemple, un personnage qui écrit un journal et l’enterre pour les générations futures sera sans doute très honnête et sincère sur le déroulement des événements. En revanche, un personnage qui raconte son histoire dans le cadre d’un interrogatoire mené par la police judiciaire sera plus prudent dans ses propos. Il craindra de se voir accusé d’un crime et, s’il a des choses à se reprocher, il pourra même être amené à déformer la réalité.

Ce qui m’amène donc à…

OH LE MENTEUR !

Oui, votre narrateur peut mentir, mais il faudra le faire comprendre subtilement aux lecteurs, car lui s’attend à connaître toute la vérité à un moment ou à un autre.

Le plus simple est de le prendre en flagrant délit de mensonge, ce qui va le conduire à remettre en cause tous ses dires. Pour cela, vous pouvez utiliser un autre personnage, une personne de confiance (comme un policier), qui va corroborer les événements de l’histoire au fur et à mesure.

Vous avez également la possibilité de changer de narrateur en cours d’histoire pour révéler la vérité, mais c’est un procédé dangereux, car il met à mal l’effet du réel recherché quand on écrit à la première personne.

Si vous tenez à ce changement de narrateur, vous devez faciliter le travail du lecteur en séparant les deux narrations par des chapitres ou des parties distinctes dans votre roman (Partie 1 : Pierre, Partie 2 : Paul).

Vous pouvez également commencer avec un prologue dans lequel les deux personnages se rencontrent et se racontent, chacun leur tour, une partie de l’histoire.

Un narrateur peu fiable peut ajouter une délicieuse pointe d’incertitude a l’histoire. Mais mal ou trop utiliser peut frustrer le lecteur qui n’arrivera pas à démêler le vrai du faux. Il ne faut donc pas en abuser.

Le narrateur peut être un gros menteur
Image par Roland Schwerdhöfer de Pixabay

Écrire un roman à la première personne : les erreurs fréquentes

Je commence à accumuler mon lot de romans édités et autoédités, et il y a deux erreurs que je vois très régulièrement dans les romans écrits à la première personne.

Je vous les soumets à travers deux exemples de mon cru. Voyons si vous les repérerez :

Erreur 1

« J’observais Paul et Julie à travers la vitrine du restaurant. J’étais désormais seul à la table, embarrassé devant les trois couverts dressés, scruté par les autres clients, témoins involontaires de notre scène de ménage.

Ces disputes étaient de plus en plus fréquentes, mais elles s’étaient jusque là déroulées dans l’intimité de notre petit appartement. L’engueulade publique était une nouveauté, mais pas sûr que cela aille dans le bon sens.

Dehors Julie gesticulait devant Paul qui faisait de son mieux pour la calmer. Elle agitait les bras d’avant en arrière, mimant comme elle pouvait les efforts qu’elle faisait pour sauver notre couple. Elle ressassait l’incident de l’été dernier, celui qui avait marqué le début du déclin de notre relation. Ce qui s’était passé alors, elle n’avait jamais pu l’oublier malgré tous ses efforts et cela la rongeait lentement, mais sûrement. »

Celle-ci est plutôt facile. Si le narrateur n’est pas dehors avec Paul et Julie, il ne peut pas savoir de quoi ils parlent. Il ignore ce que signifient les gestes de Julie et encore moins ce qu’elle pense. Il peut le deviner ou faire des suppositions, mais alors cela doit être écrit comme tel.

La prochaine est plus subtile :

Erreur 2

« Je repris conscience dans le lit de mon deux pièces. Je gémis, agressé par la lumière crue du matin. Je tendis mon bras sur l’espace vide à côté de moi et ma main se posa sur une note en papier que je ne pris pas la peine de regarder. Je sentis le chagrin monter et j’enfouis mon visage dans le coton sale de ma taie d’oreiller. Les yeux encore collés par le sommeil, je me dirigeais vers la salle de bain en traînant des pieds. J’ouvris l’armoire à pharmacie et saisis le tube d’aspirine posé sur l’étagère : vide. J’ôtais mon caleçon et j’enjambais le bac de la douche avant de déclencher un jet d’eau brûlant. »

Ici, le narrateur s’observe de loin sans partager ses émotions et sans expliquer les raisons de ses actions. On le regarde comme au travers de l’œil d’une caméra. Nous ignorons pourquoi il ne lit pas la note à côté de laquelle il se réveille. Nous ne savons pas pourquoi la lumière du jour l’agresse ni pourquoi il a besoin d’une aspirine. A-t-il la gueule de bois ? Est-il migraineux ? Pourquoi ne choisit-il pas une température d’eau plus tempérée ? Est-ce qu’il aime souffrir ? Est-ce qu’il se punit ? Le fait de prendre une douche peut avoir de nombreuses connotations symboliques de purification.

Toutes ces informations sont connues du narrateur. Il devrait donc nous les confier sinon écrire ce roman à la première personne n’a aucun intérêt. Autant se servir de la 3e personne.

Voilà un contre-exemple de ce qui pourrait être fait :

« Je repris conscience dans le lit de mon deux pièces et tendis mon bras vers l’espace vide qu’avait occupé Julie. Cela faisait maintenant deux semaines qu’elle était partie, et je continuais à chercher son contact chaque matin. À sa place se trouvait la lettre qu’elle avait laissée avant de claquer la porte. Cinq grammes de papier lourds de reproches. Je le gardais là, exposant à dessein une plaie encore à vif. Je sentis un sanglot monter dans ma gorge, mais je le réprimais. Je devais me reprendre. Il me fallait surmonter cette épreuve. Je ne pouvais pas continuer ainsi.

La lumière crue du soleil passa au travers des stores à demi-ouverts et cognèrent contre mes paupières avec la délicatesse d’un bulldozer. C’était exactement ce dont je n’avais pas besoin pour soigner ma gueule de bois. La tête cognant comme un hortateur en pleine tempête, je me dirigeais vers la salle de bain sans réussir à lever mes pieds du sol.

J’ouvris l’armoire à pharmacie et saisis le tube d’aspirine posé sur l’étagère. Il était vide évidemment. Comment aurait-il pu en être autrement dans cette vie de merde ?

J’ôtais mon caleçon et j’enjambais le bac de la douche. Je réglais le mitigeur sur la position la plus chaude et je levais le levier du robinet d’un geste sec. Tout laver. Tout brûler. Et repartir à zéro. »

Les erreurs courantes de l'écriture à la première personne
Image par Anne Karakash de Pixabay

L’intérêt principal d’écrire un roman à la première personne réside dans la facilité avec laquelle les émotions sont partagées, dans la coloration des événements par l’attitude et les motivations du personnage narrateur. Le personnage principal doit être un personnage qui raconte facilement sa vie de façon à ce que ses émotions et ses motivations soient transparentes.

Cela implique, évidemment, de construire un personnage avec une vraie caractérisation et non une simple liste de caractéristiques physiques. Que veut-il ? Comment réagit-il dans les situations de tension ?

Si ce n’est pas ce que vous recherchez ou si vous n’êtes pas à l’aise avec votre narrateur, vous avez le choix entre tout reprendre à la 3e personne ou trouver un autre personnage qui pourra tout raconter à sa façon.

Et vous, avez-vous déjà écrit un roman à la première personne ? En êtes-vous satisfait ? L’envisagez-vous maintenant ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Dites-le-moi dans les commentaires.


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7 commentaires sur “Comment écrire un roman à la première personne”

  1. Bonjour, Jérôme.

    J’ai publié plusieurs romans à la première personne, avec un ou plusieurs narrateurs.
    La différence essentielle avec les exemples mentionnés, c’est que j’écris au présent. Dans ce cas, le lecteur vit en direct les actions. Cela change beaucoup la dynamique. L’intérêt principal, c’est l’immersion. Le style d’écriture doit être caractéristique du personnage. Un ado de 15 ans par exemple fait rarement une description détaillée du mobilier avec un vocabulaire précis. On va donc se concentrer beaucoup sur l’action et l’émotion et donner des informations au cours de dialogues (dont il faut mesurer la longueur). Si on a plusieurs narrateurs, en plus de la séparation par chapitre (par exemple), on doit différencier les styles, le vocabulaire, la façon d’être.
    Cette façon d’écrire m’est venue naturellement en raison de ma pratique du jeu de rôles.

    Question manipulation, on peut mentir au lecteur en faisant commettre des erreurs au narrateur: mauvaise interprétation d’une information par exemple. Le changement de narrateur permet de faire des ellipses sur certaines scènes et de garder des informations secrètes pendant un certain temps.

    Récemment, je suis passé à la narration à la 3ème personne au passé pour condenser l’écriture et diversifier mes expériences.

    Ça manque un peu d’ordre, mais n’hésitez pas si vous avez des questions à ce sujet.
    Bonne journée.

  2. Le romancier Edgar Rice Burroughs avait deux types de romans, d’une part ce qu’on a fini par appeler les “Planetary Romances” où le héros découvre un monde inconnu, comme Une Princesse de Mars et tous ses romans qui se passent sur Mars, sur Vénus, au centre de la Terre (Pellucidar) ou carrément sur une autre planète. Ceux-ci sont écrits à la première personne. Le personnage principal à peu ou pas de passé, quelquefois on ne connaît même pas son vrai nom ! Il y a aussi ses romans se passant sur Terre mais mettant en scène des personnages exceptionnels comme Tarzan ou Shoj-Dijiji, un homme blanc élevé parmi les Indiens d’Amérique. Ces romans sont écrits à la troisième personne. Là on n’est pas censé découvrir un monde à travers les yeux d’un personnage, on est censés suivre à distance le parcours de héros d’exception.

    1. Très bonne remarque. On voit bien là le choix conscient de Burroughs d’un côté de nous faire découvrir un nouveau au travers des yeux d’un “ingénu” et de l’autre de nous centrer sur le protagoniste principal, véritable centre d’intéret du roman.

  3. Article très intéressant, comme d’habitude 😉
    Je suis en train de lire un roman écrit à la première personne (d’une auteure connue d’une grande maison d’édition, je précise) et c’est intéressant car j’ai justement remarqué hier ce travers de l’auteure d’affirmer ce que les autres personnages ressentent sans faire de supposition, comme le ferait un narrateur omniscient. Je deviens plus critique quand je lis au fur et à mesure que j’affûte mon regard et ma plume et ça m’a littéralement sauté aux yeux, à plusieurs reprises. Du coup, j’ai envie d’aller vérifier mon 1er roman qui se trouve être écrit à la 1ere (je précise que j’étais très contente de mon choix qui n’était pas celui du départ mais qui colle bien à mon but de plonger le lecteur dans la tête de mon personnage principal), histoire de voir si je n’ai pas commis la même erreur 😉
    Depuis, j’opte pour la troisième personne (omniscient) car elle a cela de confortable qu’on peut être partout à la fois avec tout le monde 🙂
    Je vais de ce pas vérifier et m’attaquer à l’article sur le narrateur omniscient 😉
    Bon dimanche à tous!
    Cécile

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